« Soyons lucides » était le thème retenu par le CJD, Centre des Jeunes Dirigeants Mâconnais Val de Saône, pour sa grande conférence le 2 avril dernier. Une quarantaine de chefs d’entreprises du bassin se sont retrouvés pour prendre de la hauteur et échanger.

Paul Gagnon, auteur de La Tectonique Stratégique, a animé la conférence nourrie par 20 ans d'expérience dans l’accompagnement de dirigeants de PME. Dans la salle de réunion de la Cité des Vins de Mâcon, il a rappelé l’importance du contexte (ré)orienter la stratégie d’entreprise : pour diriger aujourd’hui, quelle que soit la taille de la structure, il est essentiel d’apprendre à comprendre le monde, la géopolitique, les ruptures technologiques, les dynamiques économiques et les transformations sociétales. Le constat de départ est sans appel : entre 2000 et 2019, les dirigeants faisaient face à un événement majeur tous les 21 mois. Depuis 2020, c'est un tous les 2,5 mois. Covid, guerre en Ukraine, inflation, IA générative, décisions financières américaines...Le monde ne traverse pas une crise de plus : il change de paradigme. L'instabilité est devenue structurelle.
Le conférencier a placé une image au cœur de ses propos : comme des plaques tectoniques, les grandes forces du monde bougent en profondeur et simultanément pour finalement atteindre l'entreprise, même la plus locale et de petite taille. « Si vous ne vous intéressez pas au macro-environnement, le macro-environnement lui s'intéresse à vous, » rappelle-t-il.
Face à ce constat, Paul Gagnon a proposé un changement de posture : passer de l'optimisation à la résilience. Pendant trente ans, l'objectif était de tout optimiser : coûts, flux, délais. Dans un monde instable, optimiser sans construire de résilience revient à se fragiliser sans le savoir. La résilience, c'est la capacité à résister quand le choc arrive, à s'adapter pendant la crise, et à trouver des opportunités dans la disruption.
Quatre ancrages doivent donc guider le dirigeant d'aujourd'hui : regarder loin, ancrer le cap, bouger vite, rester debout. Sur ces bases, le conférencier conclut ainsi : « dans un monde instable, diriger seul devient fragile. Les espaces de réflexion collective entre dirigeants — comme le CJD — prennent une importance nouvelle. »
Le CJD, un réseau pour regarder vers demain
Audrey Moine, co-présidente du CJD Mâconnais Val de Saône, avait ouvert l’événement en rappelant que les dirigeants doivent surveiller leur marché, l'évolution du monde du travail, la géopolitique, la politique intérieure, les normes, les ruptures technologiques... Qu’ils doivent savoir anticiper et s'adapter pour survivre. Des prérequis et des outils que le réseau d’entrepreneurs du bassin mâconnais met à disposition de ses membres à travers une collaboration basée sur une conviction partagée : l'économie doit être au service de l'humain et du vivant.
Les conférences telles que celle du 2 avril sont l’un des formats proposés aux dirigeants pour avancer avec la force du collectif. En parallèle sont organisés des formations et des groupes de travail dans lesquels les membres travaillent sur un outil ou un thème en fil rouge toute l'année. Sans oublier le volet solidaire : « quand un membre traverse une difficulté ou se pose des questions sur son activité, on mobilise un groupe pour l'aider à prendre du recul et à y voir plus clair. Quand le dirigeant ne va pas bien, on le soutient financièrement comme psychologiquement, » ajoute Audrey Moine.
Aujourd'hui, le CJD compte 6 000 membres en France et à l'international, petites comme grandes structures.

























































