Interpellé par Virginie De Battista, présidente de Mâcon Tendance, association des commerçants.es du centre ville, le ministre délégué aux PME a largement évoqué le cas particulier du commerce ce jeudi matin en préfecture.

 

Les commerçants.es ont bénéficié chacun, chacune, de 8 000 € en guise d'aide à la gestion des stocks, grosse épine dans le pied des des commerçants qui ont été contraints de fermer boutique lors des confinements. La présidente a salué le geste tout en souligant son insuffisance : « C'est bien, nous vous en remercions, ce fut une aide précieuse, mais hélas pas à la hauteur des besoins de nombreux commerçants. Les stocks peuvent montés au delà de 200 000 € pour certains. 8 000 sur 200 000, c'est bien peu. Nous aurions espéré plus et, surtout, que l'aide versée soit proportionnelle aux stocks. »

 

Dans sa réponse, après avoir concédé que le commerce n'avait jamais eu de politique digne de ce nom, le ministre s'est épanché sur le pourquoi du comment de cette aide de 8 000€ pour toutes et tous.

 

« On aurait pu faire du sur-mesure, mais vous auriez eu de l'argent un an après compte tenu des études de dossiers au cas par cas. C'était trop tard. Les arbitrages ont donc été fait dans le sens de cette aide de 8 000 € pour tout le monde, payée tout de suite. »

Réponse qui permettait de poser un autre problème aux yeux du ministre : le manque de structuration du secteur, avec des modèles économiques très diverses qui rendent le dialogue avec les services de l'Etat compliqué.

 

« Mais l'on pouvait fournir des comptabilités analytiques, qui vous montrent que derrière une entreprise il y a parfois plusieurs magasins » a répondu Virginie De Batttista.

« Sans doute, mais vous auriez été payés après plusieurs mois. Là, vous l'avez été en trois semaines. » Et de rebondir sur la gestion des commandes, donnant un échange très instructif quant à la perception du commerce par Bercy...

« Par ailleurs, des questions se posent quant à la gestion des stocks et des commandes, qui ont été trop importantes l'année dernière. »

- On commande un an à l'avance et on n'imaginait pas qu'un confinement serait décidé au printemps !

- Qu'avez vous fait alors pour l'année prochaine ?

- Nous avons fait globalement des commandes normales.

- Mais vous êtes maso alors ? a réagi le ministre un brin provocateur.

- Nous sommes optimistes !... Quant à notre indépendance, c'est elle qui permet d'animer le centre-ville » a répondu tout net la présidente.

 

Alain Griset a conclu l'échange par une invitation à se rapprocher de ses services.

Quelques minutes avant, il annonçait les prochaines assises du commerce : « Nous avons une politique industrielle, mais pas de politique du commerce. Or, c'est un vrai sujet. C'est pourquoi nous lancerons bientôt les assises du commerce, pour faire des propositions dès la fin du mois de novembre. Le commerce, c'est du lien social, de l'aménagement du territoire, de la fiscalité, des problématiques de loyer. »

De quoi se mettre autour de la table spécifiquement pour ça pour améliorer les choses. Il est plus que temps pour les commerçants.es indépendants.es.

 

Rodolphe Bretin