
Mâconnais-Beaujolais Agglomération (MBA) a officiellement lancé ce mardi 26 mai, lors d’une conférence de presse organisée à son siège, la troisième Opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain (OPAH-RU) du centre ancien de Mâcon.
Effective depuis le 13 mars 2026 pour une durée de cinq ans, cette nouvelle phase s’inscrit dans la continuité d’une politique de requalification engagée depuis plus d’une décennie dans l’hypercentre mâconnais.
Autour de Jean-Patrick Courtois, président de MBA, étaient réunis plusieurs partenaires institutionnels majeurs : l’État représenté par Flora Seguin, secrétaire générale de la préfecture de Saône-et-Loire, Alban Vossion, vice-président de MBA chargé de l’habitat, ainsi qu’Action Logement, Urbanis et Procivis. L’objectif affiché est clair : poursuivre la transformation du centre-ville en agissant directement sur l’habitat privé, la rénovation énergétique, la lutte contre les logements vacants et dégradés, mais aussi sur l’attractivité globale du territoire.
Une continuité assumée depuis 2012
Pour Jean-Patrick Courtois, cette troisième OPAH-RU marque une nouvelle étape dans une stratégie de long terme engagée par l’agglomération. "Cette troisième OPAH portée par Mâconnais-Beaujolais Agglomération s’inscrit dans la continuité des actions engagées depuis 2012 pour revitaliser le centre-ville de Mâcon." Le président de MBA a insisté sur le rôle structurant du dispositif dans la stratégie "Action Cœur de Ville", en complément des politiques menées en matière d’aménagement urbain, de commerce et d’économie.
L’OPAH-RU constitue en effet un levier central de requalification du centre ancien. Destinée aux propriétaires occupants, bailleurs, copropriétés et promoteurs, elle vise à accompagner financièrement et techniquement les projets de rénovation afin d’améliorer durablement le parc immobilier et le cadre de vie des habitants. "Son objectif est d’améliorer durablement le parc immobilier et le cadre de vie des habitants", a souligné Jean-Patrick Courtois, évoquant des aides à la rénovation énergétique, à la mise en sécurité des logements et un accompagnement administratif destiné à faciliter la concrétisation des projets.
Un bilan solide qui légitime une troisième phase
Cette nouvelle opération s’appuie sur des résultats jugés particulièrement encourageants lors de la précédente OPAH-RU. "Les partenaires ont dressé un bilan qualifié "d’éloquent" : plus de 3,5 millions d’euros de subventions ont été mobilisés, générant près de 7,4 millions d’euros de travaux réalisés dans le centre ancien.
Au total, 243 projets ont été financés :
- 33 logements de propriétaires occupants ont été rénovés ;
- 35 logements ont été remis sur le marché locatif ;
- 52 ménages ont été accompagnés dans leur accession à la propriété ;
- 136 immeubles ont bénéficié d’interventions renforcées, notamment à travers des rénovations de façades ayant contribué à requalifier l’image du centre-ville.
Au-delà des chiffres, cette deuxième phase a également permis de structurer une véritable ingénierie territoriale autour de la lutte contre l’habitat indigne, du traitement des copropriétés dégradées et de la rénovation énergétique des parties communes. Des études préparatoires ont également été conduites dans le cadre d’une future Opération de restauration immobilière (ORI), outil coercitif permettant d’imposer des travaux sur certains immeubles particulièrement dégradés.
Une nouvelle OPAH-RU plus ambitieuse et plus large
Cette troisième phase entend désormais aller plus loin. Le périmètre d’intervention a été considérablement élargi afin d’intégrer davantage de secteurs stratégiques du centre-ville. Au-delà du seul hypercentre historique, le dispositif couvre désormais le Site Patrimonial Remarquable (SPR) ainsi que plusieurs axes structurants comme la rue de Lyon, l’avenue Édouard-Herriot vers le sud ou encore la rue Rambuteau vers l’ouest.
Pour Flora Seguin, secrétaire générale de la préfecture de Saône-et-Loire, cette évolution répond à un contexte de plus en plus exigeant. "Cette nouvelle OPAH-RU intervient dans un contexte de croissance démographique, de tensions sur le parc de logements et de durcissement du cadre réglementaire", a-t-elle expliqué, rappelant notamment l’interdiction progressive de mise en location des logements considérés comme des "passoires thermiques" à partir de 2028.
