vendredi 17 septembre 2021

Communiqué :

La pénurie de personnel est au plus haut, après un été ayant vu la fermeture de l’unité de pneumologie, l’arrêt des entrées en SSR, dans le contexte de promesses du gouvernement qui n’ont pas été tenues (pas de créations de poste, pas de résorption de l’emploi précaire, pas de revalorisation des filières à prédominance féminine, pas de prise en compte de la pénibilité pour l’âge de départ en retraite...) ; le passe sanitaire est la contrainte supplémentaire qui ne peut être comprise alors qu’au début du mois d’août, au moins 85 % des soignants étaient vaccinés à Mâcon et que ce chiffre était sans doute à peu près identique partout en France métropolitaine ; de ce fait, l’immunité collective était pratiquement atteinte. Les soignants ont été maltraités depuis le début de la pandémie, tant par la pénurie de matériel, par des réorganisations incessantes, par une reconnaissance très restrictive de la COVID en maladie professionnelle excluant nombre de collègues durablement atteints, que par le maintient du jour de carence pénalisant les agents malades du COVID pendant les deux premiers mois de la deuxième vague. De même pendant cette deuxième vague, le personnel de la santé privé n’a pas été mobilisé, permettant même aux cliniques de continuer leurs activités lucratives alors que l’hôpital public se voyait contraint de déprogrammer.

Enfin, cette obligation vaccinale intervenant en pleine période estivale est un véritable coup de poignard dans le dos pour tous les personnels médicaux, soignants, administratifs, techniques qui sont contraints à une réorganisation à marche forcée car le peu d’agents ne pouvant - pour raison de santé - ou ne voulant - pour raison de libre arbitre - présenter son passe sanitaire va manquer tant les effectifs sont calculés sans marge de manœuvre. En effet, avec un absentéisme autour de 10 % en 2019 (2020 à peu près identique) et une année 2021 très difficile, et des effectifs calculés sur la base de 5 % d’absentéisme, le moindre grain de sable grippe les rouages fragiles de l’organisation hospitalière. C’est ainsi que les 5 % d’agents qui seront suspendus va totalement bouleverser les organisations. D’ors et déjà, le personnel de l’unité 21 travaillera en postes de 12h, l’unité 23 réduit son nombre de lits comme la psychiatrie et dans les services logistiques, les missions sont redistribuées, créant des tensions entre collègues devant une charge de travail démesurée.

La CGT interpelle le gouvernement : est ce cela une politique de santé publique ? Est-ce ainsi que l’on soutient l’hôpital public et l’ensemble de ses personnels qui ont démontré leur total engagement pour la santé de la population ? Ainsi, le problème des hôpitaux n’est ni le manque de personnel, ni le manque de projets mais l’absence d’engagement pour un hôpital

Centre Hospitalier de Mâcon au cœur du dispositif de santé publique. Un hôpital où les soignants seraient heureux de travailler parce qu’ils auraient de bonnes conditions de travail...alors peut-être, il n’y aurait plus de pénurie de personnel, l’intérim médical et paramédical n’auraient plus lieu d’être... d’autant que ce serait peut-être même une source d’économie quand on voit les montants indécents que les hôpitaux passent chaque année dans le financement des remplacements.

L’idée selon laquelle le gouvernement va profiter de la période pour supprimer des emplois dans les hôpitaux fait son chemin dans l’esprit des collègues. Force est de constater qu’il sera très compliqué de savoir qui sera parti à cause du passe et qui n’aura tout simplement pas vu son contrat renouvelé.

La CGT regrette qu’il n’y ait pas eu de la part des Directions d’hôpitaux un grand mouvement de refus de cette contrainte du passe devant la difficulté que celle-ci allait engendrer pour les organisations. C’est ainsi que la Direction applique à la lettre la loi du 5 août 2021...elle n’est pas toujours aussi vertueuse, notamment quand elle méprise le code du travail avec les postes de travail de 12 h.

La CGT demande la levée de la suspension de fonction de tous les agents n’ayant pas présenté leur passe.

 

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