Friday, 07 August 2026

Le 12 juillet 1906, le capitaine Alfred Dreyfus était réhabilité. Un documentaire très instructif a été diffusé sur France Télé dimanche soir au sujet de ce qui a permis au capitaine Dreyfus de tenir en détention : les échanges de lettres avec son épouse Lucie. macon-infos vous en propose le résumé.

 

Une journée nationale de commémoration dédiée à Alfred Dreyfus et à la reconnaissance de son innocence a été instaurée cette année. Cette date n’a évidemment pas été choisie au hasard. Elle est l’anniversaire d’une décision historique : celle de la réhabilitation du capitaine Dreyfus, ce même jour en 1906.

À Mâcon, la cérémonie, présidée par la sous-préfète et directrice de cabinet du préfet Salwa Philibert, s'est déroulée ce dimanche en fin de matinée au square de la Paix en présence des autorités civiles et militaires, d'une délégation du Service Départemental D'Incendie et de Secours et des porte-drapeaux des anciens combattants et victimes de guerre.

 

Un peu d'histoire

Une sombre affaire qui a divisé la France 

Alfred Dreyfus est un officier français, plongé au cœur d’une crise politique majeure sous la 3e République. Le soldat, de confession juive, s’est trouvé impliqué dans une histoire d’espionnage.

Capitaine stagiaire à l’état-major de l’armée en 1894, il est arrêté et inculpé pour haute trahison à cause d’une ressemblance d’écriture, et devient malgré lui l’objet d’une des plus grandes affaires politico-judiciaires de l’époque. 

Condamné en 1894 à la dégradation et à la déportation perpétuelle au bagne de Cayenne, sa peine est commuée en 1899 lors de son second procès à 10 ans d’emprisonnement, avant qu’il ne reçoive finalement une grâce du président Émile Loubet, comme le retrace le ministère des Armées. Il n’est finalement réhabilité qu’en 1906, et réintégré dans l’armée au grade de chef d’escadron tout en étant fait chevalier de la Légion d’Honneur.

Une commémoration nationale après avoir élevé le capitaine au grade de général de brigade 

Malgré ce qu’il a traversé, Alfred Dreyfus est resté fermement engagé pour son pays, notamment lors de la Première Guerre mondiale. En novembre dernier, le capitaine a été élevé au grade de général de brigade à titre posthume.

Cette journée de commémoration est une « réparation », sonnant comme un rappel régulier, pour ne jamais oublier.

 

Dépôt de gerbes, sonnerie aux Morts et Marseillaise ont clos la cérémonie.

 

Maryse Amélineau

 

 

 


 

A voir et à revoir :

Alfred et Lucie Dreyfus, je t'embrasse comme je t'aime

 

Ce documentaire a été diffusé sur France 5, le dimanche 12 juillet, à 23 h 15, dans le cadre de la première Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus, instaurée cette année.

Le point de départ : une condamnation qui détruit une famille

Le film s'ouvre sur l'automne 1894.

Le capitaine Alfred Dreyfus, officier d'artillerie brillant, est arrêté puis accusé d'avoir livré des secrets militaires à l'Allemagne. Le documentaire rappelle brièvement le contexte politique, le climat nationaliste et l'antisémitisme qui règnent alors en France, sans s'y attarder longuement.

Après un procès à huis clos où des pièces secrètes sont communiquées aux juges sans que la défense puisse les consulter, Dreyfus est condamné pour haute trahison.

Le documentaire montre ensuite la célèbre scène de la dégradation militaire, le 5 janvier 1895, dans la cour de l'École militaire.

Ses galons sont arrachés.

Son sabre est brisé.

La foule crie :

« À mort le traître ! »

Pendant toute cette scène, le film oppose les images d'archives aux mots d'Alfred et de Lucie, donnant davantage de poids à leurs émotions qu'au spectacle public. 


Le pacte entre Alfred et Lucie

C'est le véritable cœur du documentaire.

Avant le départ d'Alfred vers le bagne, Lucie lui fait une promesse.

