Communiqué
Déclaration de la candidature de Madame Paulette MATRAY, sénatrice de Saône-et-Loire
Seul le prononcé fait foi.
I. Une légitimité forgée par le terrain
Je suis sénatrice depuis bientôt un an, je ne le cache pas. Mais sur le terrain, mon engagement ne date pas d'hier : vingt-quatre ans de mandat municipal avant d'arriver au Sénat, après plusieurs années comme assistante sociale à l'aide sociale à l'enfance, puis quatre mandats consécutifs comme maire de Marigny. Ce qui compte, ce n'est pas le nombre de mois passés au Palais du Luxembourg, c'est le nombre d'années passées à connaître nos communes de l'intérieur. Je suis arrivée préparée, parce que je connaissais déjà ces difficultés avant d'en débattre au Sénat.
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II. Une année de travail et de résultats
En moins d'un an, j'ai déposé 815 amendements et interpellé à plusieurs reprises les ministres concernés, sur la carte scolaire, sur la santé en Saône-et-Loire, et sur d'autres dossiers qui touchent directement nos territoires.
J'ai toujours défendu une ruralité qui ne soit pas condamnée au déclin. C'est pourquoi j'ai été coauteure de la proposition de loi visant à remobiliser le bâti rural, adoptée par le Sénat. Ce texte apporte enfin des réponses concrètes aux communes confrontées à la vacance des logements, aux bâtiments dégradés et aux friches qui fragilisent l'attractivité de nos centres-bourgs. Grâce à la création d'un fonds dédié, les communes rurales pourront bénéficier d'un accompagnement technique et financier pour réhabiliter ce patrimoine et lui redonner une utilité au service des habitants.
Cette adoption constitue une véritable victoire pour nos territoires ruraux. Elle permettra également d'aider les ménages modestes qui choisissent de rénover des logements vacants pour s'installer dans nos villages. À l'heure de la lutte contre l'artificialisation des sols, la priorité doit être de reconstruire la ville et le village sur eux-mêmes, de valoriser l'existant et de redonner vie à notre patrimoine rural plutôt que de consommer toujours davantage d'espaces naturels et agricoles.
Ensuite sur les déserts médicaux en Saône-et-Loire, j'ai soutenu au Sénat la proposition de loi transpartisane visant à mieux répartir l'installation des médecins sur le territoire. Alors que l'Assemblée nationale avait adopté ce texte avec une large majorité, la droite sénatoriale a choisi d'en empêcher l'examen complet et a supprimé sa mesure centrale de régulation, privant notre département d'une avancée concrète pour améliorer l'accès aux soins.
Tout au long du mandat, j'ai défendu une réponse législative ambitieuse pou garantir à chaque habitant un accès à un médecin traitant et lutter contre les inégalités territoriales de santé. Je continuerai à porter des solutions de régulation et d'équité territoriale afin que la Saône-et-Loire ne soit plus laissée à l'écart des politiques de santé publique.
J'ai aussi mené un travail de fond en tant que rapporteure de la mission d'information sur les monuments historiques. Le patrimoine historique français traverse aujourd'hui une crise structurelle qui dépasse la seule question du financement. Près d'un monument historique sur quatre est en mauvais état ou en péril, tandis que les besoins de restauration se chiffrent en milliards d'euros alors que les crédits publics restent insuffisants. Cette situation touche particulièrement les communes rurales, propriétaires d'une part importante du patrimoine national, qui doivent assumer des coûts élevés de restauration sans toujours disposer de l'ingénierie nécessaire pour monter les dossiers et conduire les projets. À ces difficultés s'ajoutent une gouvernance éclatée, des procédures administratives complexes et une concentration de l'attention sur quelques grands sites emblématiques, au détriment de nombreux monuments de proximité. Face à ce constat, je suis convaincue que la diversification des usages constitue une solution essentielle : permettre à un monument d'accueillir de nouvelles fonctions, qu'elles soient culturelles, associatives ou résidentielles, est souvent la meilleure garantie de sa préservation. Plus largement, la sauvegarde du patrimoine suppose de renforcer l'accompagnement des collectivités, de simplifier les démarches et de sensibiliser davantage les citoyens à la valeur de ce bien commun, afin que ces édifices continuent à jouer un rôle vivant dans les territoires.
Sur la carte scolaire enfin, je plaide pour une véritable programmation pluriannuelle de l'éducation. On ne peut pas redessiner une carte scolaire chaque année : sur le terrain, nous constatons que cela ne fonctionne pas, et l'expérimentation en cours met sous pression à la fois les élus locaux et les services de l'État. J'ai immédiatement alerté le ministre à ce sujet. Et je le redis avec force, toute réflexion sur la carte scolaire doit partir de nos particularismes territoriaux. L'école rurale, l'école inclusive et l'éducation prioritaire ne sont pas des cas particuliers qu'on ajuste après coup, elles doivent être le point de départ de la méthode, pas une variable d'ajustement. J'insiste également sur un point de calendrier qui n'est pas anodin : beaucoup de nos maires sortent à peine des élections municipales, et ce moment est particulièrement compliqué pour eux, sollicités sur ce dossier alors qu'ils viennent tout juste de prendre leurs fonctions ou de les renouveler. Une meilleure information initiale, en amont du lancement de l'expérimentation, aurait permis à chacun de mieux saisir les enjeux et de se positionner avec le recul nécessaire, plutôt que dans la précipitation d'un calendrier institutionnel déjà chargé. Je reste convaincue qu'il nous faut davantage d'écoute, et surtout une meilleure prise en compte de la volonté des territoires et de leurs élus. L'école n'est pas une politique publique comme les autres : elle façonne notre rapport à la terre et à nos villages. Sur ce combat, vous pouvez compter entièrement sur moi.
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III. Ce bilan ne fait que commencer car j’ai décidé de me porter candidate à la prochaine élection sénatoriale.
Des batailles restent à venir. La temporalité n'a pas permis l'intégration à l'ordre du jour de deux propositions de loi que j'ai écrites, mais elles demeurent des combats que je vais continuer de porter.
Le meilleur moyen d'assurer la co-construction de la carte scolaire est de créer un véritable équilibre entre les conseils municipaux et l'Éducation nationale. Il faut l'accord des deux pour ouvrir une classe, l'accord unique de l'Éducation nationale pour la fermer. Dans les zones les plus sous-dotées, cela n'est pas acceptable : c'est tout l'objet de ma proposition de loi visant à garantir l'accord des conseils municipaux pour la fermeture de classes dans les écoles du premier degré en milieu rural, déposée le vendredi 3 avril 2026.
Le duopole de l'assurance des collectivités territoriales est, par ailleurs, dysfonctionnel. J'ai écrit et travaillé sur une proposition de loi sur le modèle de la sécurité sociale relative à la mutualisation publique des risques majeurs des collectivités territoriales, déposée le jeudi 5 février 2026, pour résoudre cette problématique.
















































