
La surprise avait été annoncée à demi-mot. Elle s’est finalement incarnée sous les applaudissements de plus de 800 invités avec l’arrivée du Garde des Sceaux à la cérémonie des vœux du député de Saône-et-Loire. Une soirée politique qui a pris, à Charnay-lès-Mâcon, une toute autre dimension.
Le secret avait été bien gardé. Depuis quelques semaines, Benjamin Dirx évoquait simplement une « possible surprise » pour sa cérémonie des vœux. Peu imaginaient toutefois que celle-ci descendrait du TGV de 19h30. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a fait une entrée très remarquée à la salle de la Verchère, accueilli comme une véritable star par les plus de 800 personnes réunies pour les vœux du député Ensemble de la 1ʳᵉ circonscription de Saône-et-Loire.
Accompagné de Dominique Dufour, préfet de Saône-et-Loire, et de Christine Robin, maire de Charnay-lès-Mâcon, le garde des Sceaux a traversé la salle comble sous une salve d’applaudissements. Aux côtés de son ami Gérald Darmanin, Benjamin Dirx savourait un pari audacieux pleinement réussi. L’émotion était palpable au moment où le député lançait une soirée qui venait, clairement, de changer d’échelle.
Dans une salle à l’image du territoire, la cérémonie rassemblait un large éventail d’acteurs du territoire : élus locaux, responsables judiciaires — dont la présidente du tribunal judiciaire et la procureure — représentants du monde économique, agricole et viticole, avec notamment le président de la Chambre d’agriculture, mais aussi de nombreux acteurs associatifs sportifs, culturels et sociaux. À leurs côtés, une foule d’amis et de soutiens venus de toute la circonscription, heureux de partager ce moment dans une ambiance chaleureuse.
« C’est un grand honneur pour notre ville d’accueillir le Garde des Sceaux », a déclaré Christine Robin en ouverture, donnant le ton d’une soirée placée sous le signe de l’ancrage local et de la reconnaissance de l’action territoriale.
Suivi une touchante séquence d’hommages et reconnaissance, Benjamin Dirx a tenu à mettre à l’honneur plusieurs forces vives du territoire : les cadets de la Protection civile, les élèves de l’EREA Claude-Brosse de Charnay-lès-Mâcon, ainsi que les maires de la circonscription ayant accompli plus de deux mandats et choisi de ne pas se représenter. Un moment fort, prolongé par une séquence particulièrement émouvante lorsque le député et le ministre ont salué Annie, de Cluny, figure bien connue du Bar du pont de l’Étang, devenue au fil des années une amie sincère du parlementaire.
Anne Brochette, suppléante de Benjamin Dirx et maire de Vergisson, a poursuivi dans cette veine, rappelant l’engagement quotidien des maires au service du bien commun : « On ne peut pas tout faire, mais on peut tous faire notre part. »
Dans son discours, empreint d’une lucidité nationale contrebalancée de la priorité locale, Benjamin Dirx n’a pas éludé le contexte politique global. Évoquant les tensions à l’Assemblée nationale, il a livré un constat sans détour : « La vérité, c’est que nous n’y arrivons pas, car certains préfèrent penser à demain ou à leur intérêt personnel. » Concernant le recours au 49.3 pour l’adoption du budget, il a estimé qu’« il n’y avait pas le choix », soulignant l’absence de hausse d’impôts et la nécessité d’avancer malgré l’imperfection de l’exercice.
Fidèle à son credo, le député est revenu à l’essentiel : l’action de proximité. Agriculture et ruralité — avec la poursuite de la lutte contre la flavescence dorée — soutien aux entreprises, qu’il juge indispensables au partage des richesses, et bons résultats du bassin de vie en matière d’emploi ont rythmé son intervention. Ému, Benjamin Dirx a conclu en remerciant l’ensemble du tissu associatif et, tout particulièrement, son ami Gérald Darmanin pour son soutien constant.
Sans notes, avec une aisance remarquée et une simplicité saluée par la salle, Gérald Darmanin a répondu à son hôte. Il a souligné l’engagement du député sur les dossiers mâconnais avant d’annoncer une nouvelle très attendue : la signature prochaine, pour un montant de 8 millions d’euros, permettant le lancement des dossiers de la future Cité judiciaire de Mâcon. Puis, dévoilant une stature nationale, en abordant les thèmes régaliens, le Garde des Sceaux a défendu un équilibre entre fermeté et humanité, insistant sur l’urgence de la protection des 400 000 enfants relevant de l’Aide sociale à l’enfance. « Je porte un projet de loi pour revoir l’ASE et éviter ce déterminisme qui conduit trop souvent à des destins brisés », a-t-il déclaré.
Élargissant son propos au contexte international, le ministre a livré un plaidoyer contre toutes les formes de dépendance — numérique, économique, énergétique ou militaire. Évoquant le cas du juge français à la CPI, Nicolas Guillou, sanctionné par les États-Unis, Gérald Darmanin a adopté un ton résolu : « On se fait toujours dominer quand on est faible. Il n’y a pas d’Europe forte sans une France forte. La France a vocation à faire entendre sa voix, et celle de la paix. »
Il n’en fallait pas davantage pour faire vibrer la salle. Sous un tonnerre d’applaudissements, Gérald Darmanin a quitté Charnay-lès-Mâcon pour reprendre un train vers Paris. Derrière lui, autour des buffets préparés par le lycée Alexandre Dumaine, restaient des visages souriants, conscients d’avoir vécu un moment politique rare, mêlant proximité, annonces concrètes et souffle national.
J.-Y. Beaudot










Anne Brochette





















































