dimanche 5 juillet 2020
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Quatre agrafes, des maux de tête épouvantables, des cauchemars, des peurs rétrospectives : un mois après les faits, Yanis n'est pas en forme. On lui a enlevé les agrafes, mais il nous dit : « Tout ça me travaille ». Ivre d'alcool et de rage, Mohamed aurait pu aussi bien lui lacérer le visage, lui crever un œil,

le reconfigurer façon Van Gogh, une oreille en moins. Alors, ça le travaille, durement.

 

Lors de la comparution immédiate du lundi 5 septembre, le prévenu avait demandé un délai pour préparer sa défense, il avait été placé en détention provisoire. Le tribunal demandait une expertise psychiatrique, et fixait l'audience au 3 octobre.

 

Les faits : deux parcours, l'un de santé, l'autre, d'ivrognerie, vont se croiser

La victime et le prévenu ne se connaissent pas. Aucun lien entre eux, ni de près ni de loin, sauf la fréquentation matinale du bar Le Méditerranée installé dans la galerie du centre commercial Leclerc aux Saugeraies.

Yanis, environ 35 ans, avait fait sa semaine, et ce samedi 3 septembre au matin avait quitté le quartier Saint-Clément pour le parcours PAPA. Après le sport, et avant 10 heures, il va s'offrir un café au Méditerranée. Il aime bien les gérants, un père et son fils.

 

Mohammed, lui, buvait depuis bientôt 24 heures. Deux bouteilles de vodka, allongées de verres ici et là. Ses errances l'avaient ramené aux Saugeraies : il veut un demi. Mais les patrons le voient soûl et refusent de le servir en alcool. Mohamed exige d'être servi, menace des les « défoncer », les approche dangereusement.

A cette heure-ci, beaucoup de vieux dans le café. Alors Yanis, jeune et de bonne stature, intervient pour écarter Mohamed des gérants, et essayer de l'apaiser. En réponse l'homme qui est décalqué au point de n'avoir pas le moindre souvenir des faits, sort un couteau. Yanis, surpris, recule. Mohamed, peut-être un peu plus grand, le poursuit en portant son couteau de haut en bas, frappe le crâne. La seconde fois Yanis lève ses mains en protection, l'une d'elle rencontre la lame.

Mohamed s'enfuit. Les caméras du hall du centre commercial le filment qui court comme un dératé avec son couteau à la main.

La police le retrouvera une heure plus tard à la Chanaye, légèrement blessé lui aussi, incohérent et empestant.

 

« La honte de ne pas réussir »

Mohamed est marocain. Il vit en France depuis 2004, mais n'écrit pas le français, le parle moyennement (le tribunal a fait venir une interprète). Il a 41 ans, il est marié et père de 5 jeunes enfants. Sa femme tient la route : elle travaille, elle maîtrise le français à l'oral comme à l'écrit. Mais Mohamed va mal. Il boit depuis longtemps, car il buvait déjà au Maroc. Son séjour en France a aggravé son état dépressif, il est suivi médicalement pour cela : « Difficultés d'intégration et d'adaptation, impossibilité de réussir à passer son permis de conduire, sentiment d'impasse, il parle de l'alcool comme la fuite de sa honte de ne pas réussir », décrit le CPIP.

Valium, Deroxat, Cymbalta, pour la pharmacie domestique. Tous types d'alcool pour oublier (ou rappeler) le malaise, et « l'impossibilité de maîtriser sa consommation ».

Des condamnations antérieures, 5, pour conduite sous l'empire de l'alcool, pour violences volontaires, pour vols. Une vie qui sur son versant judiciaire se complique, car le 28 septembre Mohamed a été mis en examen pour une affaire de vol, et ça pèsera sûrement dans la sanction.

 

Interné en urgence 72 heures fin avril

Maître Vion raconte sa rencontre lors de la garde à vue avec un homme « dans un état lamentable et inquiétant ». Effet du mélange médicaments/alcool ? Son client n'a aucun souvenir, mais son état indique alors que s'il est coupable d'avoir frappé au couteau, il n'avait aucune intention de le faire. Il n'était conscient de rien.

A l'impossibilité de maîtriser sa consommation d'alcool s'ajoute donc son impossibilité de contenir son comportement... « Mal être profond », plaide l'avocate, qui rappelle qu'en avril dernier il fut interné en urgence 72 heures. Que sa femme et lui-même avaient demandé à ce qu'on le garde, à ce qu'on le soigne, mais on ne voulut pas. Maître Vion décrit un homme qui ne boit pas chez lui, qualifié de « charmant » par son entourage, et qui s'occupe de ses enfants, et les aime.

 

Las. Le tableau reste sombre. Le Parquet insiste sur « une personnalité qui inquiète particulièrement », requiert 15 mois de prison avec maintien en détention.

 

La victime très affectée par la gratuité et la violence du geste 

Yanis ne cherchera pas le regard de son agresseur. Il sait qu'il n'était pas particulièrement visé, que ce fut un concours de circonstances. Mais la gratuité du geste et sa violence le rendent encore bien plus perturbant. Pas de « parce que » en réponse à un « pourquoi », si ce n'est un mal de vivre, un mal à vivre, dont on impute les causes à des difficultés d'intégration, alors que l'alcoolisme est antérieur au déracinement, la cause en est donc bien plus lointaine et profonde. La demande de soins était pertinente.

 

18 mois de prison 

Le tribunal va au-delà des réquisitions et condamne Mohamed à 18 mois de prison ferme, et à l'interdiction de détenir une arme, pendant 5 ans. Il est maintenu en détention. Sa femme continuera à travailler et à s'occuper des 5 enfants. Elle est venue à l'audience, elle tient la route.

 

F. Saint-Arroman

 

Yanis obtient un renvoi sur intérêts civils : les dommages sont physiques, mais aussi psychologiques. L'homme est resté silencieux pendant le procès, mais nous disait avant l'audience ne plus vouloir aller faire de sport. Traumatisé.

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