Depuis mardi soir, la CFDT et la CGT Carrefour supply chain de Sennecé-lès-Mâcon ont sonné le début de la grève contre des augmentations de salaires pointées du doigt comme trop faibles.
Ce mercredi matin, une trentaine de membres de la CFDT et de la CGT Carrefour supply chain se sont réunis dans le cadre d'une grève dénonçant des hausses de salaires estimées "dérisoires" pour les différents salariés : pour les travailleurs ayant moins de 15 ans d'ancienneté (1,1% de hausse) et pour les travailleurs ayant plus de 15 ans d'ancienneté (1,3% de hausse).
"Nous sommes là dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Les hausses de salaires proposées par la direction de Carrefour sont vraiment minimes. On nous demande toujours plus de productivité et d'efficacité dans notre travail (préparateur de commandes par exemple) sans pour autant avoir une considération suffisante en retour", déclare notamment Nicolas Buffet Dias, délégué syndical CFDT.
Des conditions de travail difficiles
De plus, le contexte actuel en France n'arrange pas les choses : "Avec l'inflation, la hausse des prix du carburant, nous devons dépenser davantage pour le travail et pour notre quotidien. À cela s'ajoute le fait que nous travaillons au sein d'un métier dur (travail physique, dans le froid). Nous aimerions obtenir des augmentations plus significatives de nos salaires. En outre, les primes de transport n'ont pas été revues à la hausse", ajoute-t-il.
Par ailleurs, pas moins d'une dizaine d'entrepôts suivent ce mouvement de grève en France. Nicolas Buffet Dias évoque une grève "reconductible" : "Nous verrons comment évoluent les choses dans les prochains jours. Les chauffeurs sont également avec nous ce matin pour un moment convivial tous ensemble autour d'un barbecue. En revanche, à l'instant T, nous n'avons pas eu de retour de la direction nationale. C'est une manifestation intersyndicale avec la CFDT et la CGT."
Des revendications claires
Nicolas Buffet Dias considère que la répartition des richesses pourrait être meilleure : "Carrefour a les reins solides avec un chiffre d'affaires de 95 milliards d'euros en 2025. De plus, l'enseigne reverse 800 millions d'euros de dividendes aux actionnaires. Encore une fois, nous aimerions simplement être considérés à notre juste valeur alors que nous représentons un maillon essentiel de la chaîne."
Dans une atmosphère apaisée et amicale, la manifestation s'est parfaitement déroulée devant la Carrefour supply chain de Sennecé-lès-Mâcon.
Du nouveau sur la table
Depuis notre passage, Nicolas Buffet Dias nous a donné des nouvelles au sujet de l'évolution de la grève : "La grève est maintenue jusqu'au samedi 2 mai mais le piquet de grève a été enlevé. Nous avons rencontré la direction du bassin du Grand Est. Notre message est entendu et porté au niveau national. Il y aura une journée blanche au niveau des commandes ce samedi. De plus, lundi et/ou mardi prochain, des discussions nationales se feront. Nous attendons donc de voir si nous serons entendus jusqu'au bout."
Yvan Peinaud