
Face aux suppressions de postes et à la dégradation des conditions de travail, la CGT du Département de Saône-et-Loire lance un appel à la grève. Une mobilisation qui se veut à la fois grave et déterminée, pour défendre le service public et remettre les priorités sociales au cœur de l’action départementale.
À Mâcon, le ton est monté d’un cran. Le syndicat CGT du Département de Saône-et-Loire a officialisé ce mardi, lors d’une conférence de presse organisée à l’Espace Duhesme, le dépôt d’un préavis de grève sur l’ensemble des sites départementaux.
Une alerte sur l’emploi et les conditions de travail Au cœur des revendications il y a la politique de réorganisation jugée brutale et opaque. Selon les représentants syndicaux, près de 200 postes pourraient être concernés par des suppressions ou des non-remplacements. Une situation que la CGT dénonce comme une stratégie assumée de réduction de la masse salariale.
« On demande aujourd’hui aux agents de faire mieux avec moins », résument les co-secrétaires, pointant une absence de visibilité sur les effectifs et un manque de dialogue social. Les conséquences sont, selon eux, déjà perceptibles : surcharge de travail, inquiétudes croissantes chez les agents, et crainte d’une dégradation durable du service public rendu aux habitants.
Au-delà des effectifs, c’est l’orientation budgétaire du Département qui est critiquée. La CGT estime que le maintien de certaines politiques — parfois en dehors des compétences obligatoires — se fait au détriment des missions essentielles.
Routes, collèges, solidarités : pour le syndicat, ces priorités devraient primer.
À l’inverse, les dépenses liées à l’attractivité ou à des événements d’envergure sont jugées inadaptées dans le contexte actuel. Ce sont bien pour la centrale syndicale, les choix des politiques conduites par le CD71 qui sont contestées. Ainsi le pouvoir d’achat et les frais professionnels sont dans le viseur et constituent des points de crispation, comme les conditions matérielles des agents. Le syndicat dénonce une stagnation du régime indemnitaire depuis 2019, une prise en charge limitée des frais de santé, et de nouvelles règles sur les déplacements professionnels jugées pénalisantes. Par exemple, certains agents ne pourraient plus utiliser de véhicules de service pour des formations obligatoires, tandis que les travailleurs sociaux verraient leurs remboursements plafonnés à 150 euros annuels dans certains cas.
Cet appel à la grève est un coup de semonce, et signe une mobilisation qui est appelée à s’amplifier. Malgré une tentative d’élargir le mouvement à d’autres organisations syndicales, la CGT mène pour l’heure seule cet appel à la grève. Mais elle espère une forte mobilisation des agents.
Un premier temps fort est déjà annoncé : un rassemblement le 27 mars à 9 heures, au départ de la caserne Duhesme à Mâcon, en direction du Conseil départemental, où se tiendra une assemblée plénière.
« La crainte est réelle, mais la demande d’action l’est tout autant », insiste Jean-Philippe Cureau. Une manière de transformer l’inquiétude diffuse en mobilisation collective.
Dans un contexte budgétaire contraint, le bras de fer s’engage entre les agents et leur collectivité. Au-delà des revendications internes, c’est bien la question du modèle de service public local qui se trouve posée.
JYB



