De belles et grandes chose ont été réalisées la première année de son élection, comme la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, la création de l'ISF, l'augmentation du SMIC. Et puis après ? On cherche, on cherche encore, et l'on trouve si peu.

Si ! La cohabitation, le traité de Maastricht (début de la fin de la perte de la souveraineté française), le mensonge (la maladie, sa fille Mazarine, l'amitié avec René Bousquet, chef de la police Française sous Vichy), la montée de Le Pen, la crise économique qui n'en finira pas, sauf un temps, lorsque internet et les téléphones portables sont arrivés. Mais Mitterrand était déjà parti, il ne fut pour rien dans cette parenthèse de croissance économique.

 

Il était un farouche opposant au Général de Gaulle. Il l'a écrit dans Le Coup d'Etat permanent, un livre d'opposition qui devait faire référence. Arrivé au sommet de l'Etat, il s'est bien accommodé de la Vème République, et a même ouvert la voie de la désacralisation de la fonction de chef de l'Etat. Normal pour un Président qui se disait socialiste ? Peut-être. Mais il fallait au moins proposer autre chose.

 

Que reste-t-il du grand discours qui le verra déclarer en 71, au congrès d'Epinay ? « Celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, politique ça va de soi, c'est secondaire, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste »...

Cela n'est pas sans rappeler le fameux « Mon adversaire, c'est le monde de la finance » de François Hollande. Qu'est-il resté de cette autre envolée socialiste ? Chacun et chacune peut en juger aujourd'hui.

 

Tout cela amène à nous poser cette question cruciale et difficile : a-t-on encore besoin d'un président de la République comme nous l'a donné le Général De Gaulle, modèle indépassable en définitive ? Autrement dit, comment retrouver et préserver notre souveraineté nationale et populaire à l'heure où l'Union européenne a montré toutes ses limites ? Union européenne défendue farouchement par tous les présidents successifs depuis Giscard D'Estaing.

 

Le traité de Maastricht est pourtant passé à un cheveux en 92 (les trentenaires et un grand nombre de quadras aujourd'hui n'étaient pas en âge de voter), et nous avons dit « Non » au traité de constitution européenne en 2005. Quel sera le candidat, quelle sera la candidate qui s'en souviendra l'année prochaine et qui, surtout, mettra ses paroles de campagne en accord avec ses actes ?

 

L'on dit souvent que l'exemple vient d'en haut. Il est grand temps, très grand temps de le retrouver. Difficile avec la machine médiatique qui fonctionne comme le rouleau compresseur d'un spectacle quotidien trop souvent affligeant. Commençons par boycotter les chaines d'info continue et les émissions en dessous de la ceinture. L'info est ailleurs.

Du pain et des jeux ? Nous valons mieux que cela.

Rodolphe Bretin