Le match vu par le speaker - la chronique de Rémy Mathuriau, à dévorer d'un bloc… et sans modération !

 

Epoupa-Miyem le duel des internationales (c’est la dure lutte finale)

Les deux joueuses de l’équipe de France avaient reçu le matin même leur passeport à la préparation de l’EuroBasket (17-27 juin). Bravo les filles. Ce face-à-face allait-il péter le feu ? On s’y attendait un peu. Olivia, en partance pour Montpellier, se la jouait charnaysienne pour la dernière fois. Beaucoup de supporters auraient aimé te voir jouer au Cosec. Cette saloperie de virus en aura décidé autrement. Mais tu as su apporter ton expérience et ton niveau de jeu à la cause du Cbbs. Merci à toi. Plein de bonnes choses pour la suite. Endie Miyem elle, rentrait de Hongrie, avec son équipe des Flammes Carolos de Charleville-Mézières, suite à leur beau Final Four lors de l’Eurocup, où elles terminent malheureusement au pied du podium. Mais quel beau parcours tout de même. Chapeau. Chapeaurait être mieux, mais chapeau quand même.

 

A présent, le futur qui composait le passé est imparfait

Le Cbbs jouera cette rencontre sans pression, étant donné que le maintien est assuré depuis quelques matchs. Mais terminer sur une bonne note serait sympa, et ferait plaisir à tout le monde. La Pinkie Gabby Greene, qu’on n’a pas vu depuis fin 2020, va pouvoir enfin jouer. A part, le départ officiel d’Olivia, et l’arrivée de deux nouvelles joueuses (Maïa et Joanne), rien ne filtre quant à la composition de l’équipe 2021-2022. Comme disait ma grand-mère : tout vient à point à qui sait attendre. Ce que je vais donc faire, et comme dit mon pote campeur, je vais rester dans la tente, et même dans la plus grande des tentes.

Comme je disais donc plus en amont, avant de redescendre plus à l’aval, pas d’enjeu majeur pour le Cbbs. Par contre, il reste à Charleville encore quatre rencontres à jouer, huit points, et des places à grappiller au championnat. Les Flammes ne viennent donc pas pour rigoler, mais pour mettre le feu au Cosec. D’ailleurs les pompiers, lance en main, se tiennent prêts à éteindre l’incendie. Ils ont pompiers, bon œil.

 

Un par un, ou deux par deux (comme Gérard)

Le Conseil départemental de Saône-et-Loire, représenté par Florence Battard est le parrain du match. Coté pronostic, c’est le domaine Rémy (joli prénom) Passot & Fils de Chiroubles qui récompensera le vainqueur du concours. Merci à tous. Et rendez-vous à la rentrée.

 

Bon allez, qu’est-ce qu’on attend pour y aller

Ben ! Un coup de sifflet arbitral, et c’est parti pardi pour quarante minutes de basket de haut-niveau (à bulle). La rencontre démarre par deux paniers de Vionise du Cbbs (4-0). Les Carolos répliquent (ploc). Cinq minutes défilent (10-10). Les Flammes prennent l’ascendant pour la première fois (10-12), grâce à la doublette Bouderra-Akator qui enquille les points, aussi facilement que l’infirmière qui m’a vacciné contre la Covid cet après-midi.  Les fautes pleuvent sur les Pinkies aussi fort qu’un orage de grêle sur les vignes bressanes. Reste moins de deux minutes dans ce premier ¼ temps, et les Ardennaises mènent de dix points (10-20).

Coralie Chabrier ne rate pas ses lancers-francs. Mais en face, Amel Boudera envoie le premier 3 points de cette rencontre (12-23). Comme on dit à Vouglans, y’a pas le feu au lac, mais… Le temps de boire un coup, et le second ¼ temps, de cette série qui en compte quatre, débute. Vionise, Olivia, Promise, et Gabby, se la jouent Thiéfaine et ne s’en laissent pas conter. Et elles passent un 9-0 à des flammes éteintes, en moins de temps qu’il n’en faut pour confondre un Milan-San Remo, avec un bilan sans Rémy. Les mouches changent d’ânes pour un moment.

Mis à part un panier de Meighan, les deux équipes jouent au jeu du fonctionnaire, que vous connaissez désormais, et dont je rappelle encore la règle. Le premier qui bouge a perdu. Les dix joueuses se transforment donc en statue de sel pendant quasi quatre minutes. Par contre, les statues de sel ne donnent pas de piquant à cette rencontre. C’est la flamme Evelyne Akator qui joue avec le feu, perd, et du coup met 2+2 ce qui fait quatre points de suite, avant que Coralie Chabrier referme le dossier première mi-temps (27-32). Ce second ¼ temps est pour les Pinkies. Bravo les filles. Encore un effort. Il reste 20 minutes avant les vacances.

 

Reprise du match après 25 centièmes d’heure de pause

Coté charnaysien, Gabby marque d’entrée, avant que les Flammes fassent feu de tout bois, pour s’éloigner au score en moins de temps qu’il n’en faut à un ami des animaux pour prendre son élan et entrer dans un bar. Tout sourit aux Ardennaises, qui ont dû se gaver de bayenne et de cacasses à cul nu dans les vestiaires. L’expérience cause, l’adresse est présente. La rencontre se déroule que sur une moitié de terrain. Les Pinkies, qui n’y voient que du feu, regardent leurs adversaires déroulant leur basket. Les protégées de Romuald Yernaux passent un 18-0 aux protégées de Matthieu Chauvet (29-50). + 21 points, ça pique les yeux. Au bout de cinq longues minutes, Meighan, la main chaude, propulse un trois points, dont elle seule a le secret. Jessica Mavambou l’imite, mais à 2 points.

