À l’heure où les zoom médiatiques se font sur les dégradations, certains allant jusqu’à parler d’émeutes lycéennes, il faut le dire et le répéter, le mouvement lycéen, c’est d’abord des manifestations qui se passent bien, dans la joie, la solidarité, avec des messages forts contre parcoursup et pour dénoncer des journées à rallonge, de 8h à 18h, quand certains se lèvent à 6h30 pour prendre le bus et rentrent à 19h. Pire que des salariés à 35h ! Et le week-end, il faut faire les devoirs, préparer le bac ou les épreuves de contrôle continu qui mettent une pression constante pendant deux ans ! 

La preuve de la manifestation qui se déroule bien et des bonnes intentions de nos lycéens a été donnée à Mâcon vendredi dernier. Notre vidéo ci-dessous en atteste, ainsi que plusieurs de nos photos. Une foule impressionnante est allée du lycée Lamartine au lycée Cassin sans incident majeur. Au retour, une voiture a pris feu sur la parking du CFA, sans qu’on ne connaisse l’origine de l’incendie.

Mais chacun et chacun a pu le constater, les dégradations et les provocations sont le fait d’une toute petite minorité de voyous, de fauteurs de trouble, de casseurs. Elles ne devraient en aucun cas justifier les charges des forces de l’ordre pour disperser les manifestants avec du gaz lacrymogène comme on l'a vu jeudi et vendredi.

Quant au fait de garantir la liberté d’expression et de manifestation dont se prévalent les commis de l’État, rappelons que depuis plus de 20 ans, au sommet de l’État, on se moque bien de l’expression populaire, qu’elle se traduise dans les urnes ou en grèves et manifestations. Il suffit de regarder dans le rétro pour s’en rendre compte : le résultat du dernier référendum organisé en France (référendum sur traité de constitution européenne de 2005) a été passé par pertes et profits par le pouvoir en 2008 ; pas de droit au référendum d’initiative citoyenne malgré la mobilisation historique des Gilets jaunes qui le demandaient ; une mobilisation historique encore avec des manifestations monstres en 2023 contre la réforme des retraites, à laquelle le pouvoir est resté sourd ; des élections européennes et législatives en 2024 tout bonnement ignorées !

Rappelons encore et toujours que le référendum est pourtant inscrit dans le marbre de la constitution en son article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants ET par la voie du référendum. » 21 ans après, on l’attend toujours.

Parmi les pancartes lycéennes brandies pendant la manifestation vendredi, on a pu lire celle-ci : « la dictature, c’est ferme ta gueule, la démocratie, c’est cause toujours. » Certain.es ont déjà tout compris...

 

Rodolphe Bretin

 

 

Sur la pancarte : "Désolé pour le dérangement,

nous essayons de sauver notre avenir"

"Jeunesse épuisée, jeunesse en danger"

à gauche : "On a un avenir à construire, pas à subir"