Le match vu par le speaker - la chronique de Rémy Mathuriau, à dévorer d'un bloc… et sans modération !

 

Asvel-Cbbs ou Cbbs –Asvel, le déplacement le moins onéreux pour les 2 clubs

Allez, soyons fous, quinze lieues maxi séparent les deux clubs quasi voisins, à une frontière départementale près. La rencontre la plus écologique au niveau du championnat, question bilan carbone. Les lionnaises (non ne contactez pas Mâcon Infos pour faute, c’est une contraction des deux entités) s’étaient remplies une attestation pour besoin impérieux, et hop direction la belle région mâconnaise.

 

L’Asvel, l’Asvel, c’est bien beau, mais y’a qui qui y joue ?

Ben, des pointures qui se la jouent internationales du style, les deux Marines : Fauthoux et Johannes, et la trentenaire Helena (sans accent) Ciak. Et leur Président n’est simplement que Tony Parker, un mec un peu connu dans le milieu du basket franco-américain, et qui investit légèrement dans le milieu sportif rhônalpin. Salut Tony, on s’appelle !

 

La fin de saison est proche

Cette saison 2020-2021 qui pour un peu, a failli ne pas se dérouler pour les raisons que vous connaissez. Mais qui s’est déployée cahin-caha en démarrant à la bourre, et dont tous les matchs se sont rattrapés en décalant, reportant, repoussant les dates des rencontres.

Pour exemple, hier soir se déroulait la douzième journée. Bref, on tient le bon bout, et ça devrait aller au final de ce championnat. Toujours pas de public dans les gradins vides de tout. Vivement qu’on soit tous vaccinés, et qu’on se retrouve en septembre. Car je ne sais pas si on pourra survivre à la même crise deux fois (Bof). FJA Motors cher à mon copain Fabien, et les Déménagements Fiolet chers à mon pote Dome, étaient les parrains du match du soir. Coté concours de pronostics, ce sont le Domaine Sangouard de Leynes et le Château des Gimarets du Moulin-à-Vent qui s’y sont collés. Les rares personnes présentes ont pu se rendre compte que Cécilie Nicolas avait une magnifique auréole au-dessus de la tête, ce qui confirmait qu’elle était en sainte. Au moins pendant la rencontre !

 

Et c’est parti pour 4x10 minutes ou quarante minutes de basket (c’est vous qui voyez)

D’entrée de jeu, les Pinkies récupèrent la balle orange, et sous l’impulsion d’Olivia Epoupa marquent le premier missile à 3 points en moins de trois secondes. Les Asveliennes essaient de répondre à ce premier panier, mais Marine Johannes rate son lay-up. Sixtine Macquet récupère, passe à Olivia qui passe à Meighan, qui passe à Olivia, puis à Cap’taine Lezin, qui marque aussi à 3 points, en bondissant à 2 mètres de haut. Quatre fautes tombent sur les joueuses du Rhône en moins de trente secondes, ce qui arrange les Pinkies qui n’hésitent pas à transformer. 8 lancers-francs de suite réussis (14-0). Ce qui vous en conviendrez est de bon thon.

Un premier temps-mort est demandé par Valéry Demory, histoire de resserrer les boulons de son équipe préférée, et qui leur demande gentiment d’enclencher le turbot. Message capté par les Asveliennes, qui vont de l’avant, et qui marquent leurs premiers points à moins de quatre minutes du buzzer. Vionise en profite pour marquer avec ses pieds dans la position du poirier. Comme si c’était une farce, la table de marque coince un peu. Le score du tableau d’affichage ne correspond pas à la feuille de marque. Le match est à la raie, suite au temps-mort demandé par le corps arbitral.

Comme il est déjà tard, j’en profite pour faire griller quelques morceaux de poisson sur mon barbecue de poche. Appareil très pratique, qui au lieu de recracher des fumées nocives dans l’air, les transforme en énergie, avant de les envoyer par Wifi dans ma Zoé garée sur le parking du Cosec. Bravo le progrès. J’accompagne le tout avec des brochettes de petits pois, qui comme tout le monde le sait, sont rouges.

L’affaire de la table de marque est réglée, les affaires reprennent au bout de treize minutes. Je termine mes filets de merlu, range mes couverts qui sont bleus, en profite pour mettre une plie neuve dans le micro. Les joueuses des deux équipes reviennent sur le parquet, fraiches comme des gardons. Les Charnaysiennes ne lâchent rien. Deux nouveaux paniers à 3 points sont inscrits. Ça marque peu coté Lyon et beaucoup coté Charnay (37-8). Les meneuses mènent, les marqueuses marquent, les shooteuses shootent, les intérieures entrent, et les ailières sortent. Promise s’amuse à marquer de la tête. C’est du beau jeu (comme dans le Beaujolais). Les Lionnaises ne savent plus où donner de la crinière. La domination est coté panthères roses, malgré le fait que ces deux équipes soient félines pour l’autre.

