À l'appel de cinq organisations syndicales, un millier de personnes ont défilé ce jeudi 5 novembre dans les rues de Mâcon. Salariés, retraités, lycéens et citoyens de toutes générations se sont retrouvés autour de revendications communes : hausse des salaires, défense des services publics et meilleure répartition des richesses. Une mobilisation placée sous le signe de la convergence des luttes.
Parti à 10 h de la place des Cordeliers, le cortège a traversé plusieurs rues du centre-ville avant de rejoindre l'esplanade Lamartine, où la manifestation s'est achevée peu après midi, au pied de la statue du poète.
Drapeaux syndicaux, chasubles rouges et orange, pancartes revendicatives : les manifestants ont donné de la voix tout au long du parcours. À l'appel de la CGT, de la CFDT, de FO, de l'UNSA et de la FSU, cette journée de mobilisation a réuni salariés, ouvriers, retraités et lycéens, déterminés à faire entendre leurs préoccupations.
Pouvoir d'achat et justice sociale au cœur des revendications
"Qui sème la misère récolte la colère", pouvait-on lire sur une pancarte. Une formule qui traduisait le mécontentement exprimé face à la stagnation des salaires et à l'augmentation du coût de la vie.
Les organisations syndicales réclamaient notamment une augmentation générale des salaires, une revalorisation du SMIC, des pensions de retraite et du point d'indice des fonctionnaires, ainsi qu'une meilleure reconnaissance des carrières. L'égalité salariale entre les femmes et les hommes figurait également parmi les revendications.
"Tout augmente, pas ma pension", dénonçait une pancarte, tandis qu'une autre affichait : "Employeurs = mauvais payeurs !" La hausse des prix des carburants, notamment du gazole et de l'essence, faisait également partie des préoccupations exprimées.
La question de la répartition des richesses occupait une place centrale. Les manifestants demandaient une fiscalité plus juste, passant notamment par une taxation accrue des grandes fortunes, des héritages, des dividendes et des superprofits. Ils réclamaient également un meilleur contrôle des aides publiques versées aux entreprises, dont le montant de 211 milliards d'euros était dénoncé par les syndicats.
"La concentration des richesses tue la démocratie et nourrit le fascisme", proclamait une pancarte, tandis qu'une autre lançait : "Plus de thunes pour les courses, on va devoir manger les riches."
La défense des services publics constituait un autre axe majeur, avec des demandes de moyens supplémentaires pour les hôpitaux, l'Éducation nationale et l'accompagnement des personnes âgées. Les syndicats réclamaient aussi une revalorisation des aides sociales, notamment des aides personnalisées au logement (APL), des allocations familiales, des bourses étudiantes et du revenu de solidarité active (RSA).
"Notre sens du service public n'est pas une ressource inépuisable", rappelait une pancarte, faisant écho aux inquiétudes exprimées concernant les conditions de travail et le manque de moyens dans les établissements publics.
Une convergence des luttes portée par toutes les générations
Au-delà des revendications économiques, cette mobilisation a illustré une volonté de rassemblement. La présence de lycéens, notamment venus de Cluny, a témoigné des inquiétudes d'une jeunesse confrontée à la dégradation des conditions d'études et aux difficultés d'accès à l'emploi. "Lycée Cluny en grève", annonçait une banderole, tandis qu'une autre pancarte proclamait : "Les jeunes veulent un BBL" (Bien-être, Budget, Liberté).
"On signe pour la dignité, pas pour la précarité", pouvait-on également lire parmi les slogans. D'autres messages dénonçaient les violences policières et sociales, à l'image de cette pancarte brandie dans le cortège : "Maintien de l'ordre ? Vous maintenez surtout la misère ! Pas de justice, pas de paix ! Stop aux violences policières et sociales."
Cette convergence des luttes traduisait une volonté de faire entendre les revendications de toutes les générations, des lycéens préoccupés par leur avenir aux retraités confrontés à la perte de pouvoir d'achat. Une mobilisation qui s'inscrivait dans un mouvement national annoncé dans quelque 250 villes, avec une conviction exprimée sur place : "C'est quand l'économie s'arrête que l'État écoute le peuple."
Yvan Peinaud






















































































