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En préambule à la présentation de la saison au grand public ces 11 et 12 septembre, l’équipe de la Scène nationale de Mâcon a dévoilé, au cours d'une rencontre avec la presse, les moments forts de la saison qui va commencer. La directrice a aussi évoqué la situation financière du théâtre après le confinement.

 

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La rentrée du théâtre est pour beaucoup de gens comme une rentrée des classes. Elle symbolise le fait que nous recommençons à vivre, même masqués. Je pense que l’art, le spectacle vivant tout particulièrement, fait partie de la solution à cette crise, pour le monde d’après. Je suis confiante dans notre caractère nécessaire pour beaucoup de gens. Je l’ai constaté dans les messages reçues pendant le confinement. De nombreux spectateurs ont fait don de leurs places suite à des annulations en renonçant au remboursement des billets. C'est un signe d’attachement des spectateurs à ce théâtre. Je l’ai constaté aussi lors des inscriptions pour les soirées de présentation de la nouvelle saison, j’ai vraiment l’impression que le théâtre représente quelque chose d’essentiel pour les gens.

Laurence Terk, directrice du théâtre

 

Une saison qui propose 9 spectacles de théâtre, 8 de danse, 5 de cirque et magie, 4 créations autour des arts visuels, 9 concerts de musique (opéra, chanson française, musique classique, fanfare balkanique) et spectacles de théâtre musical.

Comme d’habitude, le public aura la possibilité de découvrir des compagnies et artistes français, mais également étrangers (Maroc, Roumanie, Algérie, Etats Unis, Tunisie, Burkina Faso). « C’est une pluridisciplinarité revendiquée avec, cette année, une forte imprégnation plastique, une forte présence des matériaux au-delà de la présence corporelle, le son, la voix » a déclaré la directrice.

Elle a choisi de parler des rendez-vous à ne pas manquer de cette saison, à commencer par le spectacle de cirque « Fiq ! » (Reveille-toi ! en arabe), création d’une compagnie marocaine (Le groupe acrobatique de Tanger) les 1er et 2 octobre.

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« Fiq ! » Crédit photo : Hassan Hajjaj

« Cette compagnie, qui est déjà venue à Mâcon, revient avec 15 nouveaux artistes et un spectacle avec une nouvelle mise en scène pour laquelle elle a fait appel à la réalisatrice Maroussia Diaz Verbèke, à un DJ (DJ Key) qui produira la musique en direct, et à un célébrissime photographe et styliste marocain pour la conception scénographique et les costumes, Hassan Hajjaj. Ce spectacle est un peu à l’image de la saison, multicolore ! »

Une autre représentation d’exception sera une magie performative, « A vue » (trois représentations le 15 et le 16 décembre), de la compagnie « 32 Novembre » (Maxime Delforges et Jérôme Helfenstein, aidés par 4 complices) : « C’est un spectacle performance autour de la déconstruction de tours de magie. On peut croire que la magie se perd, mais ce qui se passe, c’est le contraire. C’est notre cadeau pour Noël, qui fera le bonheur des petits et des grands. »

« La Chute des anges » (25 mars) est un autre spectacle de cirque recommandé par Laurence Terk : « Raphaëlle Boitel revient à Mâcon avec un spectacle magnifique, même si il est assez sombre. C'est quasiment une pièce d’anticipation dans une ambiance très cinématographique, majestueuse, lunaire. »

 

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Michel Fau est George Dandin

En ce qui concerne les représentations théâtrales, la proposition de la saison est très variée. « Nous proposons d’abord du Molière dans un spectacle George Dandin ou le mari confondu (8 avril) signé Michel Fau avec de la musique baroque d’origine et des costumes d’époque créés par Christian Lacroix. Le public sera comme à la cour de Louis XIV. »

 

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Chiens de Navarre Crédit photo : Ph. Lebruman

« A l’autre bout du spectre, le spectacle du collectif les Chiens de Navarre Jusque dans vos bras (6 novembre). C’est une troupe décapante qui utilise le rire pour mieux pulvériser nos angoisses et nos interrogations et creuser là où ça fait mal. Le collectif vient à Mâcon avec un spectacle dans lequel il s’interroge sur l’identité française. Et ce n’est pas pour faire de l’Eric Zemmour mais pour parler de sujets comme la colonisation ou l’accueil des migrants. »  

Deux autres « pépites théâtrales » de la saison mentionnées par la directrice de la Scène Nationale sont la représentation du théâtre de la Licorne avec L’homme qui rit (13 octobre), d’après le roman de Victor Hugo, (une adaptation en mode théâtre forain), et Toute nue (10 décembre), un spectacle de la compagnie Ex voto à la lune : « C’est une mise en scène de la célèbre pièce de théâtre de boulevard de Georges Feydeau Mais n’te promène donc pas toute nue qui est plus moderne que l’on croit. La metteuse en scène Emilie Anna Maillet montre cette modernité en insérant des scènes de couples du dramaturge contemporain suédois Lars Norén spécialiste des relations intrafamiliales et des vidéos en direct. »

 

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« Alonzo King Lines ballet » Crédit photo : RJ Muna

Parmi les spectacles de danse à ne pas manquer, celui de la compagnie américaine « Alonzo King Lines ballet » (3 décembre) avec une pièce pour 12 danseurs : « C’est une création en style néo-classique américaine, avec une chorégraphie raffinée, ample, ondulatoire, très sensuelle, dans une ambiance musicale jazzy. On est très fiers de les faire arriver de San Francisco, si tout se passe bien... Et si vous loupez le spectacle à Mâcon, il y en aura un autre au Creusot le 5 décembre. »