Cinq priorités pour transformer l’habitat ancien
Alban Vossion, vice-président de MBA chargé de l’habitat, a détaillé les grandes orientations du dispositif. "L’OPAH-RU constitue un levier essentiel pour accompagner la requalification du parc de logements, améliorer les conditions de vie des habitants et renforcer l’attractivité résidentielle de Mâcon", a-t-il déclaré.
La nouvelle opération s’articule autour de cinq axes prioritaires :
- remettre sur le marché des logements vacants ;
- lutter contre l’habitat indigne et dégradé ;
- favoriser la mise en sécurité des logements et le maintien à domicile ;
- promouvoir un parc résidentiel économe en énergie ;
- améliorer le cadre de vie et l’attractivité résidentielle du centre ancien.
Concrètement, plusieurs dispositifs sont renforcés ou créés :
- ouverture des aides aux ménages aux revenus intermédiaires et supérieurs ;
- création d’un fonds spécifique dédié aux menuiseries ;
- aides renforcées pour les bailleurs proposant des loyers libres ;
- soutien accru à la création de grands logements familiaux ;
- renforcement des aides patrimoniales sur les façades, toitures et parties communes.
Deux nouveaux outils viennent également compléter le dispositif :
- la Vente d’immeuble à rénover (VIR) ;
- le Dispositif d’intervention immobilière et foncière (DIIF).
Ces mécanismes doivent permettre de financer la réhabilitation globale d’immeubles vacants ou fortement dégradés.
Un volet coercitif assumé
L’une des évolutions majeures de cette troisième phase réside dans le maintien - et même le renforcement - des outils coercitifs à destination des propriétaires récalcitrants. Flora Seguin a confirmé l’activation rapide du volet coercitif grâce à l’actualisation des études ciblant les immeubles prioritaires. L’objectif est de lutter plus efficacement contre les situations d’habitat indigne, les copropriétés dégradées ou les immeubles laissés à l’abandon dans des secteurs stratégiques du centre ancien.
Le comité de lutte contre le logement indigne poursuivra également ses travaux, tandis qu’une expérimentation sera menée sur les petites copropriétés de moins de vingt lots dans le cadre de MaPrimeRénov’ Copropriété.
Plus de 8 millions d’euros mobilisés sur cinq ans
Le financement de cette troisième OPAH-RU représente un investissement global estimé à plus de 8 millions d’euros sur cinq ans. Les aides directes aux travaux atteignent 6,72 millions d’euros :
- 3,36 M€ apportés par l’Anah ;
- 1,98 M€ par la Ville de Mâcon ;
- 1,34 M€ par MBA ;
- 41 500 € par le Département de Saône-et-Loire.
À cela s’ajoute un budget d’ingénierie d’environ 1,2 million d’euros destiné à l’accompagnement des projets.
Le cabinet Urbanis assurera cet accompagnement à travers des permanences organisées au 22 rue Loché à Mâcon, deux demi-journées par semaine. L’opérateur accompagnera les particuliers dans leurs démarches administratives, les études de faisabilité, le montage des dossiers de subventions et le suivi des travaux. MBA renouvelle également son partenariat avec Procivis Bourgogne Sud Allier afin de sécuriser le parcours financier des ménages les plus fragiles, notamment via le préfinancement des subventions publiques et le financement du reste à charge.
Le logement comme moteur d’attractivité économique
Au-delà des enjeux urbanistiques et patrimoniaux, plusieurs intervenants ont insisté sur les conséquences économiques directes de cette politique de rénovation. Florent Trublet, directeur régional d’Action Logement Services Bourgogne-Franche-Comté, a rappelé que le logement restait un facteur majeur d’attractivité économique pour un territoire. "À chaque fois qu’Action Logement intervient, c’est toujours sous le prisme du lien emploi-logement", a-t-il expliqué.
Depuis 2019, près de 6 millions d’euros ont été engagés par Action Logement à Mâcon dans le cadre des dispositifs liés à Action Cœur de Ville. Ces financements ont permis la création ou la rénovation de 132 logements, destinés à la location ou à l’accession à la propriété. Pour Action Logement, l’objectif est double : faciliter le recrutement des entreprises locales tout en permettant de fidéliser durablement les salariés sur le territoire.
Yvan Peinaud






















































