vendredi 22 février 2019

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Comparution immédiate.

Deux prévenus. Un grand, et un petit. Un mâconnais et un réunionnais, qui ont fusionné à Tournus, à la cité des 7 Fontaines.

Le grand, Sam, a 30 ans, Manu, le petit, en a 22.

Sam vit dans un lieu-dit pas loin du quartier, à nouveau chez sa mère, depuis 15 jours dit-il. Il est cariste, fait des missions en interim, et il traîne beaucoup. Manu du haut de ses 22 ans a déjà vécu 2 ans en prison, il est sorti en mai, sous bracelet électronique.

 

Les faits

 

Vendredi dernier, en soirée, Romain et sa copine Anne, entre 25 et 30 ans, sont à la cité des 7 Fontaines, chez la mère de Anne. Puis ils vont voir des amis dans un autre bâtiment.

Ce jour-là comme tous les jours, à l'exception des 6 semaines pendant lesquelles il a travaillé aux abattoirs (« Mon premier travail, vous voyez, je veux m'en sortir. ») Manu avait traîné en bas de l'immeuble, à mettre la musique à fond dans une voiture, picoler et fumer des joints, avec Sam.

Ils croisent Romain et Anne. Manu provoque Anne mais le couple passe son chemin, et va chez des amis. Or leurs amis sont absents, ils reviennent donc assez rapidement et à nouveau tombent sur les deux oiseaux qui malgré musique-alcool-joints devaient s'emmerder à cent sous de l'heure.

 

La situation prend feu au moment précis où Romain leur demande de laisser sa copine tranquille : premier coup de poing. Romain vacille. Sam donne alors un coup de poing à Anne, au visage. Romain veut s'interposer, deuxième coup, il tombe. Et lorsqu'il est à terre, Sam le larde de coups de pieds, à la tête de préférence. 

 

« Dès que j'ouvrais les yeux, raconte Romain, il me donnait un autre coup de pied. » Anne crie, appelle au secours, demande aux habitants de faire venir les gendarmes. Sam continue. Romain voit « des flashs blancs, et puis des voiles noirs », il pense avoir perdu brièvement connaissance plusieurs fois. Anne finit par couvrir le visage de Romain de ses mains, fragile protection.

Trois témoins directs affirment avoir vu Manu qui maintenait Romain au sol, « les mains posées sur le haut du torse », pendant que Sam, 9 fois condamné pour vols, violences, délits de fuite, et qui reconnaît avoir « l'alcool mauvais », se déchaîne à grands coups de latte.

 

Les prévenus minimisent tout ce qu'ils peuvent, le président ne lâche sur rien

 

Sam conteste s'être acharné et concède « juste deux petits coups ».

Romain est dans la salle, le visage marqué, les tours des yeux noircis par les hématomes, et deux belles sutures, une à chaque œil : la partie mobile d'une paupière fendue sur 4 cm, et l'autre œil abîmé et suturé sur le côté. « Deux coups » : un pour chaque œil ? Mais « petits » ? Sans rire ?

 

Manu de son côté sait risquer gros : récidive légale, il bénéficiait de surcroît d'une tolérance (octroyée par le centre dijonnais) pour son périmètre de vie quotidienne (on le laissait sortir de l'appartement en bas de son immeuble) et voilà ce qu'il en fait... Il se défend, il lève les avant-bras pour dire « c'est pas moi, je ne l'ai pas frappé. » Or c'est le Juge d'application des peines du TGI qui préside les comparutions immédiates du lundi. Tout le public « sous main de justice » a des comptes à lui rendre, et il avait dû rappeler Manu à l'ordre il y a peu.

 

De la salle, et alors que  bien évidemment il reste assis et ne fait pas le moindre geste, on se représente le président en boxeur sur un ring, qui bouge en permanence et finit par coincer son adversaire, le pousse à la contradiction, disqualifiant ainsi sa position. Manu s'emporte. « Madame la greffière, vous noterez que Monsieur s'énerve. » Fin du round.

