dimanche 26 septembre 2021

Communiqué de l’Insee Bourgogne-Franche-Comté :

 

La crise économique engendrée par la Covid-19 a eu des répercussions sociales importantes. Les dispositifs servant d’amortisseurs sociaux ont très vite été davantage sollicités et ont permis de limiter ses effets. Les nombres de demandeurs d’emploi indemnisés, des bénéficiaires de l’allocation pour ceux arrivant en fin de droits et des allocataires percevant le RSA ont fortement augmenté. Les jeunes ont été plus particulièrement touchés par la crise. Les suppressions d’emploi notamment dans l’intérim et la restauration ont fait reculer le niveau de vie de certains d’entre eux.


La fermeture de commerces et les restrictions de déplacements mises en place en France depuis mars 2020 pour juguler l’épidémie de la Covid-19 ont eu de graves conséquences financières pour une partie de la population. Les amortisseurs sociaux ont permis de limiter l’impact sur les niveaux de vie. Leur suivi permet de dresser un premier bilan social de la crise sanitaire.

Davantage de demandeurs d’emploi et de chômeurs en fin de droits

Dès mars 2020, l’activité partielle a permis de maintenir tout ou partie des revenus de nombreux salariés ne pouvant exercer intégralement leur activité. Début avril 2020, elle a concerné jusqu’à 30 % des salariés de Bourgogne-Franche-Comté. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté fortement, surtout à cause de l’interruption de missions d’intérim et du gel des recrutements. En outre, les conditions d’éligibilité à l’allocation chômage ont été temporairement assouplies en début de crise. Ainsi, les droits des demandeurs d’emploi ont été prolongés, le contrôle de la recherche d’emploi a été suspendu et la durée d’affiliation minimale a été réduite à 4 mois.

Le nombre de bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) s’est contracté, en mai 2020, sous l’effet de la prolongation des droits des chômeurs. Il a ensuite fortement augmenté, permettant à certaines personnes d’entrer dans le dispositif et de limiter leurs pertes de revenus. Il a atteint son niveau le plus haut avec 13 460 bénéficiaires fin septembre 2020, soit 10,1 % de plus que fin février 2020.

Davantage de personnes bénéficiant du RSA

Les conséquences sociales de la crise se traduisent par une augmentation importante du nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Il a crû de 8,5 % entre février et novembre 2020, pour culminer à 64 830 allocataires. Il a permis de compléter les ressources des foyers fragilisés financièrement par la détérioration du marché de l’emploi. En 2020, peu de personnes sont sorties de ce dispositif, car la crise n’a pas permis à leurs ressources de s’améliorer. En revanche, les nouveaux bénéficiaires du RSA ont été plus nombreux, en partie des personnes revenues dans le dispositif après en être sorties.

Ponctuellement, d’autres aides sociales liées aux ressources des ménages ont été davantage sollicitées. En 2020, un peu plus de personnes ont bénéficié de la prime d’activité pendant les confinements : + 1,1 % en mai et + 1,7 % en décembre par rapport au mois de février. Les entreprises ont massivement recouru au chômage partiel. Les ressources de certains salariés ont ainsi diminué, les rendant éligibles à cette prime.

Le nombre de bénéficiaires de l’aide au logement a surtout augmenté au second semestre 2020. Il a atteint son plus haut niveau en novembre avec 247 250 bénéficiaires, soit 6,3 % de plus qu’en février, en raison des pertes ponctuelles de revenus observées parmi certains ménages. Le nombre de bénéficiaires de l’aide au logement est toutefois en baisse de 2,5 % en un an.

L’impact social apparaît, dans la région, proche de la moyenne nationale

Après plus d’un an de crise, le RSA est encore très sollicité. Par rapport à février 2020, davantage de personnes de Bourgogne-Franche-Comté en bénéficient (+ 4,6 %).

La région subit à ce titre une dégradation de sa situation sociale proche de la moyenne nationale. Elle est la plus forte en Corse, en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où le nombre de bénéficiaires du RSA progresse de plus de 6 %.

Certaines sont des régions très touristiques, très touchées par la crise dans ce secteur. La dégradation est la moins forte dans les DOM et les Hauts-de-France, régions où le recours au RSA est en temps habituel déjà important.

Le Jura, le Doubs et le Territoire de Belfort sont les départements les plus touchés dans la région

En un an, le nombre de personnes fragilisées financièrement et pouvant prétendre au RSA a augmenté le plus fortement dans le Jura, + 9 %, le Doubs, + 6 %, et le Territoire de Belfort, + 6 %.

La dégradation a été moins forte en Côte-d’Or et dans la Nièvre,+ 4 à 5 %. C’est en Haute-Saône, Saône-et-Loire et surtout dans l’Yonne qu’elle est la plus contenue, + 2 à 4 %.

Les jeunes ont été particulièrement touchés par les conséquences de la crise sanitaire

Les étudiants subissent de plein fouet les conséquences économiques et sociales de la pandémie. Leurs conditions d’études ont été mises à mal. Les 84 700 étudiants de la région ont dû suivre une bonne partie des enseignements et même passer leurs examens à distance. Si habituellement, 25 % d’entre eux travaillent pendant leurs études, la crise a fragilisé leurs ressources en affectant les secteurs qui les emploient : commerce, restauration, animation culturelle et sportive. Certains jeunes ont eu beaucoup de difficultés à trouver des stages. Toutefois, certains ont pu bénéficier d’une aide financière, 4 étudiants sur 10 ont perçu une bourse sur critères sociaux. Par ailleurs, près de 40 % des étudiants vivent chez leurs parents, limitant ainsi leurs frais. Lorsqu’ils sont indépendants, 61 % bénéficient d’une aide au logement de la Caf. En outre, des mesures temporaires ont été prises afin de les soutenir. Depuis la rentrée 2020, les Crous ont mis en place des repas complets à 1 € dans les restaurants universitaires, d’abord réservés aux boursiers puis étendus à l’ensemble des étudiants. En Bourgogne-Franche-Comté, 420 000 repas ont été distribués à ce tarif entre septembre 2020 et mars 2021. Enfin, une aide spécifique ponctuelle (ASAP) a concerné quelques étudiants en formation initiale pour un montant total de 800 000 euros au premier trimestre 2021. Elle s’adresse à des étudiants, boursiers ou non, qui rencontrent d’importantes difficultés financières.


La crise a aussi grandement affecté les activités des missions locales en 2020 qui ont dû fermer lors du confinement du printemps 2020. Les entrées en Garantie jeunes, réservées aux jeunes en situation de grande précarité, ont alors été suspendues. Ensuite, avec la mise en place de protocoles sanitaires adéquats, leur nombre est reparti à la hausse, sans pour autant retrouver le niveau du nombre de bénéficiaires d’avant la crise.

 

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