La revendication des lieux-dits pour l’appellation Crémant de Bourgogne est officiellement reconnue ! C'est une page d'histoire qui se rouvre pour les vins effervescents de Bourgogne. Par arrêté ministériel du 2 septembre 2026, publié au Journal officiel, le cahier des charges de l'AOC Crémant de Bourgogne autorise désormais la mention d'un lieu-dit cadastré sur l'étiquette.
Cette reconnaissance est l'aboutissement de près de 15 ans d'échanges entre l’Union des Producteurs et Élaborateurs de Crémant de Bourgogne (UPECB) et l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO).
Les bulles de terroir, une tradition bourguignonne retrouvée
On l'avait presque oublié : du XIXe siècle jusqu'aux années 1930, la Bourgogne élaborait déjà des vins mousseux de terroir. De nombreuses maisons signaient leurs bouteilles du nom des parcelles et des lieux-dits d'où provenaient les raisins. Parmi eux des Climats, dont certains sont aujourd’hui des Premiers Crus en vins tranquilles.
Jusqu'en 1938, la Bourgogne demeure la terre des vins mousseux d'origine ou de dénominations parcellaires. Mais en 1935, la création du comité national des appellations d'origine change la donne en privant la Bourgogne du droit de revendiquer la moindre appellation contrôlée en vin mousseux.
Le principe de l'assemblage pour élaborer les cuvées est une règle partagée mondialement, y compris en Bourgogne mais la singularité bourguignonne n'est pas pour autant oubliée. Si la Bourgogne rend mousseux ses vins, elle ne renie pour autant ni ses principes ni ses fondamentaux. Un vin de Bourgogne demeure un vin de Bourgogne, avec sa propre logique, son histoire et son savoir-faire, bulles comprises.
En autorisant à nouveau la revendication du lieu-dit, l'appellation revendique que la bulle bourguignonne est, elle aussi, un grand vin de terroir.
Ce que change l'arrêté du 2 septembre 2026
L'étiquette d'un Crémant de Bourgogne peut désormais préciser le nom d'une unité géographique plus petite que l'appellation.
La traçabilité est assurée de la vigne à la bouteille. Les raisins de la parcelle sont identifiés dès la déclaration de récolte, puis suivis sur l'ensemble des registres de la cuvée, jusqu'aux déclarations de mouvements de stocks.
Cahier des charges de l’AOC Crémant de Bourgogne
Une nouvelle voie pour mettre en lumière la richesse du terroir bourguignon
« Cette reconnaissance vise à valoriser la diversité de l'appellation, à mettre en lumière ses terroirs d'exception et à accompagner sa montée en gamme », explique Pierre du Couëdic, délégué général de l'UPECB. Cette évolution ouvre aux producteurs une voie de valorisation inédite. Elle permet de mettre en lumière la diversité des sols et des expositions de la Bourgogne, jusque dans ses vins effervescents.
« Dorénavant, la bulle bourguignonne peut elle aussi parler de son lieu de naissance. Une indication de provenance en dit bien plus qu'un simple point géographique sur une carte. Un lieu-dit explique une topographie, une toponymie, une filiation de cultivateurs… en un mot : un terroir. L'enjeu n'est pas le volume, mais l'expression qualitative et précise du terroir d'origine. Après des années de travail avec l'INAO, nous retrouvons le droit de l'écrire sur nos étiquettes », Pierre du Couëdic, de l'UPECB.
A propos
Créée le 17 octobre 1975, l'AOC Crémant de Bourgogne réunit les vins effervescents élaborés selon la méthode traditionnelle sur les 8 vignobles bourguignons : Châtillonnais, Grand Auxerrois et Chablisien, Côte de Nuits, Côte de Beaune, Côte chalonnaise, Mâconnais et Beaujolais. L'appellation couvre 3 320 hectares (2023), soit une progression de 39 % en dix ans. Environ 1 700 viticulteurs produisent des raisins pour l'appellation et 138 maisons élaborent du Crémant de Bourgogne. L'appellation est défendue par l'Union des Producteurs et Élaborateurs de Crémant de Bourgogne (UPECB).