Près de 200 personnes se sont rassemblées ce vendredi soir sur l'esplanade Lamartine à Mâcon, en hommage à Pengo Bossio Wangi, jeune homme de 26 ans tué lors d'une attaque à caractère raciste survenue dans les Yvelines. Un rassemblement citoyen et républicain empreint d'émotion, marqué par plusieurs prises de parole, une minute de silence et un dépôt de bougies au pied de la statue de Lamartine.
Une semaine après le drame, l'émotion reste vive. Le vendredi 23 octobre, un homme armé avait ouvert le feu sur plusieurs personnes à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, coûtant la vie à Pengo Bossio Wangi et faisant plusieurs blessés, dont une fillette de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste s'est saisi de cette attaque, dont le caractère raciste est au cœur de l'enquête. À Mâcon, citoyens, élus et représentants associatifs ont tenu à se réunir pour rendre hommage à la victime et réaffirmer leur opposition au racisme, à la haine et aux discriminations.
Parmi les personnes présentes figuraient notamment Émile Blondet, président de Mâcon Demain et conseiller municipal d'opposition, accompagné de Brenda Krasnici et Yann Yangir, également élus de son groupe. Ève Comtet-Sorabella, conseillère municipale d'opposition du groupe Mâcon dynamique et populaire, était également présente, tout comme Catherine Amaro, présidente de la section Mâcon Sud Bourgogne de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), partie prenante de cette mobilisation.
Des paroles pour défendre la paix et l'unité
Plusieurs textes ont rythmé ce rassemblement. Le premier, lu par une participante, reprenait une lettre d'Ali Rabeh, maire de Trappes, rédigée à la suite de l'attaque meurtrière. Un jeune intervenant a ensuite pris la parole pour lire un texte appelant à la paix, à l'unité et au rassemblement, dans un esprit de fraternité et de refus des discriminations. Une représentante de la Ligue des droits de l'Homme a également livré un message appelant à la responsabilité collective face aux discours de haine.
"À toutes les forces républicaines, celles qui entendent faire respecter les principes fondamentaux de l'égalité, de la fraternité, structurant notre société et notre État de droit, de prendre la mesure du risque qu'elles font peser sur notre société et notre démocratie lorsqu'elles jouent, parfois par stratégie électorale, avec des idées dangereuses.
Toute indulgence, toute alliance, toute complaisance avec les forces, les partis et les idées d'extrême droite est une compromission inacceptable. Face à une haine qui cherche à diviser la communauté nationale, notre force sera l'unité de toutes et tous, quelles que soient nos convictions et nos croyances, autour de la défense des valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité."
L'intervention s'est poursuivie par un appel à la mobilisation : "La LDH appelle à une lutte ferme et résolue contre le racisme et les préjugés qui le nourrissent. Cette exigence engage tout particulièrement les pouvoirs publics, les responsables politiques et les médias."
Des bougies et des messages de paix au pied de Lamartine
Après les mots, place au silence. Les participants ont observé une minute de recueillement solennelle en mémoire de Pengo Bossio Wangi, avant de déposer des bougies au pied de la statue de Lamartine. Quelques messages manuscrits témoignaient également de cette volonté de paix et de fraternité. "Il faut nourrir la paix et arrêter d'alimenter la guerre", pouvait-on lire sur une pancarte, tandis qu'une autre rappelait que "la paix commence par un geste, un mot, un cœur ouvert".
Au pied du monument, une feuille ornée de deux cœurs résumait cette aspiration commune : "L'amour est le fondement de la paix." Dans la douceur des lumières déposées sur la pierre, cet hommage collectif a pris une dimension particulièrement émouvante.
Yvan Peinaud