 

Il importera peu de savoir si réellement Manu a porté un coup ou pas : il était présent. Un jeune à terre prenait coup de pied sur coup de pied lancés par un gaillard d'1,89 mètre, et Manu ne s'est pas interposé. Manu était bourré, il insultera les gendarmes lors de son interpellation, et il est à l'origine de ce fait divers qui marquera durablement les victimes, au propre comme au figuré. Anne a dû sortir de la salle, choquée, tremblante et en larmes, accompagnée par l'AMAVIP qui ne l'a pas laissée seule.

 

Le sens de l' « épiphénomène »

 

La défense de Sam plaidera « la bonne foi » de son client, et l'avocat risquera son « ressenti personnel ». Il sait que son client à l'alcool mauvais ira en prison et il demande un aménagement de peine « ab initio » : qu'il soit mis en place directement par le tribunal, ici et maintenant. Le procureur, à cette demande si improbable vu le contexte, répondra sobrement : « Je m'oppose absolument à cette marque de confiance. »

 

Maître Favre-Taylaz ne donnait du reste pas à entendre un « ressenti » bien assuré : « Mon client essaie de faire de gros efforts (il en est au stade pré-effort, donc - Ndlr). Il essaie tout doucement (sauf quand il donne des coups de pieds à un homme à terre -Ndlr). On a parfois des rechutes, on espère que ce sont des épiphénomènes (4 cm de suture sur une paupière mobile, la même sur l'autre œil, une plaie sous le menton, des hématomes sur le crâne - Ndlr) »

 

Maître Géraldine Mougenot exposera quelque chose de la situation de Manu, qui a dépassé le stade d'essayer de faire des effort, et qui en a fait. La difficulté reste qu'il part de si loin que ses efforts, aussi importants qu'ils soient pour lui, mettent du temps à prendre consistance. Elle rappelle que trouver du travail n'est pas simple et a fortiori sans qualifications (« J'étais déscolarisé, aucun lycée ne voulait me prendre. »), et a fortiori en sortant de prison, et que cependant il s'y est attelé, et postule auprès de l'AFPA pour une formation.

 

Deux ans de prison ferme chacun

 

Les prévenus ont la parole en dernier et le grand Sam, contre qui le Parquet a requis 3 ans de prison, va revendiquer son sens de l' épiphénomène : « 3 ans c'est trop, c'est hallucinant. Si encore (il désigne Romain du menton) il était entre la vie et la mort, je dis pas, mais là... j'hallucine. »

Le Tribunal condamne Sam et Manu à deux ans de prison ferme chacun, ils sont maintenus en détention.

 

Où il est question de points de vue et de crachat

 

Nous interrogions la copine de Manu, pendant le délibéré, sur sa protestation discrète lorsque le juge lisait : « Ils sont toujours en bas de l'immeuble, c'est toujours eux qui foutent la merde dans le quartier. »
Fort gentiment, elle explique la relativité des points de vue : « Ils ne foutent pas la merde, ce n'est pas vrai. Ils mettent la musique à fond, c'est sûr que ça peut gêner les gens, quand on travaille on ne veut pas de bruit chez soi, je lui explique tout le temps, à Manu. Je l'aide dans ses démarches, pour son permis de conduire, pour sa demande de formation, on a travaillé ensemble aux abattoirs. Il veut vraiment s'en sortir. »

 

Mais la jeune femme ne digèrera pas le verdict, et va interpeller les victimes sur le perron du palais de justice. Anne pleure à nouveau.
« Ça va, il a pris deux ans, tu pleures pourquoi ? » Le ton est dur, les mâchoires serrées.  Elle crache :
« Il a pris deux ans, tu peux arrêter de pleurer. Tu es qui, toi ? Tu te prends pour qui ? Moi je vous aurais butés. »

 

Florence Saint-Arroman

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