Benjamin Huynh est né en France en 1996, de parents vietnamiens. Benjamin se définit comme une personne non binaire, qui ne s'identifie ni à un homme ni à une femme, appartenant ainsi au genre indéterminé. Un genre qui lui procure une entière liberté de création.

En 2015, Benjamin quitte sa région natale, la Côte d’Azur, pour commencer son enseignement artistique. Actuellement, il (elle) vit et travaille à Bruxelles en Belgique. Plasticien.ne pluridisciplinaire, son travail se concentre sur la peinture en passant par le volume et le travail du textile.

En 2022, Benjamin sera diplômé d’un Master en Peinture à l’école de Recherche graphique de Bruxelles. Il (elle) collabore depuis Janvier 2015 avec le styliste Fabrice Couturier, créateur de la marque unisexe B+B.

« Je ne me considère ni comme un homme, ni comme une femme, je suis libre de m'exprimer de la manière dont je le veux, confie l'artiste. Mon travail repose essentiellement sur une série de portraits intimistes, de ma famille et de mes amis, de grand format sur fond rose avec des couleurs vives. Le grand format permet à mon corps de se projeter dans la peinture. »

Benjamin revisite la peinture réaliste avec des portraits de famille détournés aux allures pop-romantiques, « des mascarades ». Il (elle) s'inspire de la mythologie pour réécrire des histoires.

Sa peinture se questionne sur sa propre forme, sa finalité, s’expérimente sur sa taille, son poids, ses caractéristiques matérielles.

« Dans mes tableaux, je donne des clés de lecture pour la narration de l'histoire. Les architectures de lieux m'intéressent beaucoup : comment recréer de nouveaux espaces dans un lieu. Mes tableaux ne sont pas figés dans un cadre accroché à un mur. Ils reposent sur des structures qui font aussi partie de l'art. Une manière d'exploiter la frontière entre l'art et l'artisanat. »

En écho à l’exposition Mai-Thu, visible du 16 juin au 24 octobre, au musée des Ursulines, l'artiste Benjamin Huynh a sélectionné trois toiles du peintre non exposées au musée. Des portraits inspirés de la mythologie grecque dont l'un a été réalisé à Mâcon : l'odalisque. Elle a été inspirée de selfies de ses amis.

Soucieux de préserver l'environnement, Benjamin privilégie le réemploi des matériaux, la récupération. L'odalisque a d'ailleurs été réalisée sur un rideau du styliste.

« Le fond de cette oeuvre est dans la continuité de mon travail, un collage puisant dans quelques-unes des nombreuses thématiques présentes chez Mai Thu. J'exploite certaines de ses images au même titre que celles de mon quotidien. Par ce biais, je génère de nouveaux scénarios à partir de mes propres expériences liées à un corpus d’images, d’idées, d’objets qui s’installent dans mes préoccupations d’européen.ne d’origine franco-vietnamien.ne. »

L'exposition est ouverte au public du 17 juin au 24 octobre, tous les vendredis et samedis de 10 h à 19h à l'hôtel Sennecé - Fond de Cour - 1er étage au 41, rue Sigorgne à Mâcon.

M.A.

 

Photos : M.A.

 L'odalisque

Les trois moires