Thursday, 16 April 2026

Ce vendredi soir, Émile Blondet, candidat à la mairie de Mâcon, aux prochaines municipales de mars a donné une conférence sur la sécurité avec Johanna Buchter, ex sous-préfète, à la salle Pavillon.

 

C'est devant une salle comble, qu'Émile Blondet, tête de liste de Mâcon demain, a défendu une approche pragmatique de la sécurité en exposant d'abord les moyens à l'échelon local et la manière de les mettre en œuvre.

« J'assume un discours pragmatique sur la question. Un discours qui

·       doit être équilibré (le tout répressif ne fonctionne pas),

·       efficace et efficient : ça coûte cher les politiques de sécurité

·       et avec un souci des libertés publiques.

La sécurité c’est un service public. Quand on est pour la défense des services publics comme je le suis, on ne peut pas se désintéresser des services de sécurité. Défendre les classes populaires et les travailleurs, ce sont ceux qui sont le plus exposés aux incivilités et à la délinquance », a-t-il indiqué d'entrée de jeu. Le ton était donné.

Partant du réel, il est revenu sur les chiffres de la sécurité à Mâcon.  « Il y a une hausse, entre 2019 et 2023 : les victimes de coups et blessures ont augmenté de 25%, les femmes et les enfants sont particulièrement affectés au regard de la hausse très inquiétante des violences intrafamiliales (+25%) et des violences sexuelles sur la même période. »

Selon lui, il faut considérer la place de l’État avant de voir ce que doit faire la municipalité. Il a rappelé qu'il a travaillé en préfecture, où il assurait les fonctions de directeur de cabinet d’un préfet – chargé des questions de sécurité.

« La première chose à faire c’est de s’assurer que les moyens de l’État à Mâcon soit à la hauteur des enjeux. Une des premières décisions que je prendrais en tant que maire, c’est d’écrire au ministre de l’intérieur pour obtenir des garanties écrites sur l’absence de suppression de la BAC et lui demander des moyens adaptés aux besoins. Avoir, en permanence et a minima, un véhicule police secours en patrouille jour et nuit, 7 jours sur 7 et 24/24h, actif sur le territoire de la commune. »

Le candidat souhaite aussi mener un travail avec le procureur : prévoir une réunion mensuelle avec le procureur de la République pour faire le point sur les suites données aux plaintes déposées par la mairie et le suivi individuel des cas particulièrement signalés pour s’assurer que sur le plan judiciaire il y ait une traduction 

 

Une police municipale de proximité

Pour lui à Mâcon, la police municipale est sous-calibrée : 13 policiers municipaux à Mâcon pour une ville de 35 000 habitants. C'est très en dessous de la moyenne nationale qui est de 6 policiers municipaux pour 10 000 habitants. Deux exemples parlant : 26 policiers municipaux à Villefranche / 28 à Bourg.

Sur la durée du mandat, il propose d’aller à 26 policiers municipaux en objectif cible et un changement d’approche. Le candidat souhaite une police qui soit sur le terrain, au contact et au service des citoyens. Priorité donnée au contact des habitants, avec des patrouilles en voiture, à pied, à vélo.

Il propose :

- une permanence par semaine dans chaque quartier pour aller au contact de tous ceux qui le font vivre (commerçants, associations, habitants)

- de travailler aussi en lien avec les conseils de quartier qu’il propose d’instaurer pour signaler des difficultés

- d’avoir une patrouille de nuit pour être disponible et avoir une vraie continuité du service public

- une police qui doit être formée, notamment sur les questions de santé mentale

 

La question des caméras

La moyenne de caméras par habitant est très élevée. Il souhaite les utiliser toutes, qu’elles puissent être exploitées, quitte à en redéployer certaines là où des besoins se font sentir. Par contre, il demande de la transparence avec un suivi par des acteurs indépendants.

 

Comment articuler ces outils ?

« Je suis partisan d’une approche équilibrée, et pragmatique qui marche sur ses deux jambes : être fermes face aux incivilités ou face à des comportements inacceptables mais, ça ne peut être véritablement efficace sans un travail de prévention de fond »

L'occasion pour Émile Blondet de décliner toutes ses propositions.