Elle lui demande de tenir.

De survivre.

Peu importe les souffrances.

Elle fera tout pour prouver son innocence.

Le film explique que ce pacte devient le moteur psychologique des deux époux pendant cinq années.

Lucie refuse de croire à la culpabilité de son mari une seule seconde.

Elle organise sa défense.

Contacte des avocats.

Mobilise la famille.

Cherche des soutiens politiques.

Écrit presque chaque semaine.

De son côté, Alfred promet de ne jamais renoncer malgré le désespoir.


Le bagne de l'Île du Diable

Le documentaire décrit avec précision les conditions de détention.

Alfred est envoyé en Guyane, sur l'Île du Diable.

Il vit totalement isolé.

Il est soumis à :

  • une chaleur permanente ;

  • des maladies tropicales ;

  • une nourriture médiocre ;

  • l'interdiction de parler à quiconque ;

  • parfois même l'enchaînement nocturne à son lit.

Le film insiste sur la solitude extrême.

Le seul lien avec le monde extérieur reste le courrier.


Les lettres : véritable personnage principal

Le documentaire repose presque entièrement sur les centaines de lettres échangées entre Alfred et Lucie.

Elles sont lues par des comédiens (Mélanie Doutey, Jérôme Robart, Léonie Simaga…) tandis que défilent photographies, archives, paysages de Guyane et animations discrètes. 

Ces lettres révèlent plusieurs dimensions.

Alfred

Il alterne :

  • l'espoir ;

  • le désespoir ;

  • l'incompréhension ;

  • la peur de devenir fou.

Il répète constamment son innocence.

Il demande des nouvelles des enfants.

Il s'inquiète pour Lucie.

Il tente de conserver une discipline intellectuelle afin de ne pas sombrer.


Lucie

Le documentaire montre une femme remarquable.

Elle ne se contente pas d'attendre.

Elle devient une véritable combattante.

Elle rassure Alfred.

Elle évite de lui transmettre certaines mauvaises nouvelles.

Elle cache parfois ses propres angoisses pour maintenir son moral.

Le film montre que, sans Lucie, Alfred aurait probablement perdu toute volonté de vivre.


La censure

Un aspect très intéressant du documentaire concerne la surveillance du courrier.

Toutes les lettres sont :

  • ouvertes ;

  • copiées ;

  • censurées ;

  • parfois retenues pendant plusieurs mois.

Les autorités sont persuadées que les époux utilisent un code secret.

Le documentaire explique que cette obsession conduit l'administration à analyser minutieusement chaque mot.

Certaines lettres n'arrivent jamais.

D'autres mettent plusieurs mois à parvenir à leur destinataire.

Cette lenteur renforce encore la souffrance du couple. 


Lucie, héroïne oubliée

L'une des idées fortes du film est que l'Histoire a souvent retenu Émile Zola ou Georges Picquart, mais beaucoup moins Lucie Dreyfus.

Pourtant :

  • elle organise la défense ;

  • elle protège ses enfants ;

  • elle maintient Alfred en vie moralement ;

  • elle refuse toutes les pressions.

Les historiens interrogés montrent qu'elle est probablement la première grande actrice de la réhabilitation.


L'entrée en scène de Mathieu Dreyfus

Le documentaire évoque également le rôle du frère d'Alfred.

Mathieu refuse lui aussi de croire à la culpabilité de son cadet.

Il multiplie les démarches.

Recherche les véritables responsables.

Mobilise journalistes et parlementaires.

Le film rappelle qu'Émile Zola qualifiera plus tard Mathieu de « frère héroïque » pour son engagement sans relâche. 


Le retournement de l'affaire

Le documentaire rappelle ensuite, de façon plus synthétique :

  • la découverte des faux ;

  • le rôle du colonel Picquart ;

  • la révélation de la culpabilité d'Esterhazy ;

  • le célèbre « J'accuse ! » d'Émile Zola ;

  • la division profonde de la société française.

Mais ces événements restent en arrière-plan.

