Mâcon, le 24 juillet 2026

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Broutards : stop à la chute des prix !

À l'initiative des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire et de la FDSEA de Saône-et-Loire, une réunion s'est tenue le 24 juillet au Marché au Cadran de Saint-Christophe-en-Brionnais, en présence de tous les exportateurs du département, d'Emmanuel Bernard, membre du bureau de la Fédération nationale bovine (FNB), de Romaric Godillot, président de la Fédération régionale bovine (FRB), de Thomas Lemée, président de JA Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que de nombreux adhérents de la FDSEA71 et des JA71. Plus de 100 personnes étaient rassemblées pour trouver des solutions, preuve qu'il est urgent d'agir pour l'avenir de l'agriculture.

L'objectif était simple : comprendre pourquoi les cours des broutards continuent de s'effondrer alors que tous les indicateurs du marché démontrent exactement l'inverse.

Les chiffres présentés par la FNB sont sans appel. Sur les seuls mois de juin et juillet, près de 150 000 animaux vifs ont été exportés vers l'Italie et l'Espagne, soit un volume équivalent à celui enregistré en 2025. La demande est donc bien présente. Dans le même temps, les disponibilités en broutards continuent de diminuer. Les estimations font état d'un déficit de 70 000 à 100 000 broutards au second semestre, conséquence directe de la décapitalisation du cheptel.

Dans ces conditions, comment expliquer une baisse des cours ? Alors que les animaux se raréfient et que la demande reste au rendez-vous, rien ne justifie une telle pression sur les prix des broutards.

Au-delà de la crise des prix, c'est l'avenir même de l'élevage allaitant français qui est en jeu.

Quel signal envoie-t-on aux jeunes qui ont choisi de s'installer ? Ceux qui, il y a quelques mois à peine, ont repris une exploitation, contracté des emprunts, investi pour faire vivre nos territoires et assurer le renouvellement des générations. Aujourd'hui, ils voient leurs revenus diminuer alors que leurs charges explosent et que la sécheresse compromet déjà leurs récoltes et leurs stocks fourragers.

Comment leur demander de croire en leur métier ? Comment convaincre d'autres jeunes de franchir le pas si produire davantage conduit à être moins rémunéré ?

La FDSEA71 et les JA71 refusent que les éleveurs soient une nouvelle fois la variable d'ajustement d'une filière qui manque pourtant d'animaux. Il est temps que chacun prenne ses responsabilités.

Nos revendications sont claires :

• L'arrêt immédiat de la baisse des cotations des broutards ;

• Le respect des coûts de production et une rémunération digne pour les éleveurs, avec une garantie pour les jeunes qui s'installent ;

• Un engagement de l'ensemble des opérateurs de la filière afin de préserver l'élevage allaitant français et de garantir le renouvellement des générations ;

• Rouvrir et développer des débouchés à l'export dans les pays tiers afin de diversifier nos marchés ;

• Engager une réflexion sur l'allègement des démarches administratives liées aux exigences sanitaires lors du transport des animaux, tout en maintenant un niveau de contrôle garantissant la sécurité sanitaire.

Les éleveurs ont déjà beaucoup trop payé. Les animaux sont moins nombreux, les coûts de production restent élevés, les exploitations subissent une nouvelle sécheresse, canicule... et pourtant, les prix continuent de reculer. Cette logique est incompréhensible et ne peut plus durer. L'année 2025, qui a permis de renflouer les trésoreries et d'apurer une partie des dettes, n'a pas permis de constituer une épargne pour faire face aux aléas.

La FDSEA71 et les JA71 lancent un appel solennel à l'ensemble des acteurs de la filière : il est urgent de travailler ensemble pour créer une dynamique favorable au marché, bénéfique à tous.

Les représentants de la FDSEA71 et des JA71 ont rappelé une réalité que chacun connaît : la baisse des cotations des jeunes bovins entraîne mécaniquement celle des broutards.

Les éleveurs se mobiliseront dans les prochains jours pour défendre leur revenu, l'installation des jeunes et l'avenir de l'élevage. Sans éleveurs, il n'y aura plus de filière bovine française.