mercredi 20 février 2019

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Les deux hommes accusés des faits principaux dans les dégradations et les violences à la boulangerie Bernollin dimanche dernier ont été jugés ce vendredi dans le cadre d’une comparution immédiate. Mandat de dépôt pour les deux. Rappel des faits et récit de l'audience.

 Au début, c’est clair

 

Les faits exposés par le juge : « Le dimanche 8 mars 2015, à 5 h 45  du matin, trois individus se présentent à la boulangerie Bernollin, sise 210 boulevard Henri Dunant. La boulangerie est encore fermée, elle ouvre à 6 heures. L’un des individus tambourine à la vitre pour qu’on lui ouvre. Monsieur Bernollin, le gérant, sort exaspéré, pour lui dire d’attendre. La personne s’énerve et frappe la vitrine, et frappe aussi sur un distributeur qui se trouve dehors. Excédé, le gérant demande à son vigile d’interdire l’accès au magasin à la personne qui causait des troubles, et dans le même temps fait le 17. Trois policières arrivent sur les lieux. La personne entre dans la boulangerie. Le vigile lui demande de sortir, et la personne insulte et menace de mort Monsieur Bernollin, et en ressortant donne un coup de pied dans la vitrine en en cassant un morceau. »

L’individu en question est Monsieur H. 27 ans. Né à Mâcon, il a un bac STG, a fait une première année de fac, a abandonné « faute de moyens ». A 5 mentions à son casier judiciaire pour des faits d’outrages, usage de stupéfiants, recel de vol, refus d’obtempérer, et, plus récemment menaces de mort contre du personnel de santé. Il reconnaît, oui, avoir insulté le boulanger : il sortait de discothèque et était alcoolisé.

 

Et puis ça se complique

 

Suite au coup de pied dans la vitrine Monsieur Bernollin sort et poursuit l’homme, avec 5 autres personnes : ils se retrouvent face à une dizaine de jeunes, c’est la bagarre. Les policières font évacuer le magasin et se retranchent à l’intérieur avec l’équipe de la boulangerie. Les jeunes reviennent alors et fracassent la vitrine de 7 mètres de long sur 2 mètres de haut. Les policières essaient de calmer tout le monde.

La police scientifique trouvera des traces capillaires sur les bris de verre, des traces de sang qui permettront d’identifier Monsieur H. avec au moins la certitude de sa présence sur les lieux. Pour le reste il y a ce qu’il reconnaît, et ce contre quoi il s’inscrit en faux : il n’a pas frappé le boulanger au nez. Il était à terre, sonné.

« Je me suis retrouvé par terre avec trois boulangers sur moi. Monsieur Bernollin me frappait et ne s’est arrêté que lorsque les policières l’ont gazé. »

Le juge : « Monsieur, tous les témoins indiquent que vous avez porté des coups. 

Réponse : - Ils mentent, j’étais par terre, en boule pour me protéger, tout le long. »

Les deux avocats de la défense s’accordent pour dire que les procès verbaux d’audition, pas moins de 80, sont contradictoires, et l’un d’eux soulignera « les grandes difficultés des policières à maîtriser Monsieur Bernollin et ses boulangers qui voulaient en découdre violemment. »

 

L’autre prévenu

 

Monsieur A., agé de 26 ans, travaille, il est boucher. Quelques mentions sur son casier, du tribunal pour enfants, et puis récemment, en 2014, 6 mois de prison (à venir) dont 4 avec sursis pour outrage et menaces de mort.

Le juge : « Votre version des faits, Monsieur ?

Monsieur A. : Je ne fais pas partie des trois personnes au départ de l’histoire. Quand je suis arrivé, ça se chamaillait déjà. Monsieur Bernollin tient des propos racistes, je me suis énervé. On s’est bagarré. 

Le juge : On dirait des photos d’émeutes (prises par les caméras de surveillance), tout ça pour des croissants à 5 h 45 du matin. »

Emeute : l’équipe de la boulangerie, une dizaine au moins de jeunes gens, tous très énervés. Les jeunes ont détruit une immense vitrine. Le boulanger a sorti un couteau avec une lame de 15 cm. Tout le monde voulait en découdre. L’avocat de Monsieur A. précisera les « propos racistes », tels que « sale bicot », « retourne dans ton pays ».

 

L’ordre public

 

Le Parquet axe sa réquisition sur la question de l’ordre public et du respect dû par chacun à chacun, et lit le dossier sous l’angle d’un mode de fonctionnement hautement problématique qui fait 1. que l’on insulte et menace de but en blanc, à la moindre contrariété (« Je vais te crever, je vais te tuer, je vais revenir ») 2. que l’on passe à l’acte dans la foulée (coups, violences, dégradation de biens) 3. que l’on se retrouve en groupe très vite et qu’on use alors de la force.

Les « éléments objectifs » pour condamner s’appuient sur le travail d’enquête. Les images de vidéosurveillance ont donné « des indications vestimentaires ». Pour le reste on a des témoignages, le travail de la police technique et scientifique, et une parade d’identification. Le Parquet requiert de la prison ferme et des mandats de dépôt.

 

La défense

 

Les deux avocats sont assez en colère. Ils n’ont pas accès au dossier pendant la garde à vue, c’est la règle, ils connaissent juste les infractions reprochées, et s’assurent que les droits des prévenus sont respectés, c’est tout. Ils ont donc découvert les pièces juste avant l’audience, sont effarés par le nombre de procès verbaux d’auditions, y trouvent des déclarations contradictoires. « Comment faire du bon travail dans ces conditions ? »

Bien sûr, les prévenus pouvaient demander à être jugés plus tard, mais redoutaient apparemment leur maintien en détention, alors autant faire les choses maintenant. Sauf que la défense s’en est trouvée un peu embarrassée. L’enquête est « orientée », la parade d’identification relève du burlesque puisqu’on a mis en scène les deux prévenus avec 4 policiers au teint blanc. Rien ne vient prouver qui a porté un coup violent au nez du boulanger.

Bref, l’état du dossier semble refléter l’émeute qui a enflammé le boulevard Henri Dunant dimanche dernier : le chaos, la cacophonie, on ne sait pas qui a fait quoi exactement, et pourtant les avocats ont besoin de le savoir exactement. L’un deux évoque l’article 6 paragraphe 1 de la CESDH pour exposer que les conditions d’un jugement équitable ne sont pas réunies en l’état du dossier, qu’il n’a pu voir son client que 5 minutes, ce qui est contraire à ses droits. Il ne soulève pas la nullité pour autant.

 

Verdicts

 

Aucune des trois victimes ne s’est déplacée. Elles ont écrit au tribunal pour demander un renvoi sur intérêt civil pour débattre des indemnisations diverses auxquelles elles peuvent prétendre. Les comptes se feront en juin prochain.

Les deux accusés sont déclarés coupables des faits qui leur sont reprochés.

Monsieur H. est condamné à 15 mois de prison dont 3 mois avec sursis mise à l’épreuve pendant 2 ans. Monsieur A. à 10 mois de prison dont 2 mois avec sursis mise à l’épreuve pendant 2 ans.

Pour les deux, obligation d’indemniser les victimes, interdiction d’entrer en contact avec elles, interdiction de paraître à la boulangerie, et mandats de dépôts.

Des mains claquent en signe de protestation à l’annonce des peines. Deux policiers de la BAC assurent le service d’ordre. On entend : « Ça aurait été un français, c’était pas pareil mon pote. »

Gros souci d’identité pour tout le monde. Ils sont Français.

Florence Saint-Arroman

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