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À l'heure où la date de reprise de la compétition est encore repoussée, le président de l'AS Mâcon a accordé quelques instants à macon-infos pour évoquer la situation du club et répondre aux polémiques. Entretien.

 

L'affaire Noirot, comment l'avez-vous vécue ? 

Je ne vais pas m'étendre là-dessus. Tout a commencé quand j'ai reçu un courrier en recommandé de sa part. J'ai été heurté par la façon de faire. Il a été difficile ensuite de nous entendre. Vous connaissez la suite. Il a démissionné et le Conseil des prud'hommes a condamné le club, mais nous avons introduit une procédure en appel. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas d'animosité particulière aujourd'hui, je ne lui en veux pas, il a été un bon entraîneur. Mais quand on m'attaque, je me défends. 

 

Autre polémique, la subvention de la Ville de Mâcon. Au dernier conseil municipal, il en a été question, ce qui a fait réagir l'opposition, subvention jugée disproportionnée. Que répondez-vous ? 

Je ne fais pas de politique. Nous sommes subventionnés à hauteur de 445 000€ en temps normal, comprenez hors crise sanitaire. La subvention proposée au dernier conseil a été votée favorablement par 33 élus sur 39. 

Il faut avoir à l'esprit que nous sommes considérés par l'Etat comme un club amateur alors que nous avons un fonctionnement de club professionnel. Nous avons toutes les charges d'un club pro à nous acquitter, sans avoir les aides de l'Etat pour compenser les pertes de recettes liées à la billetterie, à la buvette et la vente d'articles du club du fait de l'arrêt de la compétition. Pour traverser cette crise sanitaire, nous pouvons compter en effet sur la Ville de Mâcon, ainsi que sur le Département et l'Agglomération. 

 

Les subventions sont une part importante du budget global du club ?

Oui, bien sûr. Mais ce n'est évidemment pas la plus importante. En période normale, hors crise entendons-nous bien, nous sommes en auto-financement pour 78% du budget, qui dépasse les 2 millions d'euros. Nous faisons vivre 47 personnes ! Et l'avenir est très incertain. Elles bénéficient toutes du chômage partiel aidé par l'Etat à hauteur de 84%. 

Ces 78% sont autofinancés par les partenaires privés, grâce aussi aux bénévoles qui s'occupent de la billetterie et de la buvette, et grâce aux dirigeants qui se bougent pour faire de ce club ce qu'il est. L'AS Mâcon ne serait pas ce qu'elle est sans eux, je le répète et je salue l'engagement de tous ces gens dévoués. Je me dois d'être bienveillant avec tous. 

Les 22% de subventions accordées en année normale le sont par les collectivités Ville, Département et Région. 

En matière de finances, cette crise aura mis en lumière les limites du système de la Fédérale 1. Beaucoup de clubs considérés comme amateurs par l'Etat vont se trouver en difficulté quand l'Etat ne sera plus là avec le chômage partiel. L'incertitude est vraiment pour l'avenir, pour l'après crise, quand tout va reprendre son cours normal. 

Suite au 1er confinement, les pertes pour le club s'élèvent à 300 000€. Cette fois, on sera autour de 400 000€...

 

La plainte pour viol, qu'en avez-vous à dire ?

Rien, la justice fait son travail. Je n'ai pas été convoqué par la police. On m'a tenu au courant par un coup de téléphone. J'étais malade du covid à ce moment-là, covid qui m'a beaucoup fatigué pendant plusieurs semaines et m'a obligé à m'absenter tout ce temps. 

Permettez-moi néanmoins d’avoir une pensée pour cette jeune fille et ses parents. C’est un moment difficile et douloureux, j’en ai parfaitement conscience, je suis moi-même père de filles. Je lui souhaite de se remettre de tout cela et de pouvoir tourner la page rapidement.   

Quant à la soirée organisée dans les locaux du centre de formation, vous pensez-bien que personne n'était au courant. Nicolas Pommerel, le responsable du centre, a exclu les deux jeunes organisateurs pendant deux semaines. Il m'a immédiatement informé de cela. À mon retour, nous avons prononcé une exclusion temporaire, jusqu'à nouvel ordre.

 

Vous craignez une fermeture du centre ?

Non, absolument pas. L'organisation de cette soirée est une chose, la plainte pour viol en est une autre. Nous avons pris des sanctions comme je viens de le dire. Le tapage médiatique autour de cette affaire est totalement disproportionné. Qu'on donne une information, c'est la moindre des choses. Qu'on en fasse des Unes alors que le mis en cause a été libéré de sa garde à vue, c'est faire du sensationnel. 

 

Sur le plan sportif, qu'en est-il des joueurs, comment vont-ils ?

Nos joueurs vivent tous du rugby, ils sont en contrat d'apprentissage ou en contrat de professionnalisation et sont tous au chômage partiel. C'est dur. Ils ont du mal à se mobiliser, à trouver l'entrain, c'est bien compréhensif. Mais ils s'entrainent, chaque semaine depuis la reprise. 

L'un d'entre eux vient de partir à Nevers, qui évolue en ProD2 et donc qui joue, avec notre accord, pour pouvoir jouer et récupérer le manque à gagner sur son salaire. 

Quand on peut les aider de cette façon, on le fait. Ce sera d'ailleurs une constante avec le club de Nevers dans les prochains mois : travailler en partenariat pour des échanges de joueurs. Il faut se serrer les coudes entre Bourguignons, c'est ce que nous avons fait pour Philip Du Preez. Nevers avait besoin de renforcer sa 2ème ligne, nous avons donc conclu un accord avec Régis Dumange. Philip reviendra en juillet. 

 

Qu'en est-il également des partenaires aujourd’hui ?

Notre Cap XV compte 370 entreprises partenaires. Pour l'heure, tout est en suspens. 

Actuellement, il est bien difficile d'aller taper aux portes pour demander quoi que se soit. Nous ne pouvons faire guère autre chose qu'attendre. Les commerciaux sont au chômage partiel. 

Nous avons la date du 7 mars comme date de reprise. Il n'y aura sans doute pas de phase finale, mais il y aura des matchs avant la fin de saison, c'est la seule chose qu'on peut dire aujourd'hui.

 

Propos recueillis par Rodolphe Bretin