Une comparution immédiate hier mardi 27 octobre au tribunal judiciaire a mis au jour un trafic de cannabis d’ampleur sur le quartier St-Clément, à savoir plus de 4 000 transactions entre le 4 août et le 8 septembre.
Les trafiquants sévissaient en toute proximité de l’aire de jeux des enfants, et derrière l’église St-Clément. Certes, ce ne sont pas les gros bonnets qui ont été attrapés, comme le pointaient les avocats des prévenus (les deux jeunes hommes, 23 et 26 ans, n’ont pas donné le nom de leur employeur, par peur des représailles). Pour autant, c’est une moyenne de 10 transactions par heure qui a été mise au jour par les policiers en surveillance entre le 4 août et le 8 septembre à côté de la place St-Clément, transactions provoquant un trouble à l’ordre public qui permettait d’engager une enquête préliminaire.
Les ventes portaient sur de la résine de cannabis et de l’herbe. Des capsules ont été trouvées sur l’un des prévenus au moment de l’interpellation. Près de 70 grammes de résine et 10 grammes d’herbe ont été trouvés sur la banquette d’une Opel Astra qui servaient de d’approvisionnement ; 47 grammes ont été trouvés dans une cave de la rue Edouard Herriot. Des capsules et une ardoise indiquant les tarifs ont été trouvés derrière une haie, à proximité de l’aire de jeux des enfants...
Le trafic rapportait 100 € par jour à ces deux trafiquants (pour une douzaine d’heures effectuées chaque jour), petites mains employées pendant un mois, redevables chacun d’une dette de consommation de 2 000 € qui les a mis dans l’engrenage. Le plus âgé, titulaire d’un CAP de maçonnerie, vit du RSA et a déjà été condamné au bracelet électronique pour usage en récidive ; le second, titulaire d’un CAP de chauffagiste, était en sursis probatoire, déjà incarcéré jusqu’au 12 décembre 2025 et terminant sa peine avec bracelet électronique au moins de février.
La condamnation ne faisait donc guère de doute à l’issue de ce procès. I.K., 23 ans, a été condamné à 24 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire d’une durée de deux ans, obligation de soins et de travail, et interdiction de rentrer en contact avec son complice et de paraître à Mâcon pendant 2 ans à l’issue de son incarcération. Son sursis précédent a été révoqué. Incarcéré depuis le 11 septembre, il est retourné en prison hier soir.
Son complice M.F., 26 ans, a été également condamné, mais à une peine moindre, à savoir 18 mois assortis de 6 mois de sursis probatoire d’une durée de 2 ans. Il a les mêmes obligations et a été reconduit en prison hier soir (il était également incarcéré depuis le 10 septembre. Les deux hommes avaient demandé un délai pour préparer leur défense lors de leur première comparution - lire notre article ici).
Un jeune de 15 ans est également impliqué. Il fait l’objet d’une procédure pour mineur.
Ce coup de filet mettra-t'il un terme au trafic ? Il est permis d'en douter. « Ces deux hommes seront remplacés dans quelques temps » a prévenu maître Truchy, du barreau de Dijon. « Mon client est honnête dans ses propos à comparer de certains prévenus que j'ai pu voir face à un tribunal, qui racontent n'importe quoi pour se dédouaner. Lui a reconnu, est désolé, et veut passer à autre chose. »
Rodolphe Bretin