
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars, le Département de Saône-et-Loire a organisé une rencontre à Viré autour d’un thème encore peu exploré : « Nature, chasse, biodiversité : un engagement au féminin ».
La rencontre s’est tenue au siège de la Fédération départementale des chasseurs de Saône-et-Loire (FDC 71), au Moulin Gandin. Elle était présidée par Nathalie Damy, conseillère départementale chargée de l’égalité femmes-hommes et des violences intrafamiliales. À ses côtés : Évelyne Guillon, présidente de la FDC 71, et Valérie Rude, présidente du Zonta Club Bourg-Mâcon.
L’objectif était clair : mettre en lumière des femmes investies dans la préservation de la biodiversité, la gestion des milieux naturels et la transmission des savoirs liés à la nature. Une manière aussi de rappeler que ces domaines, longtemps considérés comme masculins, s’ouvrent aujourd’hui de plus en plus aux femmes.
En ouverture, Nathalie Damy a évoqué Artémis, déesse de la nature et de la chasse dans la mythologie grecque, symbole d’une figure féminine forte dans cet univers. Un clin d’œil qui résonne particulièrement ici : Évelyne Guillon est la première femme élue à la présidence d’une fédération départementale de chasseurs.
Valérie Rude a ensuite présenté les actions du Zonta Club. À travers leur traditionnelle vente de roses, les membres souhaitent transmettre un message d’espoir et de solidarité, tout en faisant « fleurir l’égalité ».
Le rôle de la Fédération départementale des chasseurs a ensuite été détaillé par son directeur, Vincent Augagneur. En Saône-et-Loire, la fédération rassemble 10 500 adhérents répartis sur 1 500 territoires de chasse. Elle accompagne les chasseurs sur les aspects administratifs et techniques, mène des actions d’information auprès du grand public et s’engage fortement dans l’éducation à l’environnement et la préservation des habitats naturels.
Le député de Saône-et-Loire, Benjamin Dirx, a salué ce travail. Il a notamment rappelé le rôle des chasseurs dans la régulation de certaines espèces, avec près de 11 000 sangliers prélevés l’an dernier dans le département. Il a également insisté sur l’importance de l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment auprès des jeunes générations.
La parole est ensuite revenue à plusieurs femmes passionnées de chasse. Toutes ont évoqué leur engagement et les préjugés qui persistent encore parfois.
Aurélia, conductrice de chien de sang, intervient pour retrouver les animaux blessés après un tir. Son objectif : abréger leurs souffrances et garantir une chasse éthique. Elle constate d’ailleurs une évolution notable : les femmes sont aujourd’hui de plus en plus présentes dans les cabanes de chasse.
Les chiffres le confirment. Environ 25 % des jeunes candidats au permis de chasser sont désormais des femmes.
Roselyne, épouse de chasseur, joue quant à elle un rôle de médiation sur le terrain. Elle rappelle l’importance du dialogue entre chasseurs et randonneurs. « Il faut randonner intelligemment et chasser intelligemment », souligne-t-elle, convaincue que le respect mutuel reste la clé d’une bonne cohabitation.
Lors des échanges, les intervenantes ont rappelé que la chasse n’a jamais été interdite aux femmes. Mais les freins ont longtemps été sociaux et culturels. Aujourd’hui, les motivations restent souvent les mêmes : le lien avec la nature, l’expérience sensorielle et la dimension intergénérationnelle de cette pratique.
Évelyne Guillon se montre confiante pour l’avenir : « La communauté française de chasseurs est la plus importante d’Europe. Je suis optimiste. La jeune génération va donner un nouveau souffle à la chasse dans les années à venir ».
Pour Nathalie Damy, le message est clair : « La chasse est une activité non genrée ». Elle invite les femmes à oser franchir le pas.
La rencontre s’est terminée par la découverte du sentier pédagogique du Moulin Gandin. Ce parcours, aménagé par la Fédération des chasseurs, invite le public à découvrir la biodiversité locale et le rôle des chasseurs dans la gestion des milieux naturels.
Le sentier est accessible librement toute l’année. Des visites guidées gratuites sont également proposées de juin à septembre.
Les curieux pourront aussi découvrir la chasse lors de la prochaine opération « Un dimanche à la chasse », prévue en octobre 2026.
Marine Maitre











