
Une association plus sollicitée que jamais, mais encore trop peu soutenue.
Réunie en assemblée générale annuelle à Mâcon, l’association Agir pour la laïcité et les valeurs républicaines a dressé le bilan d’une année 2025 dense et symbolique, marquée par les 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État. Hausse des adhésions, multiplication des interventions, reconnaissance croissante sur le territoire : autant de signes positifs qui contrastent avec la faiblesse persistante des soutiens institutionnels et financiers.
Près de 20 adhérents ont participé à cette très intéressante assemblée générale placée résolument sous le signe de l’’engagement républicain.’
L’exercice 2025 comptait 35 adhérents individuels et 4 personnes morales (DDEN, UFAL, Refondation, MJC Héritan), confirmant une dynamique d’adhésion en progression. Plus de 700 personnes ont été directement touchées par nos actions, reconnaissaient les responsables de l’asso, « c’est signe de notre engagement de plus en plus demandé… »
Fidèle à son objet statutaire, l’association inscrit son action dans le strict respect des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905, garantissant à la fois la liberté de conscience et la neutralité de l’État à l’égard des cultes.
Le rapport d’activité présenté par Jean Marc Dumas, démontra une activité intense et structurée sur l’ensemble du territoire; l’année écoulée a été rythmée par sept conseils d’administration et une diversité d’actions rarement atteinte jusque-là.
Au niveau national, l’association est pleinement engagée au sein du Collectif Laïque National (CLN), participant aux réunions mensuelles et à deux commissions thématiques. Elle a également pris part au colloque du Sénat « 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté », temps fort de l’année commémorative.
Sur le plan local et régional, l’activité s’est fortement développée :
Conférences de grande ampleur, notamment celle de Gérard Biard en février 2025, ayant réuni plus de 110 personnes ;
Actions culturelles et pédagogiques (ciné-débats, lectures publiques, spectacles) comme Vivre libre avec la laïcité ou Le Pendart, mobilisant publics scolaires et citoyens ;
Interventions éducatives auprès des écoles, collèges, services civiques, de la PJJ et des collectivités locales ;
Formations “Valeurs de la République et Laïcité”, à destination d’agents territoriaux, d’associations et de futurs relais institutionnels.
L’acquisition de l’exposition « 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté », largement sollicitée en Saône-et-Loire et au-delà, illustre cette volonté de rendre la laïcité visible, concrète et accessible.
Le rapport moral d’Éric Binet, réaffirma avec force le principe républicain encore trop souvent dévoyé soulignant un paradoxe : « jamais la laïcité n’a suscité autant d’intérêt, et jamais elle n’a été autant instrumentalisée. Réduite à un simple outil de “vivre ensemble” ou à un régulateur des tensions sociales, la laïcité est trop souvent éloignée de son sens originel : celui d’un projet politique émancipateur, garantissant l’égalité des citoyens sans distinction de croyance. Face aux pressions religieuses, aux interprétations opportunistes et à certaines complaisances politiques,… »
L’association réaffirme une ligne claire : La laïcité n’est ni contre les religions, ni au service des croyants ; elle est au service de la République.
Reconnaissance morale, fragilité matérielle
Si les sollicitations explosent — établissements scolaires, collectivités, associations, administrations —, les moyens financiers et la reconnaissance institutionnelle restent insuffisants. Les actions reposent essentiellement sur des appels à projets, des prestations facturées et l’engagement bénévole, au prix d’un effort constant pour maintenir des projets ambitieux, notamment culturels.
Pour 2026, l’association décline son action sous le triptyque : « former, transmettre, défendre », elle entend renforcer prioritairement la formation, en direction des élus, des agents publics, des adultes comme des jeunes, et poursuivre ses démarches pour obtenir l’agrément de l’Éducation nationale. Elle continuera également son engagement au sein du CLN et ses actions de sensibilisation par le spectacle et le débat.
En conclusion, l’assemblée générale a rappelé une exigence simple et sans ambiguïté : que la laïcité, principe fondateur de la République, soit enfin reconnue à la hauteur de son importance par les pouvoirs publics, non comme un slogan, mais comme une ligne d’horizon politique et démocratique.
JYB



