L’exposition Mai Thu (1906-1980), écho d’un Vietnam rêvé, est présentée au Musée des Ursulines jusqu’au 24 octobre.

Michèle Moyne-Charlet, directrice des Musées de Mâcon, et Anne Fort, conservatrice chargée du Vietnam et de l’Asie centrale au Musée Cernuschi à Paris et commissaire scientifique de l’exposition, ont présenté l'exposition à la presse mardi matin.

À son arrivée à Mâcon en 2017, Michèle a été interpellée par la fresque de Mai Thu à l'église Saint-Pierre : « En 2014, une vente à Mâcon d'un de ses tableaux m'avait déjà donné l'envie de réaliser une exposition sur cet artiste. Peu de temps après, je suis entrée en contact avec la fille de Mai Thu. »

L'exposition présente 140 oeuvres originales de l'artiste parmi lesquelles des huiles sur toile, des peintures sur soie, des dessins, photographies et lithographies. Son séjour à Mâcon de 1940 à 1941 marquera un nouveau style personnel. Il abandonne l'huile sur toile pour se consacrer à la peinture sur soie, inspirée par la vie traditionnelle de l'ancien Vietnam.

La famille, la femme, allégorie de la modernité, les enfants, constituent ses thèmes de prédilection.

La majeure partie des œuvres exposées vient de collections privées. La rétrospective Mai Trang Thu propose une visite chronologique. Les années 30, témoignent de la volonté de l'artiste de ne montrer que le Vietnam traditionnel, idéal, rêvé, tel que le voient les occidentaux. Sa clientèle était exclusivement occidentale.

De nos jours, ses tableaux sont extrêmement prisés en Asie.

Dans les années 50 et 70, l'artiste atteint sa maturité en peinture sur soie très colorée. Il produit ses propres cadres.

Considéré comme pionnier de l'art moderne vietnamien et maître de la peinture sur soie, Mai Thu était aussi un historien et un photographe passionné de cinéma. Il a d'ailleurs joué dans le film « Fort du fou » où il interprétait le rôle d'un prêtre.

Musicien chevronné, il jouait du monocorde, de la flûte et de la cithare. En France, il donnait régulièrement des concerts de musique traditionnelle vietnamienne et a enregistré un disque en 1960.

La musique tient d'ailleurs une grande place dans ses tableaux. 

La visite s'est poursuivie en début d'après-midi, par la découverte de la fresque de la chapelle de Sainte Thérèse de Lisieux à l'église Saint-Pierre. Cette fresque datant de 1941 est la seule représentation de la religion et de la guerre en Saône et Loire.

M.A.

 

 

 

Photos : M.A.

Anne Fort (au centre)

Peinture à l'huile en 1932

Mai Thu chez la famille Combaud en 1954

Peinture sur soie

 

1946

 

1940 Mme ND et sa fille

Fresque de 1941