lundi 18 novembre 2019
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A 16h37, la Présidente lit les 2 questions auxquelles les jurés auront à répondre : « Dans la nuit du 19 au 20 mars 2005, Jacky Martin s'est-il rendu coupable de la séquestration* d'Anne-Sophie Girollet ? Cette séquestration a-t-elle été la cause de sa mort ? » ACTUALISÉ : Le Ministère public requiert au moins 30 ans de prison. 

 

Nous sommes à la Cour d'Assises de Saône et Loire, ce mardi 27 septembre 2016, et le dénouement s'annonce : à l'issue de onze jours de débats, Maître Saggio, avocate de la famille d'Anne-Sophie Girollet, assassinée dans la nuit du 19 au 20 mars 2005 à Mâcon, va plaider.

Demain, l'avocate générale se lèvera pour ses réquisitions, puis les trois avocats de Jacky Martin, accusé, plaideront chacun à leur tour. Alors le jury se retirera pour délibérer et devra répondre à chacune de ces deux questions par "oui" ou par "non". Le verdict arrivera dans la soirée ou jeudi matin.

 

La Cour d'Assises se fit chapelle

Un peu auparavant, la salle de la Cour d'Assises se fit chapelle, oui. La Cour, à la demande des parties civiles, a permis la projection d'un album photo, celui d'Anne-Sophie, petite, qu'on voit grandir jusqu'à ses 20 ans. Silence.

La salle entière est recueillie, dans un hommage rendu une fois encore, 11 ans après, à celle dont le sort tragique occupa tous les débats depuis plus de deux semaines, débats dominés par des avocats en défense qui n'ont cessé d'attaquer tous les points de procédure possibles,et qui voulaient entendre la juge d'instruction pour qu'elle (s')explique.

 

La juge d'instruction, citée à comparaître comme témoin par la défense

Mais Madame Sappey-Guesdon, juge d'instruction pour ce dossier, a tenu ferme derrière les murs du TGI de Mâcon, et c'est par écran interposé qu'elle apparut ce matin à la Cour. Elle a préparé sa (dé)position :

« En ma qualité de magistrat je suis tenue à une obligation de réserve. Je suis citée comme témoin alors que je ne suis ni témoin des faits, ni témoin de moralité de monsieur Jacky Martin. » Elle s'en rapporte à l'article 331 du Code de procédure pénale, elle n'a rien à ajouter. La messe est dite.

Maître Varlet annonce qu'il plaidera ces questions sans réponse : l'absence de saisines, la manière dont les expertises ont été menées, le problème sur le scellé n°5 (le tee shirt de la victime qui, lorsqu'il est placé sous scellé ne porte pas de marque mais qu'on retrouve déchiré sur une des manches, plus tard).

 

Jacky Martin a toujours maintenu être innocent du crime. Son ADN retrouvé dans le véhicule le met en lien avec ce drame, et c'est du reste ce qui a, entre autres mais essentiellement, permis sa mise en examen en 2012. Ses trois avocats, Maître Varlet (barreau de Chalon-sur-Saône), Maître Nicolle (barreau de Dijon), et Maître Scrève (barreau de Lyon) défendent la position de leur client, et la session s'est d'emblée ouverte sur ces tensions entre la défense et l'accusation, et au-delà, puisque la présidente fut mise en cause également. Cette visio-conférence avec la juge d'instruction en est le dernier épisode frontal.

 

Entre recueillement et effroi

L'heure est au recueillement, l'instruction est close, chaque partie s'exprimera tour à tour. Reproches, accusations, questions, passes d'armes et invectives, c'est terminé, du moins dans les échanges (on s'attend à les voir réapparaître dans les plaidoiries). Pendant que défilent quelques photos souvenirs, le visage de la mère de la victime se fait tendre, celui de la tante également.

L'avocate générale, Karine Malara, demande ensuite que les jurés puissent consulter "l'album de constatation de l'état du corps" après qu'on l'ait retrouvé dans la Saône, et les photos de constatation de l'état du véhicule.

Les jurés consultent, feuillettent, des images pénibles, difficiles à soutenir. Cela fait 15 jours qu'on parle de crime, d'assassinat, de coups d'une violence sauvage, mais hormis la déposition du médecin légiste, tout prenait abstraction car tout était centré sur l'accusé, sa personnalité, ses gestes, en espérant lever la lumière sur le déroulement des faits.

