
Actuellement en tournée en France pour l'avant-première de son 13ème long métrage Mauvaise pioche, le réalisateur et comédien Gérard Jugnot est passé par Mâcon pour présenter, vendredi soir, son film devant plus de 400 personnes.
Auparavant, il s'est prêté avec beaucoup de gentillesse au jeu des questions avec la presse.
Pourquoi ce film et ce titre ?
Gérard Jugnot : « Je me suis toujours inspiré d'histoire qui m'interpelle, qui m'inquiète. C'est tellement absurde cette histoire de ce type qui ne ressemblait pas du tout à l'homme de Ligonnès, alors qu'il y a eu 1500 signalements. C'est sur lui qu'est tombé cette espèce d'avalanche médiatique avec sans doute un peu de légèreté de la part de la police. Je trouvais ça intéressant, ce personnage ordinaire confronté à des situations extraordinaires. C'est cela que j'aime raconter dans mes films.
Après, c'est d'en tirer une comédie. C'est là où ça m'amuse. L'écriture commence par le personnage que j'interprète et dont je me sers pour essayer de comprendre et de ressentir in vivo ces situations. Ensuite, pour la comédie, on tore le truc. La comédie corrige la vie qui ne va pas bien. On la corrige en faisant des choses mieux. C'est pour cela qu'il y a un peu de critiques assez gentilles même si les personnages sont monstrueux. On égratigne un peu certaines télévisions en continu qui ont tendance à aller un peu plus vite que la musique. Et comme je dis toujours, l'erreur est humaine mais les excuses aussi devraient l'être, et on a un peu tendance à les oublier. C'était ça le parti pris de départ. On a bâti cette histoire avec mon co-scénariste Frédéric Hazan.
Ensuite, Serge Lamadie nous a rejoint avec la complicité de mon producteur monsieur Marc-Étienne Schwartz. La comédie repose sur le drame. Je suis un démineur de drame. On fait en sorte que ça devienne inoffensif. La comédie a été inventée pour supporter le drame. C'est assez curieux d'ailleurs, ce travail d'alchimie. On transforme le noir, les défauts et on donne du plaisir aux gens, c'est assez bizarre quand même. Les mots que j'entends le plus souvent dans les projections c'est : c'est bien, on s'est régalé. Et moi, c'est ce que j'aime entendre parce que, d'abord, je suis gourmand et que je fais du cinéma pour donner du plaisir. Le plaisir c'est le rire, les émotions, l'image et en plus de ça, j'ai eu la chance, d'être accompagné par des amis, à part Darroussin que je ne connaissais pas personnellement et qui est formidable dans le film. Il fait partie de la bande maintenant. J'ai l'impression d'être un petit garçon qui invite ses potes pour jouer, pour le plaisir de s'amuser. Là, j'ai été bien servi, ils sont tous épatants.
Et le titre c'est une mauvaise pioche comme on dit quand on joue et qu'on tire une mauvaise carte. Le film parle d'une erreur judiciaire et médiatique et je voulais traiter les défauts et les dégâts collatéraux. Et comme c'est une comédie, je voulais qu'il y est une espèce de revanche et que le personnage sorte par le haut. Peut-être que grâce à tout ça, ce retraité qui s'était retiré de la vie, va rebondir.
On présente un miroir à peine déformant sur les travers de la société pour faire rire et aussi ouvrir les yeux de certaines personnes. Grâce à la fiction et à la comédie, on peut dire des choses. »
Auriez-vous une anecdote marquante sur le tournage ?
G.J. :« Le film a été tourné dans un très joli village, on a été aidé par la région PACA. Dans les hauts de Martigues, il y avait des décors et après avoir cherché longtemps, on est tombé sur le village de Mimet, un très joli village près de Gardanne et d'Aix-en-Provence. Tous les commerçants étaient partis et je voulais en faire un vrai village. On a reconstruit une façade de boulangerie, de boucher, un restau et puis il fallait un bistro où exerce Zabou. Je le dis au maire qui était très sympathique. Il a montré un endroit un peu moderne pour travailler. Ma décoratrice a refait un bistro. Et pour la petite histoire, il devait marier des gens, ils se sont mariés dans le décor du bistrot. Voilà une anecdote magnifique. »
Des projets ?
G.J. :« La suite de Y a pas de réseau et la suite des Enfants de la résistance. J'ai aussi un projet en tant que réalisateur mais je ne peux pas en parler pour l'instant. »
Mauvaise pioche, une savoureuse comédie satirique interprétée par un casting cinq étoiles.
Sortie en salle le 1er avril.
recueillis par Maryse Amélineau

Photos © Maryse Amélineau




























































