Menacées d'extinction, cataloguées à tort, et pourtant si utiles, les chauves-souris commencent à être perçues autrement que comme de mystérieuses créatures de la nuit. Au contraire, le mode de vie de ces mammifères est désormais bien compris des scientifiques. 

Emma Albrecht, écologue indépendante, réalise des expertises entre autre sur ces chiroptères et leurs habitats.

Aux grottes d’Azé vendredi, ses explications en ont appris davantage aux participants sur cet exceptionnel mammifère, indispensable dans l'écosystème.

Héroïnes noctambules réparties en 20 espèces ici en Mâconnais, à protéger

Les chauves-souris, qui se dirigent par écholocation, méritent désormais toute considération. Et, si impressionnante soit une colonie de chauve-souris, elle incarne avant tout l'instinct grégaire de ces animaux, le temps des phases de nurserie.

La Bourgogne Franche-Comté accueille plus de 30 espèces dont une vingtaine répertoriées dans le Mâconnais.

Chasseresse nocturne, une chauve souris capture en effet jusqu'à la moitié de son poids en insectes : araignées, papillons de nuit, moustiques, pour elle-même et ses petits. Régulatrice, elles est essentielle parmi la biodiversité et ses cycles naturels.

 

Pourtant protégé, le développement des chauves-souris reste empêché par un cumul de causes :

- pollutions lumineuses, ondes sonores amplifiées,

- raréfaction des gîtes et des corridors de déplacement, résultantes du développement d'infrastructures de transport,

- les monocultures forestières, l'usage des pesticides dans l'agriculture intensive…

 

Comment contrecarrer ces réalités de notre époque productiviste ?

Toutes les espèces de chauve-souris sont protégées par la loi française au titre de l’article L. 411-1 du Code de l’Environnement et par arrêté ministériel du 23 avril 2007 (JORF du 10/05/2007). Les sites de reproduction et les aires de repos des espèces sont également protégés dans le cadre de cet arrêté.

En 2024, Emma Albrecht, à l’occasion de nouveaux aménagements aux grottes d’Azé, a mis son expertise au service de la protection de la population abritée ici. Planification des tranches de travaux hors périodes d’hibernation, travail de nuit pour laisser ces animaux récupérer le jour : le dispositif a fonctionné, comme en attestent les comptages.

Aussi les petits pas prévalent, d’où l’importance de la sensibilisation :

- laisser un accès aux combles, aux caves, à une ruine

- laisser la colonie nicher (sous la toiture, en haut des arbres...)

- restreindre les sources lumineuses

- considérer les zones naturelles comme leur terrain nourricier de chasse

 

Si l’on trouve une chauve-souris blessée ou affaiblie, un bon réflexe consiste à joindre le centre de sauvegarde Athénas (21 et 71) au 03 84 24 66 05.

Le SOS Chauves-souris répond aux sollicitations des particuliers et collectivités sur l’ensemble de la région pour faciliter la cohabitation entre les chauves-souris et l’humain.

Le lien utile : https://observatoire.shna-ofab.fr/fr/sos-chauves-souris_16.html

 

Organisée par l’équipe de médiation et d’animation culturelle des grottes d’Azé, la visite, récurrente cet été, est ludique et participative, dans l’ambiance détendue des vacances.

Avant la déambulation sous terre, la projection interactive ainsi que le documentaire « Les ailes du maquis » des réalisateurs Marie Amiguet et Tanguy Stoecklé ont avantageusement illustré la visite.

 

Marthe Michel