« En contraste avec ce spectacle, les autres rendez-vous autour de la danse sont très physiques et très rythmées : celui proposé par Héla Fattoumi, Eric Lamoureux et douze danseurs autodidactes venus de France, Tunisie, Maroc et Burkina Faso (Akzak, l’impatience d’une jeunesse reliée) ; la création burlesque des frères Christian et François Ben Aïm (Facéties) ; Gouâl de la compagnie de Filipe Lourenço et Plan-K autour d’une ancienne danse guerrière magrébine (l’alaoui) revisitée dans la grammaire de la danse contemporaine. »

Passionnément (10 novembre) est une autre création de danse contemporaine de la saison : « Maxence Rey se sert du texte Passionnément du poète roumain Ghérasim Luca pour lui donner corps, voix et musique. C’est une coproduction de la Scène Nationale de Mâcon. »

Le théâtre accueille aussi, comme tous les ans, la finale des Symphonies d’automne le 8 novembre, ainsi que le concert de l’orchestre symphonique de Mâcon sous la direction d’Eric Geneste A l’anglaise, le 27 février, autour des chefs d’œuvres de deux compositeurs britanniques renommés, Edward Elgar (XIXème siècle) et Benjamin Britten (XXème siècle).

« A mentionner aussi le concert de Cali, avec son prochain album Cavale (15 janvier), ainsi que la chanteuse franco-algérienne Souad Massi qui faisait partie de la programmation de l’année dernière et qui pourra enfin venir à Mâcon. »

« Nous terminerons la saison avec la fanfare roumaine Ciocârlia (L'alouette, en roumain ndlr) le 21 mai, en tournoi international pour son 25ème anniversaire. Nous ne pouvons pas vous proposer Bregovic, mais ces musiciens sont aussi bons. Ce concert sera un bon exutoire si nous arrivons au terme la saison » a précisé Laurence Terk.

 

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"Ca Dada" Crédit photo : Elisabeth Carecchio

Autres recommandations, les spectacles de la scénographe et réalisatrice Alice Laloy « une artiste prometteuse et elle mérite ce coup de pouce » : Ca Dada (22 janvier), pièce de théâtre inspirée par le mouvement dadaiste ; Death Breath Orchestra le 21 mars, un spectacle de musique et arts visuels autour d’un orchestre de cuivres qui répète pour un ultime concert grâce à un circuit de tuyaux reliés à un orgue et un poumon artificiel.

« Nous accueillons pour la première fois la plasticienne-scénographe Claire Bardainne et le jongleur-informaticien Adrien Mondot, avec Acqua Alta, le 20 novembre, un spectacle qui mêle les arts visuels à travers des techniques de manipulation d’images numériques et les arts vivants avec de la danse et de l’acrobatie. Deux installations sont proposées autour de ce spectacle pour vous aire vivre une expérience en réalité virtuelle et une autre en réalité augmentée. »

Le premier spectacle aura lieu dimanche 20 septembre, sur le parvis, devant le théâtre, avec la représentation de danse La figure de l’érosion de Nathalie Pernette avec les danseurs Lucien Brabec, Léa Darrault, Félix Maurin et Laure Wernly.

Le deuxième spectacle sera toujours hors les murs (23 septembre au Foyer rural de Crèches sur Saône et jeudi 24 septembre au Nid – Chardonnay) : La Green Box avec la compagnie « Le Théâtre la Licorne ».

Le 19 et le 20 septembre, la Scène Nationale participera aux Journées européennes du patrimoine en proposant des visites-découverte des locaux du théâtre.

 

Une situation financière pas trop catastrophique

La Scène Nationale de Mâcon a fait le choix de payer les artistes des 8 spectacles annulés (2 reportées sur cette saison) à cause de la pandémie, et de rembourser les spectateurs. En même temps, les mesures de l’état en faveur des entreprises (chômage partiel, exonération des charges sociales sur toute la masse salariale) ont limité la perte financière.

Au moment du confinement et de l’arrêt de l’activité, le théâtre de Mâcon avait déjà déroulé le gros de la saison avec un nombre de spectateurs équivalent à toute l’année précédente. Le Ministère de la Culture a décidé également de maintenir l’intégralité des subventions. « Nous allons terminer l’année avec un déficit de 20 000 - 30 000 euros que nous espérons combler si le public revient en grand nombre. Des clauses d’annulation à cause de Covid ont été inscrites dans les contrats avec les artistes et les compagnies. La situation est moins catastrophique que dans d’autres secteurs de l’économie, de la société » précise Laurence Terk, qui se dit plus inquiète plus pour l’état du bâtiment, nécessitant des travaux urgentes d’isolation thermique et de réparation des fuites au niveau du toit.

Des mesures de sécurité sanitaire 

Le port du masque sera obligatoire à partir de 11 ans y compris pendant les spectacles. Des désinfections de tout ce que les spectateurs pourraient toucher, notamment les fauteuils, seront faites après chaque représentation.

Par précaution, la direction a décidé de vendre uniquement deux tiers des places sur chaque rangée (en ce moment, la situation sanitaire dans le département permettrait d’occuper l’intégralité des places). En ce qui concerne les abonnements, l’achat d’abonnements par Internetest encouragé, même si sera toujours possible de déposer les bulletins d’abonnement au guichet.

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Cristian Todea