
Exposition visible du 2 octobre 2026 au 25 avril 2027
Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, le musée des Ursulines de Mâcon présente une exposition consacrée au regard des peintres et photographes sur la vie agricole au 20e siècle.
Le vernissage de cette magnifique exposition labellisée Exposition d'intérêt national s'est tenu ce jeudi 1er octobre en présence du Maire de Mâcon, de son adjoint à la culture, du DRAC, de la conseillère des Musées au sein de la DRAC, du Préfet, de l'écomusée de la Bresse, des archives Départementales, des galeristes et des amis du Musée.
« Cette exposition raconte un monde rural qui a profondément façonné notre pays et qui s'est transformé extrêmement rapidement au cours du XXe siècle », a indiqué Monsieur le Maire soulignant que « l'intérêt de ce parcours proposé est justement cette évolution du regard.»
Au début du siècle, la photographie reste encore très influencée par la peinture. Puis, elle change progressivement de fonction. Elle devient aussi un moyen de documenter un monde qui évolue.
L'exposition pose aussi une question très actuelle : comment les artistes regardent-ils aujourd'hui le monde agricole ?
Et l'édile de conclure son propos : « C'est finalement une très belle manière de regarder notre histoire sans nostalgie, mais avec la volonté de mieux comprendre ce qui a façonné notre territoire et ce qui continue aujourd'hui à le faire vivre. »
Peintres et photographes face au monde rural
Si la peinture reste le modèle à suivre pour les photographes au début du siècle, une évolution se dessine progressivement, offrant à la photographie une place différente, qui lui permet de s’émanciper des canons esthétiques.
L’émergence d’un intérêt pour l’histoire locale et plus particulièrement pour la vie et les coutumes des paysans à partir des années 1920 se manifeste par le rôle nouveau assumé par la photographie. Devenue support documentaire indispensable pour les premiers ethnologues mâconnais qui oeuvrent à la réalisation d’ouvrages en relation avec un univers rural en constante évolution, elle révèle parfois un attachement aux critères esthétiques qui valorisent les objets usuels sélectionnés. Outils, costumes, mobilier sont ainsi mis en lumière sur la pellicule et accèdent à un nouveau statut. Le chemin vers le musée de société est ouvert, celui qui voit la création des premiers écomusées.
Ce parcours inédit éclaire la naissance de nouvelles représentations, entre mémoire, modernité et hommage aux paysages et aux savoir-faire.
L’exposition interroge aussi la pertinence du sujet pour les artistes actuels qui livrent ainsi leur rapport au thème au travers d’oeuvres singulières et par des formes d’expression diversifiées.
L’exposition bénéficie des labels Exposition d’intérêt national et Bicentenaire de la Photographie.
Des amitiés artistiques à l’origine de créations picturales et photographiques
L’exposition met en lumière les liens féconds unissant peintres et photographes du début du 20e siècle, tous animés par le désir de célébrer le monde rural autant que leur territoire.
Honoré Hugrel, Jean Baptiste Tournassoud, Marius Mangier et Jean Laronze partagent un profond attachement aux paysages du Mâconnais, de l’Ain, du Charolais ou de la Dombes.
L’eau, les forêts, la nature idéalisée et les jeux de lumière deviennent des motifs essentiels, hérités de l’esthétique impressionniste.
Leur dialogue artistique se manifeste dans les « tableaux vivants », les scènes pastorales, les travaux agricoles ou les études d’animaux.
À travers ces regards croisés, l’exposition révèle un patrimoine visuel rare, nourri d’amitiés, de collaborations et d’un fort ancrage local.
La photographie au service de la connaissance du territoire
Les travaux de Gabriel Jeanton (1881 - 1943) et d’Émile Violet (1877 - 1965), passionnés d’histoire locale, témoignent d’une même ambition : documenter avec précision l’architecture rurale, les objets du quotidien et les traditions locales. Leurs clichés, souvent accompagnés de croquis, de plans et d’annotations minutieuses, servent de base aux enquêtes de terrain et aux publications destinées à promouvoir l’identité du Mâconnais, de la Bresse ou de l’Ain.
L’exposition révèle également le rôle déterminant d’Andrée Manziat (1911 - 2008) et d’Édith Mauriange (1909 - 1997), qui, formées au dessin et à la photographie, participent aux côtés d’Émile Violet et de Gabriel Jeanton, aux grandes enquêtes de folklore menées dans le Mâconnais et la Bresse dès les années 1930. Ensemble, elles contribuent à préserver une mémoire vivante du monde rural, tout en affirmant la place des femmes dans les recherches ethnographiques de leur temps.
Et aujourd’hui ?
Le quotidien des agriculteurs, les défis et questions qui les animent interpellent les artistes actuels. Pour plusieurs d’entre eux, le travail de création se nourrit des rencontres et échanges noués à l’occasion de résidences menées à proximité ou dans les exploitations agricoles. Les
peintures de Julien Beneyton ou d’Abel Tournissoux traduisent cet intérêt.
D’autres tels Jean-Baptiste Perret choisissent la vidéo pour élaborer des récits à mi-chemin entre documentaire et fiction. L’imaginaire se mêle aussi au réel chez Nina Ferrer-Gleize dont l’approche témoigne d’une appétence pour le croisement des disciplines artistiques, écriture et photographie notamment.
Programmation culturelle
L’exposition s’accompagne d’une riche programmation culturelle et d’actions de médiation variées qui permettent de fédérer les acteurs locaux impliqués dans les domaines de l’art, en particulier de la photographie, de la peinture, et de l’ethnologie.
Balades patrimoniales à pied et à vélo, dégustation de produits régionaux, démonstrations artisanales, reconstitutions théâtralisées, conférences, ateliers créatifs ou encore visites ludiques ponctueront une programmation inspirée du territoire et de ses savoir-faire.
Maryse Amélineau

Photos © Maryse Amélineau



















Objets des réserves





























































