Ce samedi, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Mâcon. Gilets jaunes, lycéens, retraités et citoyens de tous âges se sont retrouvés autour de revendications sociales, économiques et éducatives, avant de parcourir ensemble le centre-ville.
 
 
Des plus jeunes aux plus âgés, des gilets jaunes aux pancartes confectionnées à la main, la place de la Barre a accueilli ce samedi, dès 13 h, un rassemblement particulièrement intergénérationnel, qui s'est prolongé au cours de l'après-midi. Une véritable conjugaison des luttes et des revendications s'est dessinée, où petits et grands ont uni leurs voix pour exprimer un mécontentement commun, dans un élan de solidarité entre les différents mouvements. Une proximité illustrée par ces lycéens portant eux-mêmes des gilets jaunes, tandis que des manifestants plus âgés prêtaient une oreille attentive aux revendications de la jeunesse.
 
Différentes revendications
 
Parmi les participants, trois citoyens, un homme et deux femmes, ont exprimé leur exaspération face à la situation économique et politique actuelle. Hausse du prix du gazole, coût des courses, difficultés financières des ménages modestes : les motifs de mécontentement sont nombreux. Ils dénoncent un pouvoir politique qu'ils jugent éloigné des préoccupations quotidiennes des Français, évoquant un "entre-soi" et un "microcosme bourgeois". La répartition des richesses et l'utilisation de l'argent public figurent également parmi leurs préoccupations.
 
Sur les pancartes, plusieurs messages traduisent ce ras-le-bol : "Taxons les riches", sur une banderole de l'association Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne), ou encore "Carburant = vie, pas un luxe". Pour certains, les réponses politiques apportées aux difficultés financières demeurent insuffisantes : "Les miettes ne suffisent plus". La manifestation a également été marquée par la présence de nombreux lycéens mâconnais, récemment engagés dans un mouvement de contestation de leurs conditions d'études. Ces derniers ont dénoncé les difficultés rencontrées dans leur établissement, mais aussi les incertitudes liées à leur avenir et à leur orientation.
 
La plateforme Parcoursup a ainsi été qualifiée de "broyeuse à rêves" par un participant. La question de la rémunération des alternants a également été soulevée à travers une pancarte affichant : "Alternant : statut d'employé, salaire d'alternant ! Mêmes responsabilités, mêmes exigences, mais pas le même salaire". Un message dénonçant le fait d'assumer des responsabilités et des exigences comparables à celles des autres salariés, sans bénéficier de la même rémunération.
 
De leur côté, plusieurs personnes plus âgées ont souligné l'importance de soutenir la jeunesse. "Il faut rester solidaires avec nos enfants", a déclaré l'une d'elles. Des retraités de la CGT figuraient également dans le cortège, renforçant cette convergence entre différentes générations. D'autres revendications concernaient les discriminations, les violences policières, l'environnement ou encore les droits des personnes en situation de handicap : "50-79 % handi : trop pour travailler, pas assez pour être aidée".
 
Un parcours à travers le centre-ville
 
Après le rassemblement sur la place de la Barre, les manifestants ont décidé de prolonger leur action dans les rues de Mâcon. Le cortège s'est arrêté devant l'hôtel de ville, puis devant l'église Saint-Pierre, avant de poursuivre sa progression vers les quais de Saône, à proximité du pont Saint-Laurent. Les participants ont ensuite emprunté plusieurs rues du centre-ville, revenant par endroits sur leurs pas.
 
Tout au long du parcours, pancartes, gilets jaunes et slogans ont accompagné la déambulation, parmi lesquels "Même si Macron ne veut pas, nous, on est là !". Au-delà des revendications propres à chacun, cette journée aura surtout illustré un rapprochement entre différentes générations, où les préoccupations de la jeunesse ont trouvé un écho auprès des plus âgés, unis dans une même volonté de faire entendre leurs voix.
 
 
Yvan Peinaud