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Le Théâtre de Mâcon, Scène nationale, a accueilli mardi le spectacle « Désintégration » de Kheireddine Lardjam et de la compagnie El Ajouad*, réalisé à partir d’un texte de 2004 d’Ahmed Djouder sur la condition des Arabes en France.

La pièce a été précédée par un concert du musicien mâconnais Hocine Benameur, lui-même Français issu d’une famille d’immigrants algériens. Il aime mélanger la musique traditionnelle algérienne et les rythmes de musiques actuelles.

Après ce spectacle (dont la Scène Nationale de Mâcon est coproductrice), Kheireddine Lardjam a longuement échangé avec le public, un moment essentiel pour le metteur en scène.

ULe projet artistique est né de son désir de participer au récit national sur l’immigration en France : « Pour nous, pour moi, ce spectacle est un récit national. L’histoire de l’immigration de manière générale n’est pas enseignée à l’école. C’est pareil pour l'histoire maghrébine, italienne ou polonaise. Mais, toutes ces histoires, c’est l’histoire de la France que nous devons raconter ensemble. Écrire notre récit commun », a expliqué Kheireddine Lardjam.

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J’espère que ce spectacle va changer les regards. L’essentiel c’est l’acheminement. C’est notre travail, mais c’est aussi le travail de soi. 

Le spectacle est construit comme un enchaînement de monologues (extraits du texte d’Ahmed Djouder) sur la condition des Français issus de l’immigration arabe avec leurs défauts et leurs qualités, des traits décrits avec humour, ironie, mais aussi beaucoup d’indignation : « Dans le récit original d’Ahmed Djouder, il y avait pas mal d’anecdotes dans lesquelles on se retrouvait et beaucoup de critiques de choses que l'on vivait, que l'on n’osait pas nommer. Son livre dévoile tout cela. On a lu ce texte un peu partout dans les quartiers et beaucoup se sont reconnus. »

« Il existe énormément de spectacles, avec une génération d’artistes qui veut questionner l’histoire de la migration maghrébine en France. Certains spectacles ont un regard positif et montrent des personnages qui ont réussi. Je montre une autre chose et contribue ainsi à la diversité des points de vue. »

La façon violente de dire les choses rend la pièce « Désintégration » très incommode comme l’explique son auteur : « Je reçois des mails de directeurs de théâtre qui me disent avoir adoré mon spectacle, mais qu'il est difficile politiquement de le programmer. J’ai 20 messages de ce type. Le problème c’est qu’aujourd’hui l’Etat se désengage fortement de la culture en la laissant aux mains des collectivités locales ou des communautés de communes. Alors, il y a des élus qui jouent le jeu, d'autres moins. Mais je garde espoir. »

Cristian Todea

 

* Kheireddine Lardjam crée en 1998 à Oran (Algérie) la compagnie El Ajouad (Les Généreux). La compagnie se consacre à la découverte et à la diffusion d'œuvres d'auteurs contemporains arabes et occidentaux, du répertoire ou contemporains. La Compagnie El Ajouad est conventionnée avec le Ministère de la Culture (à travers la direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne Franche-Comté) et le Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté.

 

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Cédric Veschambre, Linda Chaib et Azzedine Benamara

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Hocine Benameur

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