Le véritable sujet demeure toujours l'attente du couple.


Le retour d'Alfred

Lorsque Dreyfus est finalement ramené en France pour être rejugé, les lettres changent de ton.

L'espoir renaît.

Mais le film montre aussi leur immense fatigue.

Après cinq années d'épreuves, Alfred est physiquement diminué.

Psychologiquement également.

Le documentaire ne s'attarde pas sur la réhabilitation définitive de 1906 ; il s'intéresse davantage au chemin parcouru par le couple jusqu'à la fin du bagne.


Le message du documentaire

La conclusion dépasse le simple cadre de l'Affaire Dreyfus.

Pour Delphine Morel, ces lettres racontent :

  • la puissance de l'amour conjugal ;

  • la résistance face à l'injustice ;

  • la défense de la vérité ;

  • la naissance d'une conscience moderne des droits de l'homme.

Le documentaire montre comment une correspondance privée est devenue un témoignage historique exceptionnel. Les lettres, qui étaient destinées uniquement à maintenir un homme en vie, éclairent aujourd'hui l'une des plus grandes erreurs judiciaires de la République et la mobilisation qui conduira à sa réparation. 

 

 

On peut lire aussi, de Lucie et Alfred Dreyfus : Écrire, c'est résister. Correspondance (1894-1899). Édition établie par Marie-Neige Coche et Vincent Duclert. Gallimard, coll. « Folio Histoire »



 

Photos © Maryse Amélineau

ROMANÈCHE-THORINS : Le Tour de France Femmes est passé par là

Le plein de souvenirs du passage du Tour de France Femmes 2026, en présence de Bernard Thévenet, de Christian Prudhomme et d'André Accary, président du Conseil départemental. Les Romanèchois.ses ont pu bénéficier d'un bel après-midi avec animations proposées par le Département. Reportage photos signé Jean-Marc Milamant. 

CHASSELAS : Une première bien arrosée pour le marché nocturne

Et une belle découverte : l'association Maryse Mak Grégor.

À l'occasion du TDF femmes, hommage à Alice Milliat, pionnière du sport international féminin

L'association Alice Milliat était représentée ce matin sur un stand du village du Tour. Hommage à cette femme qui a dû batailler dur pour imposer la présence des femmes dans les compétitions internationales.

MÂCON : Pleins feux sur le Tour de France Femmes ! (4)

4ème et dernier volet de notre album souvenirs

MÂCON : Pleins feux sur le Tour de France Femmes ! (3)

3ème volet de notre reportage photos sur le départ du Tour Femmes

MÂCON : Pleins feux sur le Tour de France Femmes !

Comme toujours, le Tour de France est plus qu'une course cycliste, c'est aussi un grand moment de fête populaire. Village du Tour, caravane publicitaire et passage des coureuses sur le podium. Le plein de souvenirs avec macon-infos. 1er volet de notre album photos.

TOUR DE FRANCE FEMMES : Le parcours à Mâcon, ville de départ de la 5ème étape

Le départ sera donné à 13h45 ce jour sur le quai Lamartine

AZÉ : Fort afflux à la foire, gage d'attractivité pour le village station verte

Le temps du week-end, le village s’est converti en une vitrine commerçante géante. Élus et officiels ont inauguré la foire ce dimanche matin ensoleillé. L’animateur d'Événementiel Production Sonelec a fidèlement guidé la visite officielle le long des stands.

AZÉ : Belle ambiance à la 64ème Foire exposition !

La foire d’Azé, un lieu convivial et d’échange avec les exposants

AZÉ : Le marché nocturne donne le ton "d'Azé en Foires"

En ce vendredi grisonnant, la 7e édition du marché nocturne d'Azé a redonné des couleurs au village. Cet événement marque le coup d'envoi "d'Azé en Foires" avec sa 64e foire-exposition.

