À l'occasion du lancement de la saison des feux de forêt, organisé lundi 15 juin sur le plateau de Sennecé-lès-Mâcon, le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Saône-et-Loire a présenté sa stratégie, ses moyens et ses nouveaux dispositifs destinés à prévenir et combattre les incendies d'espaces naturels.
 
 
La journée s'est déroulée en présence notamment du préfet de Saône-et-Loire, Dominique Dufour, du président du Département André Accary, de Salwa Philibert, sous-préfète et directrice de cabinet du préfet, ainsi que de Frédéric Pignaud, contrôleur général et directeur départemental du SDIS 71. Au cours de la présentation, Frédéric Pignaud a détaillé les quatre axes de la stratégie départementale : la prévention, les moyens aériens nationaux, les moyens terrestres d'intervention et les détachements préventifs.
 
Concernant les moyens aériens, le SDIS a rappelé l'appui possible des 12 Canadair, des Dash Q400 et des hélicoptères bombardiers d'eau de la Sécurité civile. Deux nouveaux Canadair ont été commandés par le ministère de l'Intérieur. Des avions Air Tractor, capables d'emporter 3 000 litres d'eau, complètent également le dispositif national. Les hélicoptères Dragon et les drones participent quant à eux aux missions de reconnaissance. Les moyens terrestres spécialisés ont également été présentés, notamment les groupes d'intervention feux de forêt (GIFF), capables d'intervenir rapidement sur des départs de feu grâce à des moyens coordonnés et fortement mobiles.
 
Au-delà des équipements, le SDIS 71 a également fortement renforcé ses effectifs spécialisés. Le département compte aujourd'hui 792 sapeurs-pompiers formés au risque feux de forêt, contre seulement 200 en 2020. Une progression qui illustre l'adaptation du service de secours à un risque devenu durable en Saône-et-Loire.
 
Autre dispositif mis en avant : les détachements préventifs. Déployés lors des journées les plus sensibles, notamment pendant les périodes de moisson à la fin du mois de juin et au début du mois de juillet, ils permettent de prépositionner hommes et matériels au plus près des secteurs à risque afin de réduire les délais d'intervention.
 
Un risque lié à l'être humain
 
À l'issue de cette présentation, André Accary a rappelé que le changement climatique imposait une adaptation constante des moyens de secours. "Le changement climatique, c'est plus qu'une réalité. On le constate aujourd'hui dans les faits", a souligné le président du Département. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la prévention et la sensibilisation. "On aura beau mettre tous les moyens nécessaires, si l'on n'a pas la participation active des habitants, cela ne suffira jamais à répondre aux besoins", a-t-il assuré. Il a également appelé à développer davantage les actions de sensibilisation auprès des plus jeunes : "Il faut vraiment qu'on agisse à tous les étages."
 
Même constat du côté du préfet Dominique Dufour. "Le risque incendie, ça nous concerne nous aussi", a-t-il rappelé. Longtemps associé aux départements méditerranéens, le risque de feux de forêt touche désormais une grande partie du territoire. "Aujourd'hui, en France, il y a trente-huit départements qui sont en risque feu de forêt modéré ou élevé. Nous sommes ici, en Saône-et-Loire, en risque modéré", a-t-il expliqué. Avec près d'un quart du département couvert de forêts, la mobilisation des services de secours apparaît indispensable. "Le réchauffement climatique n'est pas qu'une vue de l'esprit", a ajouté le représentant de l'État.
 
Le préfet a également rappelé que neuf feux sur dix sont d'origine humaine. "Lorsque nous intervenons, c'est trop tard", a-t-il résumé, appelant chacun à adopter les bons réflexes. Débroussaillement, vigilance lors des travaux agricoles, prudence avec les mégots ou les barbecues : autant de gestes simples susceptibles d'éviter des départs de feu.
 
Des démonstrations de terrain
 
La journée s'est poursuivie sur le terrain avec une présentation des moyens spécialisés mobilisés contre les feux d'espaces naturels. Les participants ont notamment assisté à une démonstration d'un groupe d'intervention feux de forêt (GIFF), illustrant les techniques d'attaque directe d'un incendie, les manœuvres de repli et les dispositifs d'autodéfense des engins. Une démonstration de retransmission d'images par drone vers le poste de commandement a également été réalisée, tout comme la présentation d'un module d'intervention lourd. Les moyens de l'Office national des forêts (ONF) et le travail de la cellule de recherche des causes et circonstances d'incendie (RCCI) ont également été mis en avant.
 
Au-delà des chiffres et des équipements, le message principal de cette journée était clair : face à un risque appelé à s'intensifier, la lutte contre les feux de forêt repose autant sur l'anticipation et la prévention que sur les moyens d'intervention. Comme l'a rappelé André Accary, la Saône-et-Loire est aujourd'hui prête à faire face, mais la vigilance de chacun reste la première des protections.
 
 
 
Yvan Peinaud