
Le 5 juin, les conseils municipaux de France ont désigné leurs délégués sénatoriaux.
À Crêches-sur-Saône, cette étape souvent méconnue du grand public a illustré avec rigueur le fonctionnement du suffrage universel indirect qui conduira, le 27 septembre prochain, à l’élection des sénateurs de Saône-et-Loire.
Crêches-sur-Saône. Derrière le formalisme parfois austère des textes électoraux se cache un moment essentiel de la vie démocratique française. Vendredi 5 juin 2026, comme dans toutes les communes du pays, le conseil municipal de Crêches-sur-Saône était réuni pour procéder à la désignation des délégués et suppléants appelés à participer au scrutin sénatorial de septembre prochain.
Un exercice réglementé, discret mais fondamental, que le jeune maire Valentin Carreras a accepté d’ouvrir à l’observation afin d’en expliquer les mécanismes et d’illustrer concrètement ce premier acte des élections sénatoriales.
Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. En septembre 2026, ce sont les 178 sièges de la série 2 qui seront soumis au vote, dont ceux de la Saône-et-Loire.
Contrairement aux élections municipales, législatives ou présidentielles, les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils sont désignés au suffrage universel indirect par un collège d’environ 162 000 grands électeurs composé de parlementaires, conseillers régionaux, conseillers départementaux et, surtout, des délégués des conseils municipaux. La journée du 5 juin constituait donc le véritable coup d’envoi du processus électoral sénatorial.
Pourquoi désigner des délégués ? La réponse tient à la vocation même du Sénat : représenter les collectivités territoriales de la République. Les communes occupent ainsi une place centrale dans la composition du collège électoral.
La désignation des délégués varie selon la taille des communes. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, comme Crêches-sur-Saône, tous les conseillers municipaux ne sont pas automatiquement grands électeurs. Les délégués sont élus par et parmi les membres du conseil municipal.
Dans les communes plus importantes, les règles évoluent progressivement jusqu’à faire de tous les conseillers municipaux des délégués de droit, auxquels peuvent s’ajouter des délégués supplémentaires dans les très grandes villes.
Une liste unique et paritaire
À Crêches-sur-Saône, une seule liste avait été constituée en amont du scrutin. Baptisée « La Liste Crêchoise », elle respectait l’obligation de parité femmes-hommes et comportait sept titulaires et quatre suppléants.
Comme l’a confirmé le maire Valentin Carreras, cette liste intégrait également un représentant de l’opposition municipale, illustrant la volonté de représenter l’ensemble du conseil. La liste était composée de : Claire de Crombrugghe Valentin Carreras Valérie Bouilloux Pierre Signoret Corinne Condemine Vincent Thibert Annick Guyon Éric Forest Christine Vaz Gwenaël Brac de La Perrière Aurélie Barrat.
Avec 23 conseillers municipaux, dont 17 présents et 6 pouvoirs, le vote pouvait débuter. Le maire a rappelé les dispositions des articles L.289 et R.133 du Code électoral : les délégués et suppléants sont élus sur une même liste, sans débat, à la représentation proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel.
Chaque conseiller municipal a été appelé individuellement. Après vérification réglementaire, chacun a déposé son bulletin dans l’urne. Une fois le dernier vote enregistré, le scrutin a été déclaré clos et le dépouillement a immédiatement commencé sous le contrôle du bureau électoral.
Dans le respect scrupuleux des procédures, la liste unique a logiquement été proclamée élue.
Une fois les procès-verbaux signés, les feuilles de proclamation établies et les formalités administratives accomplies, les documents ont été transmis à la préfecture.
À travers ce geste administratif s’ouvrait en réalité une nouvelle phase politique. Les grands électeurs désormais désignés vont devenir, durant l’été, les interlocuteurs privilégiés des candidats aux sénatoriales.
En Saône-et-Loire, où trois sièges de sénateurs seront à pourvoir, les prochaines semaines verront se multiplier rencontres, déplacements, présentations de programmes et opérations de terrain destinées à convaincre ce corps électoral spécifique. Un exemple pour le Mâconnais
Au-delà du seul cas Crêchois, cette séance du 5 juin rappelle l’importance de la démocratie locale dans les institutions françaises. Souvent éloigné des projecteurs médiatiques, le scrutin sénatorial repose pourtant largement sur les élus municipaux, maillon essentiel entre les citoyens et les institutions nationales.
À Crêches-sur-Saône, ce moment de civisme républicain aura permis d’illustrer concrètement un mécanisme parfois mal connu : celui du suffrage universel indirect, qui fait du Sénat l’assemblée représentative des territoires.
Le premier acte des Sénatoriales 2026 est désormais joué. Place maintenant à la campagne. Et en Saône-et-Loire, la bataille pour les trois sièges du Palais du Luxembourg ne fait que commencer.
JYB



















































