
Ce lundi 7 septembre à 19 heures, ont repris dans quatre-vingt-dix villes françaises les rassemblements organisés depuis la mort de Lyhanna contre les violences faites aux femmes et aux enfants. À Mâcon, soixante personnes étaient présentes devant le tribunal judiciaire, dont des membres de deux associations : Femmes solidaires et Nous Toutes.
Karine Mazé-Drijsen, membre de l’antenne mâconnaise de « Femmes solidaires », association membre de la Coalition féministe et enfantiste, a ouvert la manifestation en rappelant un chiffre récent : depuis janvier 2026, 93 féminicides ont eu lieu en France. « Cette statistique », explique-t-elle, « doit être comprise comme l’aboutissement d’un continuum de violences — morales, économiques et physiques — qui témoigne de l’inaction du gouvernement. »
Les enfants eux aussi doivent être protégés, a-t-elle rappelé, en mentionnant notamment les cas de violences vicariantes, par lesquelles l’agresseur s’en prend à l’enfant pour mieux atteindre la mère. Sont donc attendus du gouvernement davantage de moyens humains et financiers, conformément à ce qu’Emmanuel Macron avait annoncé en faisant des violences faites aux femmes et aux enfants l’une des grandes causes de son quinquennat. Pour pouvoir agir, la coalition demande trois milliards d’euros par an pendant cinq ans.
Karine Mazé-Drijsen a ensuite indiqué que la proposition de « loi-cadre intégrale », portée par la Coalition féministe et enfantiste, sera examinée par le Parlement le 12 octobre, et non le 28 septembre 2026, date initialement prévue. Sur les 140 propositions initiales, 69 ont été retenues jusqu’ici. « Pour être entendu·es, il est important de continuer à se mobiliser tous les lundis jusqu’à son examen », insiste-t-elle.
L’association Femmes solidaires Mâcon compte aujourd’hui 80 adhérentes et organise régulièrement des débats féministes. Hommes et femmes sont les bienvenus à ces « Ping Pong Theory », un nom inspiré du livre King Kong Théorie de Virginie Despentes. La programmation est à retrouver sur la page Facebook de l’association.
Le collectif féministe intersectionnel Nous Toutes a ensuite insisté sur l’importance de sensibiliser et de former les professionnels — policiers, enseignants, psychologues — aux questions liées aux violences. Maï Pham, présidente de l’association, a rappelé que la criminalisation des agresseurs et des pédocriminels n’est pas toujours une solution efficace au problème des violences systémiques. Ces dispositifs, explique-t-elle, peuvent empêcher les enfants — 169 000 sont agressés chaque année — de parler des abus qu’ils subissent, dans la crainte de représailles.
La mobilisation s’est terminée par une performance de deux chanteuses membres des Emmerleuses, chorale queer féministe mâconnaise. Ensemble, elles ont chanté, sur l’air de La Semaine sanglante, un texte écrit il y a quelques mois pour porter l’histoire d’une jeune fille victime de violences sexuelles et de proxénétisme. En voici le refrain : « Ces injustices finiront / Prends garde à la revanche / Quand toutes les mères s’y mettront / Quand tous les parents s’y mettront ».
Toutes les associations présentes invitent les Mâconnais à les rejoindre lundi prochain.
La mobilisation continue !
Iris Ardeois (stagiaire Sciences Po)



