samedi 7 février 2026

 

Le SNUIpp-FSU 71, syndicat majoritaire de l'enseignement primaire sonne l'alerte.

 

Communiqué

Aujourd'hui, le point de rupture est atteint dans les écoles. Année après année, les politiques éducatives successives ont contribué à casser les protections dont bénéficiait le service public d’éducation. Les réformes à l’œuvre ne visent pas la résorption des inégalités et la réussite de tous les élèves. Elles ont privé l’École des moyens lui permettant d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés.

Les conditions de travail des enseignant·es et des AESH se sont profondément dégradées, entraînant souffrance et renoncements. Le ministère porte la responsabilité de cette dégradation des conditions de travail et de santé de ses personnels, de celles et ceux qui tiennent l'École à bout de bras. Il porte également la responsabilité de la dégradation des conditions de scolarisation de tous les élèves.

Dans ce contexte, la réponse du ministère avec cette année encore 1709 suppressions de postes d’enseignant·es prévues dans le 1er degré pour la rentrée 2024 est un affront insupportable. Le choix est fait de laisser la situation se détériorer davantage. Cela va se traduire dans notre département par de nouvelles fermetures de classes et des effectifs par classe toujours en augmentation. Les enseignant·es et AESH demandent non pas « un choc des savoirs » mais « un sursaut du ministère » face aux problèmes que rencontrent les personnels de l’Education Nationale.

L’organisation de l’école inclusive cristallise à elle seule le plus de tensions dans les écoles. Si la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances a permis une évolution sociétale et une amélioration de la prise en compte des élèves en situation de handicap, cette ambition ne s’est pas accompagnée des moyens humains et matériels nécessaires. Les enseignant·es et AESH se sentent trop souvent seul·es, sans soutien de la hiérarchie et avec l'obligation de pallier la baisse de moyens du secteur médico-social.

La FSU-SNUipp 71 dépose, comme le font tous les autres départements français, une alerte sociale, préalable à un dépôt de préavis de grève, pour dénoncer les conditions de travail dégradées des personnels de l’Éducation Nationale dans le 1er degré. La FSU-SNUipp attend des réponses concrètes, tant au niveau national que départemental. A l’aune des réponses reçues, elle prendra ses responsabilités quant aux suites à donner à cette alerte sociale.

 

 


Le courrier adressé à l'inspectrice d'académie

 

Objet : dépôt d’une alerte sociale 

 

Madame l’IA-DASEN de Saône-et-Loire,

 

Conformément aux dispositions de la loi 2008-790 du 20/08/2008, nous avons l’honneur de vous notifier les motifs qui nous conduisent à déposer une alerte sociale préalable au dépôt d’un préavis de grève départemental pour les personnels enseignant·es du 1er degré, les accompagnant·es des élèves en situation de handicap et les psychologues de l’Éducation Nationale, exerçant dans les écoles, les établissements scolaires et les établissements spécialisés du département de Saône-et-Loire, à compter du mardi 12 décembre 2023 jusqu’au vendredi 5 juillet 2024 inclus.

 

Voici les motifs qui nous amènent à déposer cette alerte sociale :

Conditions de travail et de scolarisation

Les agent.es de l’Éducation Nationale subissent une évolution de leurs métiers et des conditions de travail dégradées. Le nombre croissant de sollicitations de collègues souhaitant démissionner nous interpelle. Les enquêtes nationales successives montrent un climat détérioré. Ces métiers ne sont plus attractifs.

La FSU-SNUipp 71 demande que des décisions urgentes soient prises concernant :

  • Le besoin de moyens supplémentaires pour travailler dans des conditions sereines (postes, remplaçant·es...,

  • Les RASED (RASED incomplets, secteurs trop larges…,

  • Le remboursement de frais de déplacements effectifs des personnels itinérants,

  • La médecine scolaire en tension,

  • Le temps de travail des personnels (tâches chronophages et à l’utilité douteuse : évaluations nationales, évaluations d’écoles, questionnaire harcèlement - avec une attention particulière sur le temps de travail des directrices et directeurs),

  • Restaurer les collectifs de travail (mis à mal notamment par la loi Rilhac ou encore par le PACTE enseignant),

  • Le respect de la professionnalité des enseignant·es avec la fin des injonctions, contradictoires afin de redonner au métier le sens qu’il perd progressivement, et la garantie de la liberté pédagogique,

  • La prévention des effets des fortes chaleurs dans le cadre du changement climatique.

 

Inclusion des élèves en situation de handicap et à besoins éducatifs particuliers

L’ambition de la politique de l’école inclusive portée par la loi de 2005 faite sans moyens suffisants est aujourd’hui une source de travail empêché altérant les conditions d’apprentissage pour les élèves et les conditions de travail des enseignant·es et AESH. « L’acte 2 de l’école inclusive » annoncée par le ministère ne fera que dégrader davantage cette situation.

La FSU-SNUipp 71 demande :

  • Pour les AESH : une augmentation du nombre de postes, une formation initiale et continue répondant aux besoins et la création d'un statut de fonctionnaire de catégorie B de la fonction publique,

  • Une augmentation du nombre de places dans les établissements ou services médico-sociaux,

  • Une formation continue de qualité sur l’inclusion pour tous les personnels,

  • Une offre de départs en formation CAPPEI plus importante et facilitée (tout particulièrement pour les personnes exerçant en RASED, SEGPA et EREA),

  • L’augmentation du nombre de postes d’enseignant·es spécialisé·es, de PsyEN, d’infirmières et de médecins scolaires, d’enseignant·es référent·es, d’enseignant·es surnuméraires.

 

Formation

Initiale comme continue, la formation est le parent pauvre de l’Education Nationale, ce qui est un comble ! Enseignant·es et équipes sont laissé·es trop souvent seul·es pour trouver des solutions face aux nombreuses problématiques professionnelles qui se posent à elles et à eux.

La FSU-SNUipp demande :

  • Que la formation des PES à 100 % soit réorganisée dans le cadre légal qui doit être le sien,

  • Que l’ensemble de la formation continue des PE soit organisée sur le temps face à élèves,

  • L'augmentation de l'offre de formation pour les AESH,

  • La fin des temps de formation qui n’en sont pas et qui relèvent de l’auto formation institutionnalisée (Magistère, constellations en autonomie …),

  • La mise en place de formations communes PE-AESH ou encore PE-ATSEM (co-intervention, connaissance réciproque des missions...),

  • La fin de la multiplication des collègues sans statut (contractuels) et sans formation dans les écoles (listes complémentaires).

 

Dialogue social départemental

Si les sujets de gestion collective ont été retirés des attributions des CAPD, rien n’interdit les échanges à ce sujet (GT annuel sur le projet de circulaire mouvement, sur la formation initiale et continue, sur les projets de promotions, ...)

La FSU-SNUipp 71 demande en outre la communication de tous les documents nécessaires au travail des représentant·es des personnels (liste des retraité·es, liste des affectations, grades, échelons des collègues, listes et affectations des contractuel·les, des AESH) dès que ceux-ci sont disponibles, afin d’améliorer le fonctionnement du service public d’éducation comme le respect des droits des agent·es.

Pour assurer une équité de traitement des AESH, nous demandons une organisation planifiée et transparente du mouvement de ces personnels.

En application du décret n°2008-1246 du 1/12/2008, nous vous demandons d’engager une négociation préalable sous trois jours. 

 Nous vous prions de croire, Madame l’IA-DASEN, en notre sincère et profond attachement au Service Public d’éducation.

 

Pour la FSU-SNUipp 71,

Marc BRUNEAU

Mathias CAZIER

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