Mine de rien (ou de ce que vous voulez), l’écart se resserre, mais pas longtemps. Les Flammes libérées passent à + 22 (34-56). L’affaire ne va pas être simple pour des Pinkies en peine. Mais la partie n’est pas finie, j’y mettrais ma main au feu. Sixtine marque suivie de l’artilleuse Meighan qui fait parler la poudre à 3 points. Mais un jour, une flamme, comme le chante si bien Pagny, en l’occurrence Akator, veille au grain comme une mère poule sur sa couvée. Les Carolos ne lâchent rien, les Pinkies s’accrochent au score. La jeunesse Sixtine et Jessica marquent des pions, et le buzzer bippe sur le score de (48-63). -15. Tout redevient possible, tout redevient réalisable. Encore dix minutes avant les vacances.

 

Flammes, flammes, flammes aurait chanté Serge Lama (Delon)

On boit un canon, on s’essuie le front, on resserre les boulons, et on redémarre pour les six cent dernières secondes de cette dernière rencontre de ce championnat 2020-2021. Olivia marque, Sixtine aussi. -11 pour Charnay qui n’en demandait pas tant. Promise réussit deux lancers-francs, alors que Meighan, la propulseuse qui décidément a le feu sacré, envoie un 3 points venu d’ailleurs (57-63). De -22, on passe à -6.

A ce moment-là, malheur à tous ceux qui ont quitté leurs écrans, en se disant que c’était foutu. Les joueuses de Charleville n’en reviennent pas et manquent d’adresse devant une telle insolence pinkiesque. Amel Bouderra marque un panier. Vionise marque quatre points d’affilée (de sardine), et le score revient (62-65). La remontada digne du Barça face au PSG en 2017 est lancée. Malgré les deux points de Sy Diop, le tableau d’affichage annonce 67-67, suite à un 3 points de Promise Amukamara du Cbbs. Il reste cinq minutes et des brouettes. Meighan ne tremblotte pas pour ses deux lancers francs, suite à une faute d’Endie Miyem. Les Pinkies passent devant au score (69-67).

Il reste cinq minutes toutes rondes. L’affaire ne va pas être simple. Verra-t-on un retour des Flammes (merci Alain). Où sont les flammes ? Comme le chantait si bien Patrick Juvet qui est le sosie officiel de la première dame de France. Coralie fait grimper le score à +4 (71-67). Vionise enfonce le clou comme un charpentier dans de la volige (73-67). Dis donc, ça ne sentirait pas un peu le grillé du côté des Flammes ? Voire le cramé. Il reste un peu plus de quatre minutes. C’est long et court à la fois. Ça peut basculer comme d’un rien.

Mais tout feu, tout flamme, la Carolo Yvonne Turner réussit un deux points. Suivit de Marie Sy Diop (73-71). Akator réduit le score au plus près (73-73). La tension se tend, mon pouls bat à au moins 300/minutes. Je m’évanouis, et tombe à terre. Une infirmière à moustache arrive à grandes enjambées, et veut pratiquer le bouche-à- bouche. Je me réveille à temps, et esquive la tentative osée. Me voyant allongé, Matthieu Chauvet en profite pour demander un temps-mort. Le money-time va être chaud. Il va falloir tout ça pour mettre le feu aux poudres. A 57 secondes Akator marque 2 points. Vionise prend sa cinquième faute et sors accompagnée de quelques applaudissements. Bravo à toi Vionise et thank you.

Meighan chope la balle orange (tes affaires), pour la balancer avec succès hors du cercle (76-75). L’aiguille de mon tensiomètre pète, et sort violemment du boitier. Voulant fermer le volet Cbbs, Amel Bouderra met 2 points (76-77). Ce qui ne fait pas les affaires des Pinkies, ni du Cbbs tout entier. 13 secondes s’affichent au compteur, et Matthieu redemande un temps-mort. Ce sera le dernier de cette rencontre à multiple rebondissements. L’inarrêtable Meighan, excellente à 3 points, l’est également à 2 points, et le prouve (78-77). Il reste cinq secondes. La Carolo Tima Pouye fait une faute. Promise la convertit en 1 point. La sonnerie retentit, et annonce la fin de ce match de folie furieuse (79-77). Le banc charnaysien debout depuis un moment exulte et saute de joie.

Elles l’ont fait. Elles ont vaincu. Et en beauté, avec volonté et persévérance. Que c’est beau.  Quelle émotion. Le dernier ban bourguignon retentit dans ce Cosec désert. Comme il n’a pas été sage, on l’a privé de désert. C’est une nouvelle page du Cbbs qui se tourne. 2020-2021 est terminé, vive 2021-2022. Merci à Matthieu, à Lucas, et à tout le staff. Merci à cette équipe qui a alterné le bon et le moins bon cette saison. Des joueuses vont rester, d’autres vont partir, et d’autres encore vont arriver. Du boulot pour les coachs et les dirigeants afin de nous préparer la meilleure équipe possible. Merci à tous et toutes de nous avoir suivis sur Mâcon Infos, qui n’hésitera pas à vous tenir au courant des dernières actus du Cbbs.

 

Duel des scoreuses : Meighane 18, Promise 10, Olivia 5, Sixtine 8, Prescillia 4, Vionise 17, Coralie 6, Jessica 7, Gabby 4 et Marianne 0 pour le CBBS.

Boudera 18, Miyem 5, Soufflet 0, Sy Diop 7 : Cado 0, Turner 2, Akator 22, Diallo 11, Nared 0, Pouye 12 pour les Flammes Carolos Basket Ardennes

 

 Rémy Mathuriau