Pour son premier véritable conseil municipal de mandat, la Ville de Mâcon a donné le ton : continuité assumée du cap budgétaire côté majorité, retour des marqueurs traditionnels dans lopposition, et premières passes darmes révélatrices d’un équilibre politique débien installé.

 

Une majorité qui revendique constance et maîtrise : D’entrée, le maire Jean-Patrick Courtois a fixé la ligne de ce cinquième mandat : « nous ne changeons pas de cap ». Un discours introductif dense, structuré autour dune idée centrale le budget comme acte politique majeur, traduction dune vision et dune responsabilité devant les habitants. Le budget 2026 sinscrit ainsi dans une trajectoire revendiquée de longue date : stabilité fiscale (taux inchangés depuis 2016), niveau dinvestissement élevé (plus de 56 M), fonctionnement solide (plus de 74 M), soutien affirmé au tissu associatif (3,7 Mde subventions directes). Dans un contexte incertain, l’exécutif municipal met en avant une équation quil juge équilibrée : investir sans augmenter les impôts, tout en préservant les capacités daction et la solidarité locale.

Une opposition offensivemais fragmentée : Face à cette ligne de continuité, lopposition, désormais divisée, a repris ses thèmes classiques. D’un côté Émile Blondet (Mâcon Demain), de lautre, Ève Comtet Sorabella (Mâcon dynamique et populaire), avec une convergence de critiques mais sans unité stratégique. Les reproches récurrents ont rythmé les débats : manque de transparence, investissements jugés insuffisamment réalisés, priorités contestées (centre équestre de Chaintré, police municipale, subventions), revendications sociales (gratuité des bus, pouvoir dachat). Mais cest sur un registre plus structuré qu’Émile Blondet a marqué des points, en ciblant quatre angles morts du budget : la santé (déficit de médecins), la sécurité (effectifs de police municipale) le commerce de centre-ville (vacance) le pouvoir d’achat (énergie, services aux familles).

Ces échanges vifs furent dominés par lexpérience de la majorité. Malgré ces offensives, la majorité a globalement gardé la main, sappuyant sur son expérience et une solide maîtrise des dossiers. Le premier adjoint Yoan Charlot sest particulièrement illustré en synthétisant brillamment la stratégie municipale autour de quatre indicateurs : niveau des subventions, volume dinvestissement, stabilité fiscale, capacité de désendettement (7,5 ans, favorablement située).

Autre voix offensive, le député Benjamin Dirx, très engagé sur les enjeux économiques et fonciers, notamment autour de la restructuration de Schneider Electric, de la disponibilité du foncier économique et des critiques sur lartificialisation des sols. Avec une ligne claire : « impossible de vouloir lemploi sans faciliter limplantation des entreprises. »

Plusieurs séquences ont illustré la qualité des échanges parfois techniques, souvent tactiques. Sur la police municipale, le vœu porté par Émile Blondet, le jeune conseiller d’État, a donné lieu à une réponse habile du maire, renvoyant au cadre national et aux évolutions législatives en cours. Résultat : un vœu maintenumais rejeté. me logique sur les fermetures de classes, où Jean-Patrick Courtois a malicieusement opposé un raisonnement pragmatique aux critiques, posant un choix contraint entre démographie scolaire et moyens nouveaux un dilemme assumé.

Au final, ce premier conseil de fondapparaît à la fois classique dans ses contenus (budget, subventions, organisation) et structurant dans ses équilibres politiques. Les rôles sont débien distribués : une majorité expérimentée, maîtrisant tempo et narration, une opposition combative mais encore dispersée. De nouvelles figures qui impriment énergie et renouvellement ont pris la lumière. Une configuration qui, au-delà des joutes, des escarmouches, donne le sentiment dune représentation politique active et structurée, conforme au choix des électeurs mâconnais.

 

Jean-Yves Beaudot