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Les policiers demandaient du renfort pour soulager quelque peu leur quotidien et assurer une meilleure prise en charge des victimes. Ils l'ont obtenu, à temps partiel pour l'instant. Maëva Piroddi intervient depuis un an, pour 30% de son temps, en tant que intervenante sociale spécialisée dans les violences intra-familiales (VIF), en commissarait et en gendarmerie (ISCG).

30%, c'est peu, mais c'est un début. Elle souhaite évidemment que les choses évoluent vers une présence quotidienne, car les cas de violence intra-familiale sont complexes et très diverses.

On le sait aujourd'hui, elles touchent tous les milieux et majoritairement les femmes, même si la parole des hommes victimes tend aussi à se libérer.

« Ce qui est important et même essentiel, c'est la prise en charge des enfants, pour éviter qu'ils ne reproduisent à l'âge adulte » souligne-t-elle. « L'enfance est le terreau sur lequel peut se développer la violence. De nombreuses situations trouvent leurs causes dans une enfance témoin de violence entre les parents. Les enfants sont évidemment des victimes, même si les coups ne sont pas portés sur eux » indique-t-elle.

Son rôle, quand une main courante ou une plainte sont déposées, est d'orienter la victime vers les associations ou professionnels partenaires. CIDFF, psy, avocat, AMAVIP etc. Plainte et main courante sont déposées auprès des gendarmes et policiers, qui lui sont transmises. Le contact et l'échange sont ensuite réalisés par téléphone ou en rendez-vous physique, au commissariat ou à la gendarmerie.

« Le fait d'intervenir en commissariat et gendarmerie permet d'aller vers les victimes, ce qui n'est pas le cas dans les institutions traditionnelles qui s'occupent de ces personnes. C'est une position qui permet d'être plus direct. Cela renforce ma légitimité aux yeux de la victime. »

Le cycle de la violence

S'il n'y a pas de cas type, il y a un mode opératoire de l'auteur qui revient assez souvent. D'abord, il met en confiance la victime. Ceci se traduit souvent par une extrême gentillesse. Puis il isole sa compagne et installe un contrôle qui passe par des propos déresponsabilisants, qui conduisent à la perte d'autonomie. « Tu n'as pas besoin de travailler, j'assure. » « Pourquoi fais tu cela, ce n'est pas la peine. » C'est le phénomène de l'emprise qui s'installe insidieusement.

Après les coups, il y a la période de « lune de miel ». L'auteur des violences se confond en excuses et déclare à nouveau sa flamme en disant que ça va changer. Mais avec le temps, la période de « lune de miel » est de plus en plus courte.

Rappelons que deux appartements sont mis à disposition par l'Agglomération MBA sur le territoire pour les personnes victimes en situation d'urgence. Deux appartements qui font fonctions de LEAO, lieu d'écoute, d'accueil et d'orientation – PEP 71. Il sont mis à disposition par le réseau VIF.

Contact : 06 70 34 12 70 – leao.macon@pep71.org.

Contact ISCG : isgmba@pep71.org - 06 21 89 69 14

Maëva Pirrodi appelle de ses vœux des moyens supplémentaires pour la prise en charge des enfants, avec notamment un espace de parole qui leurs serait dédié.

Rappelons également l'existence de l'accueil de jour départemental à Chalon, joignable au 03 85 41 42 42.

R.B.