Les images du cadavre échappent à toute abstraction possible, les jurés sont remis en condition : voilà ce qu'ils ont à juger.

La présidente demande que les parties (les avocats) se rapprochent : elle veut soumettre à leurs regards également deux de ces photos. Ils sont eux aussi rappelés à la barbarie du crime. Anne-Sophie a été durement frappée, et le récit qu'en fait maître Saggio dans sa plaidoirie ne manque pas d'étreindre et de saisir : un déchaînement, une déferlante, et une cruauté supplémentaire puisque 10 minutes s'écoulèrent entre le moment où elle fut saisie à la gorge et le moment où elle perdit connaissance.

 

Drôle de chapelle dont le public pour un temps ne réagit plus, et garde un silence respectueux puis ému, puis peut-être un peu sidéré.

 

Les parties civiles ont la parole

Maître Saggio commence par prêter le serment d'Hippocrate, « celui qu'Anne-Sophie ne pourra pas prononcer » (elle était étudiante en médecine). Moment théâtral. Puis elle proteste contre l'attitude des défenseurs durant les débats : « Durant ces onze jours, j'ai eu le sentiment souvent, par l'agressivité verbale de Monsieur Jacky Martin à travers sa défense, que la violence du crime s'est poursuivie jusqu'ici, a reproduit la logique de l'acte et sa violence » (les trois avocats ont alors les yeux fermés, Maître Nicolle et Maître Scrève semblent absents, Maître Varlet a seulement les paupières baissées).
« Après avoir enduré l'atrocité du crime, poursuit l'avocate d'une voix égale et posée, il leur a été imposé une autre forme d'atrocité : des débats parfois incompréhensibles, le sentiment que ce drame pouvait servir de tribune. Mes clients ont une seule attente : savoir pourquoi ? » (Jacky Martin griffonne machinalement sur son bloc) Maître Saggio développe ce qu'ont vécu les parents, dans une salle absolument silencieuse et concentrée. Elle reprend le travail d'enquête, les centaines d'auditions (17 tomes de procédure au fil des ans), et en vient aux « preuves objectives, irréfutables », mais « mes clients demeurent avec leurs questions » (Jacky Martin recommence à prendre des notes).

 

L'émotion monte en même temps que le ton de l'avocate qui raconte le lien d'Anne-Sophie avec son frère. On entend renifler discrètement dans la salle. Elle égrène les témoignages de tous ceux qui auront dit « je l'ai aperçue..., je l'ai perdue de vue..., je ne l'ai plus revue... ». L'effet de disparition est saisissant. La jeune femme sort progressivement du champ des regards habituels, puis la scène bascule : sa famille la recherche, on arpente la ville, on la sillonne. Et de faire le récit de la sauvagerie et du crime dont fut victime Anne-Sophie, à partir des éléments que l'autopsie a établi. Un récit qui va crescendo. La mère d'Anne-Sophie pleure, son père est comme pétrifié.
L'émotion qui submerge la salle resserre encore son étau : « A minuit dix sa mère l'appelle. Le téléphone sonne dans le vide, pendant qu'Anne-Sophie essuyait des coups, et se faisait violer. » La coupe est pleine, l'avocate se tait. Elle a décrit une mauvaise rencontre, « l'occasion fait le larron ». Un crime passionnel sans qu'on ait la moindre clé d'un pourquoi. La jeune femme « est juste devenue une proie, et c'est terrifiant ».

 

Nous sortons de notre hébètement : nous ne sommes pas dans une chapelle, nous sommes à la Cour d'Assises et le sort d'un homme se joue. Jacky Martin en est bien conscient, qui observait, scrutait, les visages des jurés lorqu'ils se penchaient sur ces « albums photos » sanglants, essayant sans doute d'en percer l'âme, d'anticiper sur leurs convictions. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité : demain la puissance de feu reprendra, celle de l'accusation, et celle de la défense. Le temps du recueillement est clos à son tour.

 

 

F. Saint-Arroman

ACTUALISÉ : Le Ministère public requiert une peine d'au moins 30 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté de 20 ans. Les jurés peuvent aller jusqu'à la perpétuité.  

 

* CODE PENAL (extraits)
Article 224-1
Le fait, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi, d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle.
Les deux premiers alinéas de l'article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables à cette infraction.
Article 224-2
Elle est punie de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'elle est précédée ou accompagnée de tortures ou d'actes de barbarie ou lorsqu'elle est suivie de la mort de la victime.

 

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