FONDtr2

 

 

 

Les représentants des organisations membres de la Coordination Mâconnaise StopLoiSécuritéGlobale ont tenu une conférence de presse ce mardi après-midi au kiosque de l'Esplanade Lamartine. Ils dénoncent de potentielles dérives autoritaires. 

La coordination regroupant une vingtaine d'organisations dénonce la loi sécurité globale votée le 15 avril dernier, qu'elle juge anticonstitutionnelle et contraire aux valeurs de la République.

Elle s'oppose, en particulier, à 10 articles. Ceux relatifs aux pouvoirs judiciaires donnés aux policiers municipaux et aux polices privées, les enregistrements d'images et leurs traitements en temps réel, l'autorisation du port d'arme pour la police dans un établissement recevant du public.

« La loi est passée, elle va donc s'appliquer petit à petit. Nous sommes très inquiets quant à l'avenir de notre pays », a confié Philippe Fournier, porte-parole d'ATTAC Mâcon. « C'est une loi qui va à l'encontre des libertés individuelles et de la liberté de la presse. Elle était dangereuse à la base, pour tout le monde. Mais le danger a été amplifié après le passage au Sénat et en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Il y a une surenchère sécuritaire pour permettre l'existence de certains groupes politiques entre l'écorce Macron et le tronc Le Pen. Tout le monde se précipite pour être plus sécuritaire les uns que les autres et on fait n'importe quoi ! On a fait un outil qui est à disposition d'un gouvernement fascisant qui pourrait venir et être encore plus dur que le gouvernement actuel. »

Et d'ajouter : « C'est une loi police globale avec plusieurs polices, où se rajoutent la police municipale et des polices privées avec des gens non formés. On entre encore plus dans le monde de l'image avec les multiples caméras de surveillance, les drones. La reconnaissance faciale va arriver très vite c'est évident. Notre inquiétude porte aussi sur les risques de dérives avec l'autorisation du port d'arme d'un policier dans un lieu recevant du public. »

« Ce qui nous surprend beaucoup, c'est l'apathie des gens ! », a renchéri Patricia Baci, de la France Insoumise (LFI) et de l'AMi 71. « L'absence de réaction, l'acceptation de tout,  c'est incroyable, de la part des journalistes aussi, on ne les voit pas beaucoup dans les manifestations... En même temps, on sait qui détient les grands journaux... Si l'on additionne les décrets de fichage parus en décembre, mis bout à bout, cela va être l'enfer pour la société ! »

Et Daniel, secrétaire de la LDH, de poursuivre : « L'un des articles (1 bis A), interdit les abris de fortune dans des lieux désaffectés, rien n'est fait pour diminuer la pauvreté et offrir un toit à chacun ! Fini aussi la possibilité de vérifier la maltraitance animale dans les locaux agricoles. »

Christian, de la Libre pensée 71, ajoute : « Il y a des dangers pour la liberté, cette loi va remettre également en cause la liberté d'association. Il faudra signer une charte de la laïcité ou des principes laïcs. On estime que les associations ont le droit de se réunir comme elles l'entendent à partir des statuts qu'elles ont rédigés. En cas de problème, il existe déjà des lois bien suffisantes pour faire la police, en particulier la loi de 1905, chapitre 5, il y a la police des cultes, il suffit de l'appliquer. Le gouvernement profite de l'état d'urgence sanitaire pour faire passer des lois anti-démocratiques remettant en cause la liberté d'association et celle de pouvoir manifester. »

Enfin, Patrick, membre du mouvement pour une alternative non violente, conclut : « Cette loi est un processus qui va susciter une méfiance envers les associations, des groupements de citoyens et à la limite, de tout citoyen. Petit à petit, on fabrique des outils qui, s'ils tombent dans les mains d'un gouvernement encore plus autoritaire que celui-ci, seront incontrôlables ! »

Plusieurs organisations, dont la Ligue des Droits de l'Homme, ont saisi le Conseil constitutionnel, jugeant certains articles anticonstitutionnels.

M.A.