
À la veille des Journées Européennes du Patrimoine, voici notre reportage réalisé en début de semaine sur deux pépites architecturales mâconnaises.
La fascinante histoire de l'Hôtel Chandon
Construit en 1720 dans l'ancien rempart de Mâcon, l'Hôtel Chandon est un immeuble inscrit à l'inventaire des monuments historiques. Il jouxte l'ancienne demeure de François de Lamartine, le père d'Alphonse et fait face à l'Hôtel d'Igé, l'actuel palais de justice.
Au milieu du XVIIème siècle, l'espace a été rallongé jusqu'au square de la Paix.
L'Hôtel s'appelait la maison du rempart. C'est un bourgeois de Mâcon André Martin, conseiller du Roi, qui a l'époque de la régence entreprend sa construction sur 3 niveaux.
Il revend la maison en 1740 à un marchand commissionnaire, la famille les Labrely qui y séjourne de 1757 à 1793. Nous sommes sous la terreur. La famille est emprisonnée et la maison revendue. En 1793, elle est convertie en magasin à poudre.
En 1794, un certain Monsieur Canard la transforme en plusieurs appartements et la loue jusqu'en 1826. Date à laquelle, Léonard Chandon, l'ancêtre de l'actuel propriétaire Alain Rollet, va louer toute la maison qu'il achètera un peu plus tard en 1832.
Le frère de Léonard Pierre Gabriel épouse une certaine Adélaïde Moët, dont la famille est dans le négoce du champagne.
Alain Rollet nous explique avec passion l'histoire de sa famille propriétaire depuis 7 générations de la bâtisse.
« C'est surtout l'escalier de l'entrée qui est unique à ma connaissance dans le Mâconnais », nous confie-t-il. Un magnifique escalier d'origine, suspendu en trois parties avec voûtes qui mène aux chambres et bureaux des deux étages.
Le rez-de-chaussée abrite un très joli salon et les parties privatives où vit la famille Rollet.
C'est aussi au rez-de-chaussée que se trouve le médaillon incrusté des initiales d'André Martin.
La Villa Palacios, un chef d'oeuvre de l'art déco
Construite en 1930 rue des Lilas dans le quartier Bel-Air, la villa Palacios témoigne du luxe des années folles et du modernisme et du confort en matière de nouveauté architecturale.
Au début des années 1930, le géomètre J. Dutronc dessine de nouvelles voies. En 1931, la société J. Dutronc et fils se crée et commence à lotir le quartier de Bel-Air.
Philippe Palacios, un entrepreneur en bâtiment, achète un lot de 4 ha en 1933 pour construire lui même un lotissement. Les Palacios occuperont la villa jusque dans les années 1950. Deux autres propriétaires y résideront jusqu'à l'arrivée de l'actuel propriétaire Alain Schrotter en août 2022. La villa est inscrite le 28 mai 2024 sur la liste des Monuments Historiques.
Trônant au milieu d'un superbe parc, la Villa Palacios, entourée d'un muret en béton blanc, se compose d'un vaste pavillon à toit-terrasse, présentant trois travées, deux niveaux sur la façade sud, ainsi qu'une rotonde d’un seul niveau, percée de cinq fenêtres, côté est. Sur la façade ouest, les pièces de service. L’accès principal est sur le côté nord et s’ouvre par un portail.
Les décorations de la villa sont spectaculaires. Sa façade sud est précédée d’une large terrasse avec garde-corps à balustres et jolie pergola en béton soutenue par quatre majestueuses colonnes d’inspiration antique.
« La villa n'a pas subi de modification majeure à l'intérieur on peut aisément imaginer la vie quotidienne et les fêtes que pouvaient connaître une famille bourgeoise », nous a indiqué l'artiste Alain Schrotter qui nous a autorisé avec gentillesse à voir le rez-de-chaussée sans prendre de photos.
Un très grand MERCI aux deux propriétaires pour leur accueil chaleureux et le temps passé à remonter le cours de l'histoire.
Maryse Amélineau

Photos © Maryse Amélineau














