Le Musée des Ursulines présente du 29 mai au 29 novembre, une exposition singulière et fascinante, un dialogue entre art et science : Flora incognita de Vincent Fournier.

 

Le vernissage s'est tenu ce jeudi soir en présence de l'artiste et de nombreuses personnalités.

L’exposition présente les fleurs imaginées par l’artiste contemporain Vincent Fournier qui forment un « herbier spéculatif astrobotanique » dédié aux formes possibles du végétal, à la croisée de l’art et de la botanique. Elles rencontrent les planches élaborées par les botanistes mâconnais de la fin du 19e siècle issues des collections du musée des Ursulines dans un dialogue inédit.

À l’origine du projet, la découverte de plusieurs herbiers liés à la constitution du musée d’histoire naturelle de Mâcon dans la première moitié du 19e siècle.

Parmi les éléments fondateurs du musée se trouve l’ensemble des collections liées à l’histoire naturelle. Particulièrement prisée par les érudits locaux, cette discipline prend son envol à la fin du 18e siècle. En 1839, la Ville de Mâcon possède déjà un cabinet de minéralogie qui ne cesse de s’enrichir tout au long du siècle. L’intérêt pour la classification du vivant se manifeste également par la création d’herbiers émanant d’individus ou d’associations telles la Société d’histoire naturelle ou l’Académie des Sciences, Arts et belles-Lettres de Mâcon. Les espèces sont identifiées puis collectées, souvent à l’occasion d’excursions dans la campagne mâconnaise et bressanne. Aujourd’hui méconnu, ce fonds se caractérise par sa grande précision et la beauté des planches réalisées. C’est tout naturellement que leur confrontation avec les photographies de l’artiste Vincent Fournier s’est imposée.

Ces dernières proposent une vision imaginaire et très poétique d'un ensemble de végétaux sélectionnés au Domaine des étangs : chaque espèce donne lieu à une centaine de clichés qui permettent la réalisation d'une image en trois dimensions. À cette dernière est associé un récit spécifique détaillant l'évolution imaginaire de la plante soumise à des modèles climatiques simulés par ordinateur. Cette « fleur futuriste » vient dialoguer avec les planches élaborées par les botanistes mâconnais de la fin du 19e siècle.

Le projet constitue un exemple d'une collaboration réussie entre scientifiques et photographes sur une thématique contemporaine. Il souligne l'existence d'une créativité féconde obtenue grâce aux technologies actuelles, alliant photographie, logiciels de simulation et observation du vivant.

Hervé Reynaud adjoint au maire de Mâcon en charge de la culture et du patrimoine a souligné que « cette exposition est l’occasion de proposer un dialogue original entre art et sciences à travers les collections du musée et les créations de Vincent Fournier. »

Les herbiers du musée des Ursulines sont peu connus du public. Bénéficiant actuellement d’un travail de reconditionnement et de restauration, le fonds témoigne de l’importance de la botanique pour les membres de l’Académie de Mâcon et pour ceux qui se sont intéressés au développement du musée durant le 19e siècle. Parmi eux, le pharmacien François-Pierre Lacroix, également conservateur du musée d’histoire naturelle de Mâcon, contribue de manière importante à l’intérêt pour cette discipline. Réalisés avec beaucoup de soin par ces érudits locaux qui arpentaient la campagne bressanne et mâconnaise, les planches documentent l’état de la flore au milieu du 19e siècle et sont riches d’enseignement pour les scientifiques actuels.

Afin de montrer la permanence de cet ensemble de planches et son influence sur la création contemporaine, le musée a souhaité présenter les photographies et la démarche de Vincent Fournier en écho aux herbiers exposés. La construction d’images élaborées à partir des fleurs du Domaine des Étangs en relation avec les chercheurs du Museum d’histoire naturelle, Jean-Sébastien Steyer et Marc Jeanson, a donné lieu à de magnifiques photographies. Chacune d’elle raconte une histoire imaginaire, une « fable botanique » telle que le souligne Garance Primat, propriétaire du Domaine des étangs et prêteuse de plusieurs pièces de sa collection que le Conseiller Départemental a remercié ainsi que la Galerie Au Cube représentée ici par David Biard pour avoir contribué à la réussite de ce projet et il a également adressé tous ses remerciements chaleureux au Cercle des Ursulines dont la générosité a permis l’entrée dans les collections du musée de l’une des photographies.

Une riche programmation culturelle accompagne cette magnifique exposition. Le musée propose des visites guidées et des ateliers ainsi que des conférences et des activités inédites variées construites avec ses partenaires. Une visite guidée avec un médiateur culturel du musée se tiendra d'ailleurs ce dimanche 31 mai à 15h.

 

Maryse Amélineau

 

 

Photos © Maryse Amélineau