SANCÉ : Départ de 38 sapeurs-pompiers de Saône-et-Loire ce jeudi pour la Gironde

Un double départ au profit de la solidarité nationale

CHARNAY : Aménagement de piste cyclable et vente de terrain adoptés en conseil municipal exceptionnel

Un conseil municipal exceptionnel s'est déroulé ce mercredi 29 juillet. Les élu.es ont eu à analyser, adopter et approuver deux rapports représentant deux projets importants pour la commune.

MÂCON : Lancement officiel de l'association BonHer dédiée à la santé mentale des femmes

BonHer est une association reconnue d'intérêt général, fondée à Lyon en 2024 par Alice Develle, née d'une conviction profondément humaine : aucune femme ne devrait avoir à affronter seule une période de fragilité.

CHARNAY : Les vainqueurs du jeu « Charnay mène l'enquête » récompensés

À l'occasion de la sortie au cinéma du film Les Gendarmes, adaptation de la bande dessinée à succès de Bamboo Édition, la Ville de Charnay-lès-Mâcon a proposé une animation originale et immersive du 13 au 26 juillet 2026 : une enquête grandeur nature qui a transformé la commune en véritable terrain de jeu.

MÂCON : Avec Vélocisaire, le vélo fait tomber les barrières

Ce lundi, l'association Vélocisaire, accompagnée de Mâcon Vélo en Ville, a proposé sur l'esplanade Lamartine une journée de sensibilisation à la pratique du vélo adapté.

CHARNAY-LÈS-MÂCON : Un duo de clowns enchante petits et grands sur la place Mommessin

La place Mommessin s'est animée hier en fin d'après-midi autour d'un spectacle inédit. Deux clowns de la compagnie Senza Nome ("Sans Nom") se sont produits devant petits et grands pour un duo d'environ une heure, présentant leurs plus beaux numéros. Les familles sont venues nombreuses autour de la scène, montée à l'ombre des bâtiments pour offrir un peu de fraîcheur, de fous rires et…

MÂCON : Plus que quelques jours pour donner une seconde vie à vos anciens téléphones

À Mâcon, la grande collecte solidaire de téléphones portables organisée par la Ville et ecosystem touche bientôt à sa fin. Les habitants ont jusqu'au 31 juillet pour déposer leurs anciens appareils, qu'ils soient en état de marche ou même cassés, dans l'un des six points de collecte répartis sur le territoire.

MÂCON : Une spectaculaire éclipse solaire de 93 % illuminera le ciel le 12 août

Le mercredi 12 août 2026, les regards seront tournés vers le ciel. En fin de journée, une éclipse partielle de Soleil particulièrement impressionnante sera visible depuis Mâcon, où la Lune masquera jusqu'à 93 % du disque solaire.

SENNECÉ-LÈS-MÂCON : Une association fait revivre l'histoire du village

Ce mardi matin, les premières scènes du film "En mémoire du père", consacré à l'histoire de Charles Dorel, ont été tournées à Sennecé-lès-Mâcon. Porté par l'association Théâtre, Culture et Handicap Bourgogne Sud, en partenariat avec l'association Les Fées Papillons 71 et avec le soutien de la mairie de Sennecé-lès-Mâcon, le projet rassemble notamment des figurantes issues de l'association…

MÂCON : Le Quatuor Artie's souffle un vent de douceur à la Maison des Saints-Anges

Ce lundi soir, le Quatuor Artie's (trio à cordes avec flûte) a ouvert la 23e édition du festival Les Nuits d'Été par une prestation d'une grande finesse. Dans le cadre intimiste du cloître de la Maison des Saints-Anges, les quatre musiciens ont proposé un programme mêlant Schubert, Mozart, Beethoven et Kodály.

DAVAYÉ : Des parcours d'excellence au lycée agricole, les élèves à mention Très Bien témoignent

Les excellents résultats obtenus cette année par les élèves et étudiants du lycée agricole de Davayé se traduisent aussi par de nombreux parcours individuels remarquables. Du baccalauréat au BTS, plusieurs jeunes ont décroché une mention Très Bien et reviennent sur leur expérience au sein de l'établissement, tout en évoquant leurs projets d'avenir.