Et le show continue. Les Pinkies se jettent sur tous les ballons comme des piranhas morts de faim sur un poisson rouge d’aquarium. Elles n’en finissent plus de marquer en exécutant des saltos avant ou arrière, dignes du cirque Amar. D’où le fameux : pose tes deux pieds en Amar, c’est la chenille qui redémarre. Malgré cette débâcle, les lionnaises qui ont les crocs, s’accrochent au score comme de la vigne vierge sur un mur de mas normand. La tension est palpable. J’en profite pour prendre la mienne qui est plus proche du triphasé que du monophasé. Biiippp. Le buzzer buzze la fin de cette première mi-temps sur le score de 58 à 20. + 38 au bout de 20 minutes, ça cause. Les Pinkies sont vraiment comme des poissons dans l’eau. Mais un match de basket n’est jamais terminé.

 

Pendant les quinze minutes de repos réglementaires et obligatoires

Pris d’un motif impérieux, je me signe une attestation, et je file aux toilettes. Personne n’est au bar accoudé (bar accoudé !, comme le chantait si bien Claude François). Qui je le rappelle est décédé noyé, puisqu’il a été emporté par le courant. Vivement septembre et qu’on retrouve la buvette pleine de supporters et trices assoiffé(e)s.

 

Reprise du match

Les dix adversaires reviennent sur le terrain, remontées comme des pendules à treize coups. Prêtes à retourner au combat. Les Lionnaises ont dû prendre une chasse (ou un safari) par leur coach, car elles plantent cinq paniers à 3 points consécutifs devant des Charnaysiennes médusées. Elles sont partout en même temps, prennent les Pinkies dans leur filet, et reviennent à - 10, en moins de temps qu’il n’en faut à une basketteuse de grande taille pour se transformer en Joséphine Ange gardien par mi-mimétisme (78-68).

Matthieu Chauvet tape du pied, prend quatre temps-morts de suite. Les arbitres acceptent. Les Rhônalpines raccrochent, les Charnaysiennes décrochent. A ce moment, j’imagine un double visage de schizophrène. Et comme chacun sait : c’est quand le schizophrène que le coiffeur ralentit. Le coach adverse, Valéry Demory rit, alors que le coach charnaysien utilise un porte-voix pour remotiver ses troupes en perte de vitesse. Ses joueuses qui ne l’entendent pas de cette oreille, opèrent un demi-tour, afin de mieux l’entendre de l’autre. Ce qui a un effet digne d’Annie Duperey chez Audika. Et elles réattaquent bille en tête. Les baskets chauffent tellement le parquet qu’il finit par s’enflammer. Les pompiers de Paris l’éteignent. Que va-t-on faire de toutes ces sandres ?? (95-94).

La table de marque recoince un coup. Un nouveau temps-mort est demandé par les arbitres. Alors que les spécialistes se penchent sur ce nouveau souci, je balance un peu de musique. Je pense un moment à la Marseillaise de Rouget de Lisle, mais je me rabats (comme au Maroc) sur la Truite de Schubert. J’en profite pour faire griller deux magrets de canard, que j’ai trouvé sur un site de vente entre particuliers : le bon coin-coin. Du coup, ce n’est plus un canard Ebay.

Vingt-six minutes plus tard, la partie reprend de plus belle. Les grandes girls en rose frétillent, alors que les Asveliennes nagent en eaux troubles (114-100). Marianne Boithias qui vient de rentrer marque 2 points sous les applaudissements des rares personnes présentes. Les deux équipes sont aussi différentes que le sont la belle et l’ablette. Il reste moins de soixante secondes de jeu. Il sera désormais plus simple de trouver une anguille dans une meute de chiens, que de voir le score évoluer. Coup de sifflet final.

Le ban bourguignon retentit dans cette salle vide accompagné par les voix russes des chœurs de l’Armée rouge de passage au Cosec, pendant que la Patrouille de France évolue en rase-mottes au plafond du Cosec. Et… et .. Je me réveille de bonne heure. On est le 1er avril, et nos Pinkies se sont inclinées hier soir 54-80. Mais que mon rêve était beau.

Bon week-end à tous, et comme le déclare facilement le croisiériste Fred Esquerre : pourvu que ce soit un week-end de Pâques beau.

 

Prochain match à domicile : Les Pinkies recevront Bourges mardi 6 avril même endroit, à 15 h 30. Et ce samedi elles se rendent à St Amand les Eaux pour un match à surtout ne pas rater. Je croise les doigts.

Duel des scoreuses : Meighane 12, Promise 8, Mikaela 4, Olivia 12, Sixtine 5, Prescillia 7, Vionise 2, Coralie 2, Jessica 0, et Marianne 2 pour le CBBS.

Fauthoux 16, Raincock Ekunwé 4 : Tanqueray 0, Ciak 10, Svrendakic 7, Jocyte 4, Plouffe 14, Johannes 7, Akoa Makani 2, Chevaugeon 14, Rabot 2 pour l’Asvel Féminin

 

Rémy Mathuriau