 

Lutte contre les violences intrafamiliales

-          Formation de la police municipale et des agents de la ville pour détecter / accompagner les femmes de victime de violence

-          Développer un réseau de lieux sûr, pour une femme qui se sent suivie (bars, restaurants, hôtels, supermarchés, commerces…), avec des commerçants volontaires 

-          Créations de logement d’éviction du conjoint violent : ce n’est pas à la victime de fuir le domicile familial, c’est au bourreau ! Il faut par ailleurs que la victime reste à proximité de son travail pour éviter la désocialisation

-          Soutenir le travail des associations et de tous les acteurs de sensibilisation pour faire comprendre que des situations de violences ne sont pas normales , recueillir la parole des victimes et les accompagner  

 

Sécurité routière : articuler la même dialectique

Deux phénomènes dangereux :

·       Les rodéos urbains : Il propose la confiscation systématique des véhicules (notamment motos/scooter) en lien avec le procureur de la République.

·    Les trottinettes : sur les trottoirs et les espaces piétons sont dangereuses. Il préconise l’interdiction des trottinettes sur les aires piétonnes comme ça a été fait dans d’autres villes et surtout de faire respecter l'interdiction. Prévoir des contrôles ponctuel des policiers municipaux

 

Un travail de prévention

·       Sécurité routière dès l’enfance : stages et événement de sensibilisation avec les associations et la préfecture

·      Des aménagements pour sécuriser les abords des écoles et avoir des pistes cyclables qui soient plus sécurisées

 

Conflit de voisinage

Prévenir et réduire l’impact des conflits de voisinage via un service de médiation communale

 

Narcotrafic 

Mâcon n'y échappe pas. Cela ne concerne pas que les quartiers, les consommateurs sont aussi des personnes en col blanc.

 

Quelle solutions ?

Prévoir la fermeture des commerces qui sont des façades à du blanchiment en demandant au préfet de se saisir de ses prérogatives.

« Faire un travail de prévention sur les comportements addictifs avec les jeunes et travailler sur les questions de santé mentale des jeunes (avec des chiffres qui sont très inquiétants, en particulier pour les jeunes filles) : on a un acteur par exemple à soutenir c’est  la maison des adolescents, on a aussi le service addictologie de l’hôpital qui peuvent nous permettre de faire des choses »

Le protoxyde d’azote, gaz hilarant est un vrai sujet de santé publique. Hausse de la mortalité sur la route liée à ce phénomène plus le risque pour les jeunes (paralysie, problème neurologique brûlure).  Il propose d’interdire sa détention.

 

Enfin, il a terminé en abordant des leviers de prévention de la délinquance.

D’abord à destination de la jeunesse

·       La lutte contre le décrochage scolaire qui concerne près d’un enfant sur 10 et beaucoup plus dans les établissements les plus difficiles. Il faut agir à la racine des difficultés : mise en place d’un groupe de travail avec l’Éducation nationale, les services enfance du Conseil Départemental, la CAF pour garantir l’obligation scolaire (dans le public, le privé ou en famille) et de formation : zéro jeune sur le bord de la route ; détecter les signaux faibles et intervenir rapidement

·       Prévention du harcèlement scolaire et du racket renforcée : là encore c’est quelque chose qui peut conduire à de la déscolarisation. Ça suppose de travailler avec tous les acteurs (associations, éducation,) pour détecter les signaux faibles et intervenir le plus tôt possible et de lancer un groupe de travail de prévention du harcèlement, le prévenir très tôt dans les écoles

·       Intervenir aussi dans l’espace numérique local avec des patrouilleurs du web : faire en sorte que les adultes, éducateurs ou médiateurs, connaissent et travaillent dans les quartiers numériques où se rencontrent et échangent les jeunes.

Systématisation des rappels à l’ordre du maire pour les mineurs, en présence des parents et en lien avec le procureur de la République (information DASEN et l’ASE). Puis, suivi dans la durée avec un point à 6 mois et 1 an. Sanctionner et accompagner.

 

Violences urbaines

Faire de la prévention, des événements inter quartiers, désenclaver pour que les jeunes se connaissent

·       Remettre de l’humain et du service public

o   Augmenter le nombre de gardiens d’immeubles / augmenter le nombre de médiateurs 

o   Soutenir le tissu associatif et de l’éducation populaire

o   Désenclaver les quartiers,

o   Donner accès au même niveau de service pour tous

o   Développer des actions de médiation culturelle

o   Soutenir l’accession à l’emploi

o   Renforcer la mixité sociale

·       Prévenir les violences urbaines en repensant l’urbanisme local, en dialoguant avec les bailleurs sociaux sur l’entretien et les règles de sécurisation des grands ensembles.

 

Johanna Buchter, actuellement directrice adjointe aux Ministère des affaires sociales, a partagé son expérience de sous-préfète  à Roubaix et des bonnes pratiques qu'elle a pu tester en politique de sécurité.

Un échange avec le public a clos la soirée.

 

Maryse Amélineau

 

 

Photos © Maryse Amélineau

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