Le tribunal judiciaire de Mâcon tenait ce jeudi à 11 h une audience solennelle au palais de justice. Un rendez-vous principalement consacré cette fois à l'installation de trois magistrats : Arnaud Dragon, Julie Tripon et Frédérique Rouchon-Lemetter.

 
 
Une audience tournée vers les nouveaux arrivants
 
Pas de long bilan d'activité comme cela peut être le cas lors d'autres audiences solennelles. La présidente du tribunal judiciaire, Marion Goddier, accompagnée de la procureure de la République Anne-Lise Furstoss et de la directrice de greffe, Christelle Valdenaire, a souhaité consacrer en priorité ce rendez-vous à l'accueil et à la présentation des nouveaux arrivants.
 
Trois magistrats étaient plus particulièrement concernés par cette installation. Arnaud Dragon rejoint Mâcon en qualité de vice-président, après avoir exercé comme juge au tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse. Julie Tripon arrive elle aussi du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse, où elle était vice-présidente chargée de l'instruction. Elle devient à Mâcon vice-présidente chargée de l'application des peines.
 
À leurs côtés, Frédérique Rouchon-Lemetter poursuit pour un second mandat son activité de magistrate honoraire exerçant des fonctions juridictionnelles au parquet du tribunal judiciaire de Mâcon.
 
Marion Goddier est revenue sur le parcours et l'expérience de chacun, rappelant ce que représente l'arrivée dans une nouvelle juridiction : pour certains un début de carrière, pour d'autres un changement professionnel et de lieu de vie, avec son lot d'enthousiasme, d'espoirs et parfois d'appréhension. La présidente a également insisté sur la particularité d'une juridiction "à taille humaine", où chaque membre compte et où chacun exerce des missions essentielles au bon fonctionnement de l'ensemble.
 
Le collectif face à une activité croissante
 
La procureure de la République Anne-Lise Furstoss a ensuite pris la parole pour évoquer les enjeux auxquels doit répondre le parquet. Elle a notamment fait état d'une hausse de 12 % des gardes à vue en zone police et d'environ 50 % en zone gendarmerie, dans un contexte de croissance de l'activité qui fragilise le parquet.
 
La procureure est également revenue sur l'affaire Lyhanna, qui a profondément marqué les personnels de la juridiction. Au-delà de ce dossier, elle a insisté sur l'une des missions essentielles de la justice : protéger les personnes les plus vulnérables. Face à ces affaires particulièrement sensibles, la réponse passe notamment par le collectif et par une réflexion permanente sur les méthodes de travail.
 
Quels actes d'investigation doivent être menés ? Comment établir des priorités entre les différentes affaires ? Comment éviter qu'un dossier ne soit classé sans suite faute d'éléments probants suffisants ? Autant de questions qui doivent, selon la procureure, faire l'objet d'une réflexion collective afin d'améliorer sans cesse les modes de fonctionnement.
 
Le "choc numérique", prochain défi de la justice
 
Anne-Lise Furstoss a enfin évoqué un autre chantier majeur : celui de la transformation numérique. La procureure a reconnu le retard pris par l'institution judiciaire dans ce domaine, évoquant "quelques trains de retard", alors qu'il est désormais question de rattraper en quelques mois des évolutions accumulées durant plusieurs années.
 
Pour elle, la justice doit pleinement s'inscrire dans ce mouvement. Entre accueil de nouveaux visages et réflexion sur les défis auxquels la justice doit faire face, cette audience aura surtout placé le collectif au cœur du fonctionnement du tribunal judiciaire mâconnais.
 
 
Yvan Peinaud