Communiqué du CAC (Collectif des Associations Citoyennes)

Les Soulèvements des jeunesses de cet automne 2026 se situent dans la continuité des Mouvements sociaux de ces dernières années. En s'affirmant comme actrices et acteurs autonomes de la vie politique, et en adoptant une forme joyeuse en appui à leurs revendications, les jeunes contestent une société qui ne leur offre aucun avenir. Au-delà c'est la base économique même de la société que ces Soulèvements mettent en cause. C'est à cela que correspondent les intimidations et les violences subies : annihiler toute perspective de changement de société en discréditant la forme à défaut de pouvoir y répondre sur le fond.

 

Mouvements sociaux, Soulèvements des jeunesses... une même aspiration

Nous assistons à une accélération des révoltes contre une société qui méprise la parole des jeunes, comme elle a méprisé celle des Gilets jaunes, des mouvements écologistes et de l'agriculture paysanne, des actrices et acteurs de la culture, du social et de la solidarité... Autant de secteurs massacrés, et de mouvements durement réprimés.

Les mouvements sociaux constituent toujours une irruption de la société civile dans le champ politique. Une démocratie ne se réduit pas aux institutions représentatives, ni aux périodes électorales. Elle se manifeste aussi, et essentiellement, par l'intervention directe du peuple dans l'espace public. Les Soulèvements des jeunesses font naître l'espoir d'un futur possible. Ils sont un appel à mieux vivre dans une société d'égalité, de justice et de paix.

 

Appel à soutenir les jeunes face à la censure illégale et la répression qu’elles et ils affrontent

Nul ne peut brider la liberté d'expression, de revendication, d'action et de manifestation, garanties par la Constitution. Ainsi, confisquer une pancarte pour prévenir un éventuel trouble à l’ordre public relève d’un usage disproportionné des pouvoirs de la police administrative.

Rien ne saurait justifier l’usage par les forces de l’ordre, contre les jeunes rassemblé.es pacifiquement, d’un arsenal répressif source d’affrontements, de blessures physiques et morales, et de peurs. Il est urgent d'interdire les armes mutilantes et les techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes.

 

Appel à échanger avec les jeunes pour construire un avenir

Les associations partagent la même absence de perspective que les jeunes qui ne voient plus d’avenir dans une société où la haine, le racisme, et la domination du pouvoir de l’argent annihilent tout projet de « buen vivir ».

Le Collectif des Associations Citoyennes appelle les associations à donner une place aux jeunesses en ouvrant les espaces associatifs pour échanger sur les préoccupations communes, les revendications,  et oser penser un avenir possible de justice et de solidarité.