samedi 23 février 2019

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...pompier volontaire pendant pas moins de 20 ans. Quant à sa compagne : 4 condamnations antérieures pour des faits semblables, de destruction par moyen dangereux. Ils ont reconnu les faits. Comparution immédiate cet après-midi.

 

Dimanche dernier, à la nuit tombée, Roland et Valérie, 54 et 51 ans, sont revenus dans leur ancien local professionnel mettre à sac un cabinet dentaire, et l'incendier, avec de nombreux départs de feu.

Pas surpris de leur interpellation ils sortent de garde à vue, et se tiennent devant les juges qui renvoient le jugement, puisque les prévenus demandent un délai pour préparer leurs défenses,  mais qui vont statuer sur leurs sorts d'ici là.

 

Elle : 4 fois condamnée pour des faits semblables (en 2001, 2003, 2008, 2011), elle a connu des révocations de sursis, et a purgé 1 an de prison ferme à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. Sous traitement constant d'anti-dépresseurs et de somnifères, elle a bénéficié d'obligations de soins qui se sont relâchés à la fin de la dernière mise à l'épreuve. Divorcée, 4 enfants majeurs, elle héberge une de ses filles avec ses deux petits. Elle reconnaît un alcoolisme avéré pendant une dizaine d'année.

Elle respire rapidement à l'entrée du tribunal, son tee shirt en tremble.

 

Lui : pas de casier judiciaire. Pompier volontaire pendant 20 ans, président d'une association de premier secours, il fut ambulancier avant de devenir prothésiste dentaire, d'abord salarié puis à son compte. Mais les affaires ne devaient pas marcher comme il le voulait, puisqu'il dit « j'étais à bout », avant de parler de « coup de folie », et dire le regretter...

L'homme est petit, le visage fermé, à l'expression sévère. S'il a des émotions, elles ne transparaissent pas, pas un mouvement, rien. Une remarque du rapport du CPIP va écorner l'image lisse qui est présentée de lui : « Monsieur, sous ses aspects soumis, n'est pas aussi fragile qu'il y parait ». Monsieur cependant exposera tous les éléments en ce sens, jusqu'à ses poblèmes cardiaques. Il impute son infarctus au stress constant de son métier. 

 

Eux : ils se rencontrent sur un site internet dédié en 2015, et ils s'installent ensemble la même année. Ils décident qu'ils travailleront de concert : lui à la fabrication des prothèses, elle aux livraisons. Pour l'instant, rien de fait, mais c'était le projet.

En matière de projet ils reviendront, après avoir déménagé leur local qui se trouvait sous le cabinet dentaire (et communiquait avec lui par un escalier interne), saccager et détruire par le feu. Oeuvre commune, qu'ils reconnaissent tous deux. Histoire peut-être de faire payer aux dentistes les difficultés professionnnelles de Roland, se dédouanant ainsi de toute responsabilité personnelle quant à ce qu'est sa vie, sur tous les plans. Tout cramer, toutes les questions, toutes les solutions possibles. Tout cramer, priver des professionnels de soins de leur outil de travail, terroriser le personnel, traumatiser les habitants. 

 

Les victimes : Un couple de dentistes, un secrétariat, des assistantes. Un outil de travail ruiné.

Il y aura 3 demandes de constitution de parties civiles au jugement prochain : Sébastien Malherbe et Marylin Petterlin, les praticiens, et Madame M., qui vit à l'étage où Roland et Valérie ont mis le feu, et qui, croisant Roland et s'étonnant de sa présence dans l'immeuble un dimanche soir, s'est vu répondre, les yeux dans les yeux, par un homme qu'elle décrit comme très calme alors : « Tout va bien, vous pouvez rentrer chez vous. »

A cet instant, les flammes dévoraient déjà les locaux. Ça brûlait à l'intérieur : « Tout va bien. »

La phrase du CPIP revient alors en écho : « Monsieur, sous ses aspects soumis, n'est pas aussi fragile qu'il y paraît. » 

 

Décision du tribunal :

Valérie part en détention provisoire, à Dijon. Elle sera soumise à expertise psychiatrique.

Roland est placé sous contrôle judiciaire : il devra pointer deux fois par semaine à la gendarmerie de Saint-Laurent. Il a l'interdiction de paraître à Mâcon, sauf pour motif médical (suivi cardiologique) dont il devra justifier, il a interdiction de tout contact avec les victimes et aussi avec sa compagne.

Jugement le 5 septembre prochain. Le Tribunal conseille aux victimes, pour qui tout est allé si vite et qui sont encore sous le choc de la violence qui a fait effraction dans leurs vies, et qui ont tout un cabinet à remettre sur pied, de se rapprocher de l'AMAVIP.

 

Les victimes, y compris le personnel du cabinet, ne sont pas rassurées de savoir Roland en liberté, même sous contrôle, car l'homme qu'elles ont cotoyé pendant un an ne leur donnait pas à voir l'image d'un gentil sauveur dévoué, elles évoquent un homme facilement agressif et violent. Et elles en tiennent pour ultime preuve sa capacité à détruire, et à assurer calmement que « tout va bien », alors que derrière la porte dans son dos, les flammes dansaient, pas loin des bouteilles d'oxygène.

FSA

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