Communiqué

Question n° 08770 adressée à Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. À publier le : 2026-05-14

Texte de la question : Mme Paulette Matray attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations sur les moyens consacrés à la lutte contre les violences intrafamiliales et les féminicides dans les territoires ruraux.

La Saône-et-Loire a récemment été marquée par plusieurs drames ayant profondément bouleversé les habitants. À Chauffailles, le 12 mai 2025, Mme Anzhela Bezkrevna, 55 ans, a été assassinée par son exconjoint alors qu'elle quittait son domicile pour se rendre à son travail. Celui-ci faisait déjà l'objet d'une procédure pour violences conjugales. Plus récemment, à Pierre-de-Bresse, le 1er mai 2026, une femme de 64 ans a été tuée par arme à feu par son ancien compagnon avant que ce dernier ne se suicide. Ces tragédies rappellent que les violences faites aux femmes touchent aussi les petites communes rurales, où l'isolement géographique, l'éloignement des services publics, les difficultés de mobilité et la faiblesse du maillage associatif compliquent souvent la protection des victimes et leur accompagnement.

Elle souhaite saluer l'engagement quotidien des forces de gendarmerie, des élus locaux, des travailleurs sociaux, des associations et des personnels de l'éducation nationale, qui jouent un rôle essentiel de prévention, de repérage et d'orientation, notamment lorsque des enfants sont exposés à ces violences. Elle souligne également le rôle central des intervenants sociaux en gendarmerie, dont l'action permet d'assurer un accompagnement indispensable des victimes et une meilleure coordination entre les différents acteurs.

Or, dans le secteur de la Bresse bourguignonne, une seule intervenante sociale couvre actuellement 86 communes, illustrant les fortes tensions qui pèsent sur ces dispositifs. Par ailleurs, plusieurs acteurs locaux alertent sur le fonctionnement dégradé du réseau violences intrafamiliales (VIF) dans certains secteurs ruraux. Le départ de coordinatrices ou coordinateurs fragilise en effet l'animation du réseau, la circulation de l'information et la coopération entre partenaires institutionnels, judiciaires, sociaux et associatifs. Cette situation peut entraîner des ruptures dans le suivi des victimes et une moindre réactivité face aux signalements. Elle attire aussi l'attention du Gouvernement sur la nécessité de renforcer la formation de l'ensemble des acteurs de proximité confrontés aux violences intrafamiliales. Dans les territoires ruraux, les premiers interlocuteurs des victimes peuvent être des agents d'accueil, secrétaires de mairie, personnels administratifs, gendarmes adjoints volontaires, élus locaux ou personnels de l'éducation nationale. Tous doivent pouvoir identifier les situations de danger, orienter les victimes et assurer une prise en charge adaptée. Enfin, le numéro national 3919 demeure un outil essentiel d'écoute et d'orientation pour les femmes victimes de violences. Pourtant, sa visibilité reste insuffisante dans certaines zones rurales, notamment auprès des publics les plus isolés.

En conséquence, elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre afin de renforcer les moyens humains consacrés à la lutte contre les violences intrafamiliales dans les territoires ruraux, d'augmenter le nombre d'intervenants sociaux en gendarmerie, d'assurer la continuité et la coordination des réseaux locaux de lutte contre les violences intrafamiliales, de développer la formation des acteurs de proximité, notamment au sein de l'éducation nationale, et d'améliorer la diffusion du 3919 afin de prévenir de nouveaux féminicides.