Du 17 mars au 10 mai 2020, durant 1 mois et 25 jours, la France entière a vécu sous cloche, confinée pour limiter les conséquences de l'épidémie liée à un virus que le monde découvrait : le coronavirus SRAS-CoV-2, autrement nommé covid-19.

 

17 mars 2020, rappelez-vous…

Les lieux recevant du public "non indispensables à la vie du pays" sont fermés "jusqu'à nouvel ordre". Sont concernés les restaurants, les cafés, les cinémas et les discothèques. Les commerces sont également concernés par cette fermeture, à l'exception de ceux qui sont jugés "essentiels" : les magasins et marchés alimentaires, les pharmacies, les stations-essence, les banques et les bureaux de tabac et de presse. Les services publics restent également ouverts. 

Le gouvernement interdit les rassemblements de plus de 100 personnes.

Les activités sportives sont désormais réduites à 10 personnes maximum.

Dès lundi et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités seront fermés.

Toutes les capacités hospitalières nationales ainsi que le maximum de médecins et de soignants seront mobilisés. Ainsi que les étudiants et les jeunes retraités.

Dès les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en œuvre. L'état prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. 

Les transports sont maintenus.

Les entreprises sont incitées à avoir recours au télétravail.

Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité ni pénalité le paiement des cotisations et des impôts dus en mars.

Les personnes de plus de 70 ans, celles atteintes de maladies chroniques ou respiratoires et en situation de handicap sont appelées à rester autant que possible chez elles. 

Les élections municipales sont maintenues.

La trêve hivernale est reportée de deux mois.

 

C’était hier, oui, cela nous semble pourtant aujourd’hui loin, pas si loin mais loin tout de même, comme si nous voulions oublier un peu, vivre un aujourd’hui “meilleur”, même dans une apparence qui peut être un miroir aux alouettes en trompe œil.

Le 17 mars l’hôpital de Mâcon appelle Emilie Fontaine, photographe déjà connue de par son travail sur le service des urgences, pour lui proposer de réaliser un reportage sur l’impact de cette épidémie, que personne ne connaissait, que tout le monde apprenait alors à redouter. Organisations hospitalières et quotidien des femmes et des hommes qui, du jour au lendemain, ont plongé dans un exceptionnel, un jamais vu qui les marqueront, on le sait aujourd’hui, à jamais.

 

« Le chemin »

 

Un travail pour une mémoire collective, un hommage aux quelque 2 500 personnes travaillant à l’hôpital de Mâcon, toutes professions confondues sans oublier les centaines de patients qui auront gravité entre les murs des différents services, pour le meilleur et, malheureusement, quelque fois pour le pire.

Car oui, chacun, quel qu’il soit, sera impacté par ce fléau épidémique, depuis les ASH aux spécialistes médicaux, depuis les agents de nettoyage aux préposés au service du repos éternel…

Ce chemin fut long, très long lors de cette première vague. Un combat journalier dans un grand navire affrontant une tempête, un ouragan même certains jours comme l’image si bien un des témoignages.

Emilie Fontaine a réalisé un travail de web-documentaire époustouflant tant dans son contenu que dans sa forme, donnant la place de celui qui se tiendra devant l’écran de son ordinateur ou de sa tablette et en tiendra les manettes, comprenez alors que chacun pourra voir, entendre, lire ce qu’il désire, ce qu’il lui plaît, en une fois (plus de deux heures…) ou à son rythme. Interactif donc, avec photos, sons et textes du mâconnais Jean-Paul Kara-Mitcho.

Bien installé dans le calme on appuiera sur le bouton départ pour un “roadtrip” immobile le long d’un chemin parsemé d’embûches, de difficultés, de fatigue mais aussi de partage, d’entraide, de bienveillance…

Nous, citoyens mâconnais, nous applaudissions nos soignants tous les soirs, Emilie nous donne ainsi l’occasion d’être en immersion dans l’univers que nous essayions d’imaginer alors mais dont elle nous ouvre les portes au-delà des hublots.

Ainsi trois présentations en avant-première ont eu lieu cette semaine à l’hôpital de Mâcon, réservées aux personnels du centre et une date de diffusion sur internet prévue pour tous et toutes, le 1er octobre.

MsP

 

« ​C’est une si terrible et merveilleuse expérience photographique qui m'a été confiée en avril 2020. Pendant que la France était sous cloche, "eux" ils l'ont été d'une autre façon. J'ai pris du temps ; du temps pour donner du sens à mon travail dans cette période si complexe et inédite, du temps pour accepter mes images, du temps pour admettre qu'elles avaient une place dans nos champs visuels. Le covid-19 m'a poussée dans mes retranchements les plus profonds, j'ai dû être bousculée pour enfin réussir à cadrer. »

Emilie Fontaine