
La voiture incendiée le 2 octobre, en marge de la manifestation lycéenne.
Pendant cette seconde manifestation lycéenne le vendredi 2 octobre au matin, manifestation qui passait à côté du CFA, un groupe de six casseurs avait incendié le véhicule Peugeot en stationnement sur le parking du CFA. En fin de matinée, le groupe se rendait aux Gautriats et, à 12h30, fracassait les vitres de la Maison de justice et du droit en construction.
Quatre individus, dont un mineur, ont pu être identifiés grâce aux caméras de surveillance. Deux des trois jeunes majeurs ont été interpellés, placés en garde à vue ce début de semaine et incarcérés à l’issue. Le troisième n’a pu être localisé. Les jeunes interpellés étaient jugés en comparution immédiate cet après-midi.
Agés de 18 ans tous les deux, l’un d’origine syrienne (en France depuis 7 ans, ses parents ayant fuit la Syrie), l’autre d’origine espagnole, ils ont été inculpés pour complicité de destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes, en l’occurence la voiture sur le parking du CFA, au moyen de pierres et d’acide chlorhydrique, et de destruction du bien d’autrui commise en réunion lors d’une manifestation publique, en l’occurence de la Maison de Justice et du Droit dans le quartier des Gautriats, au moyen de pierres et de barres de fer.
S’il n’est pas avéré qu’ils aient mis le feu à la voiture, il est établi en revanche qu’ils ont participé à la destruction de la voiture par des coups de pieds et des coups de pierre. Il est également avéré, grâce aux caméras de surveillance, qu’ils ont brisé des vitres sur le chantier de la Maison de Justice et du droit rue de Bourgogne.
Ils ont reconnu les faits, sauf la mise en feu de la voiture. Ils ont formulé des regrets, se sont excusés et ont mis leurs actes sur le compte d’un phénomène de groupe.
Scolarisé en 1ère à Bourg-en-Bresse pour l’un, en apprentissage pour l’autre, et malgré une première condamnation à 6 mois avec sursis pour extorsion avec violence pour l’un d’entre eux, les deux jeunes ont bénéficié de la clémence du tribunal, qui les a reconnus coupables mais a prononcé une peine de prison de 18 mois avec 12 mois de sursis probatoire pendant une durée de deux ans. Après deux nuits de détention provisoire, ils ne retourneront donc pas en prison et bénéficieront d’un aménagement de peine, à savoir le bracelet électronique pendant 6 mois. Ils ont obligation de rembourser le Trésor et d’indemniser les victimes à hauteur de 4 678 € plus 600 € de préjudice moral pour la propriétaire de la voiture incendiée ; 8 412 € plus 300 € de préjudice moral pour l’entreprise qui intervient sur le chantier de la futur Maison de justice. Ils ont également interdiction de se voir.
Les deux jeunes majeurs peuvent dire ouf ce soir, car le parquet requérait 3 ans de prison dont 1 an avec sursis probatoire, et maintien en détention... « Le tribunal a été juste » a réagi leur avocat Jean-Philippe Belville.
Rodolphe Bretin
© Photo R.B.
À noter : c'est un policier qui est intervenu en premier pour éteindre le feu.